UMA Trop souvent déçus…

Oui, bien sûr, la fièvre monte autour du projet d’Union maghrébine et les quelques signaux de réactivation de ce vieux projet, qui ont été donnés à voir ces derniers temps, font renaître l’espoir dans le cœur de tous ceux qui rêvent d’un Maghreb uni.

Coup sur coup, en effet, il y a eu la visite du ministre des Affaires étrangères du Maroc, Saad-Eddine El Othmani, en Algérie (23-24 janvier); celle du Président tunisien, Moncef Marzouki, au Maroc (8-10 février); et la réunion des chefs de diplomatie des 5 pays de l’UMA (Union du Maghreb Arabe: Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie, Libye) à Rabat (18-19 février). Réunion qui s’est tenue après 18 ans de stand by !

 

Cela est-il suffisant pour permettre aux peuples de la région d’y croire ?

Les optimistes disent oui, tant leur volonté est forte de voir cette région exorcisée de ses vieux démons de discorde, de stupides rivalités et de folles velléités d’hégémonie.

Prions pour que la suite des échanges politiques et diplomatiques leur donne raison.

En attendant, trop nombreux sont ceux qui restent sceptiques. Qui pourrait leur en vouloir ? C’est un scepticisme dicté par la prudence. Trop souvent, les citoyens des 5 pays de l’UMA se sont emballés à l’annonce d’une rencontre de leurs chefs d’Etats supposée les réconcilier (du Roi Hassan II avec Chadli Benjedid au Roi Mohammed VI avec Abdelaziz Bouteflika). Ou encore à celle d’une médiation, comme celles entreprises, sans succès, par l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Espagne, la France…

Tout le monde le sait, l’UMA jusque-là a bloqué sur un problème et un seul: celui du Sahara. L’Algérie qui, de par son voisinage avec le Maroc et ses liens avec les séparatistes du Polisario, aurait largement pu contribuer à résoudre ce problème (et se voir reconnaître un rôle historique dans le rapprochement des peuples de la région), l’a au contraire aggravé et entretenu dans le temps et dans l’espace. L’Algérie a pris à son propre compte le conflit du Sahara. Elle a mobilisé, avec une détermination inédite dans l’Histoire, sa diplomatie, ses pétro-dinars et toutes ses ressources physiques et morales, contre son voisin le Maroc. Quel Maghreb construire sur cette base ?

Laisser de côté le problème du Sahara pour regrouper les pays de l’UMA autour d’intérêts communs économiques, culturels, sécuritaires… Peut-être… C’est ce que recommande le Président Marzouki et c’est ce qui est en train d’être tenté. Mais il faut bien plus que des visites et des sommets spectaculaires pour faire le Maghreb.

Il faut du concret. Ceux qui attendent une vraie Union maghrébine, veulent voir les déclarations rassurantes se transformer en actes et décisions. Car, oui, les pessimistes se demandent quel Maghreb sans libre circulation des biens et des personnes ? Quel Maghreb sans implication de la société civile et des entreprises ? Quel Maghreb sans construction solide qui puisse faire face aux grands ensembles du monde, à commencer par celui de l’Union européenne, principal partenaire commercial ?

La politique des petits pas encourage, certes. Que l’on réponde à l’appel de l’Algérie qui (voulant décidément piloter la question sécuritaire dont elle a longtemps essayé d’exclure le Maroc), invite les ministres des Affaires étrangères du Maghreb à se réunir à Alger, dans les prochaines semaines, pour «définir leurs objectifs pour la stabilité de la région et la lutte contre le terrorisme et le crime organisé», comme l’a annoncé le chef de la diplomatie algérienne, Mourad Medelci… Que, parallèlement, l’on écoute et suive le ministre des Affaires étrangères marocain Saad-Eddine El Othmani lorsqu’il insiste sur le fait qu’un «appel est lancé aux ministres du commerce et de l’agriculture des cinq pays pour l’élaboration d’un accord de libre échange»… Tout cela est bien. Mais, encore une fois, il n’y aura pas d’Union maghrébine durable, ni ce «nouvel ordre maghrébin» (l’expression est du Roi Mohammed VI) qu’appellent de leurs vœux les peuples de la région, si tous les contentieux ne sont pas apurés. C’est l’avis des pessimistes et nous le partageons.

Voir aussi

Médias : Cette «Zizanie» autour de la subvention de la presse…

Ce n’est pas un secret, la presse marocaine reçoit une subvention de l’Etat. Ce n’est …

Un commentaire

  1. When someone writes an article he/she retains
    the image of a user in his/her brain that how a user can be aware
    of it. So that’s why this paragraph is great. Thanks!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies. En savoir plus.