1er : Mai Que sont devenus les syndicats?

Les syndicalistes marocains sont-ils de véritables représentants des ouvriers face au patronat marocain et au gouvernement ? Nombreux sont ceux qui les accusent de manquer à leur devoir et d’être corrompus.

 

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1er Mai 2013, Fête du travail. La classe ouvrière marocaine a célébré cette occasion dans une conjoncture marquée par une crise à tous les niveaux, politique, social et économique. La crise s’installe et son impact semble de plus en plus fort. Les classes laborieuses et les familles aux petites bourses en sont les premières victimes. Et l’actuel gouvernement ne réussit toujours pas à mettre en œuvre la constitution ou à respecter ses engagements, comme ceux du 26 avril 2011. Le dialogue social est au point mort et n’a pas bougé d’un doigt. Les libertés syndicales, elles, continuent d’être bafouées.

 

Quatre jours avant le 1er Mai, le gouvernement a annulé un round du dialogue social prévu avec les représentants des cinq centrales syndicalistes les plus représentatives au Maroc: l’Union Marocaine du Travail (UMT), la Fédération Démocratique du Travail (FDT), l’Union Générale des Travailleurs du Maroc (UGTM), l’Union Nationale du Travail au Maroc (UNMT) et la Confédération Démocratique du Travail (CDT). Ces syndicats, à l’exception de l’UMT, ont refusé d’y prendre part. «Suite au refus de certaines centrales syndicales, pour diverses considérations, de prendre part au round du dialogue social, qui était prévu ce samedi 27 avril 2013, il a été décidé d’annuler lé réunion», explique un communiqué de la présidence du gouvernement. Exprimant sa volonté de poursuivre le dialogue social avec les différents partenaires économiques et sociaux, le gouvernement s’est dit déterminé à mettre en œuvre les dispositions de l’accord conclu le 26 avril 2011. Rappelons qu’après la première réunion, en janvier dernier, de la Haute commission de concertation chargée de superviser le dialogue social, les centrales syndicales ont accusé le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, de tergiversation et d’ajournement.

«Je ne fais plus confiance aux syndicalistes»

 

«Les raisons de lutter ne manquent pas. Le travail opprime toujours. Il y a toujours des classes dominantes et des classes dominées et toujours des exploiteurs et des exploités. A la différence des travailleurs ou des ouvriers, les exploiteurs ne chôment pas. Mais il y a le Code du travail que je considère comme un maigre rempart contre l’arbitraire patronal, édifié grâce aux luttes des autres générations d’ouvriers et de travailleurs», lance Adil, un jeune ouvrier travaillant dans le secteur des pneumatiques. «Je ne fais pas confiance aux syndicalistes, ils ne défendent guère les intérêts des ouvriers. Les centrales syndicales, soit elles travaillent de façon arbitraire, soit elles sont gérées par des gens corrompus», relève encore Adil.
«Je n’ai pas participé au 1er Mai, tout le monde sait que ce n’est qu’une simple mise en scène. Nos droits ne sont pas défendus et nos syndicats ne veulent plus défendre nos droits. Trois centrales syndicales, l’UGTM, l’UMT et l’UNTM, ont signé un pacte social avec le patronat; un acte qualifié d’absurde par la majorité des ouvriers. Ces syndicalistes qui roulent avec des bagnoles très chères, est-ce que ce sont eux qui vont défendre mes droits ou ceux des autres ouvriers ou travailleurs? Ils n’arrêtent pas de se moquer de nous et de vendre notre peau. Je n’ai pas défilé cette année pour tout cela», soulève un chauffeur de taxi.

Si la majorité des ouvriers et travailleurs sont sceptiques quant au rendement des syndicats et leur crédibilité, d’autres y croient toujours. «Malgré ce qu’on reproche aux centrales syndicales, il faut toujours lutter contre l’exploitation. La lutte ne concerne pas uniquement le 1er Mai. Elle s’étend sur toute l’année. Mais il faut continuer de défiler le 1er Mai: ce jour est une occasion pour faire entendre notre voix et réclamer nos revendications», lance Abderrahim, un ouvrier dans le secteur du textile. «Les ouvriers ayant adhéré aux centrales syndicales ne supportent plus de ne pas avoir de visibilité sur la politique syndicale, à cause de l’absence de communication. Parfois, on se demande si nos syndicats sont des pseudo-représentants. Les syndicalistes sont élus par les ouvriers pour d’abord servir et défendre leurs intérêts», s’indigne Nourreddine, un ouvrier dans le secteur de l’agro-alimentaire.

 

1er mai
Quoi de neuf?


Le 1er Mai, fête internationale des travailleurs, c’est l’occasion pour les centrales syndicales marocaines de faire un bilan de la situation dans le monde du travail, dans une conjoncture nationale, régionale et internationale marquée par une crise économique et financière assez difficile.

 

UMT

 En présence de quelques membres du gouvernement (Nabil Benabdallah et El Houssein Louardi, mais aussi Salaheddine Mezouar (RNI), Khalid Naciri (PPS), Brahim Rachidi (USFP), Abdelkrim Tabih (USFP), Hassan Ouazzani (parti Achoura Wal Istiqlal)… Miloud Moukharik, SG de l’UMT, a prononcé son allocution du 1er Mai. Il a estimé devant les militants que «ce qui distingue ce gouvernement, c’est le retour du Maroc à l’époque de l’application du Plan d’Ajustement Structurel dans les années 80… via des tentatives, pour annuler la Caisse de compensation et les Caisses de retraites… C’est aussi son abandon des investissements publics, l’ajout des impôts, le gel des salaires… Le gouvernement est allé aux côtés des chanceux, des richards et des patrons des usines… en refusant d’appliquer l’impôt sur la fortune et la révision des réformes fiscales pour mettre fin à l’évasion fiscale… Il y a aussi l’exonération offerte à des secteurs qui ne jouent aucun rôle social… Des cadeaux qui sont injustifiables, coûtent des dizaines de milliards de dirhams et privent la trésorerie de l’Etat (de recettes)…», a souligné le SG de l’UMT. Il a aussi rappelé que le gouvernement actuel s’est désengagé de la convention du 26 avril 2011 signé avec le précédent gouvernement.

 

CDT

 En l’absence du SG du syndicat Noubir El Amaoui (qui est malade), c’est Abdelkader Zairi qui a lu l’allocution au nom du Bureau exécutif de la Confédération Démocratique du Travail (CDT), en présence de Hachem Ben Amar (PADS), Nabila Mounib (PSU) et Mustapha Brahma (Anahj Addimoukrati).

 

UGTM

 L’Union Générale des Travailleurs au Maroc (UGTM), qui organisait toujours son meeting à Hay Mohammadi, a commencé à délocaliser (depuis quelques années) vers d’autres villes: Rabat ou Fès. Cette année, l’UGTM a décidé de célébrer le 1er Mai, au niveau central, à Rabat. Elle a choisi de placer ses manifestations de 2013 sous le thème «Le jihad pour la dignité». La particularité de cette année, c’est que le discours du SG, Hamid Chabat, était présent sur Internet dès la veille de la Fête du travail.

 

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