Satire, Baisemain, Richesse du Roi, Juifs aux frontières, Marocanité du Sahara… Corrigez tout ça. Et…

Exit l’Algérie des guignols !

Vive l’Algérie du Hirak !!

Algérie Hirak

En Algérie, la loi interdit l’atteinte au respect dû aux chefs d’Etat. Comment, alors, la très officielle télévision algérienne «Echourouk» a-t-elle été autorisée à diffuser une émission où le manque de respect au Roi du Maroc a été total et délibéré ?

Cette télévision, dont il est notoire qu’elle est sous la coupe des Généraux, a cru humilier les Marocains en surfant sur des sujets que son équipe a soigneusement choisis. Tels  le Baisemain au Maroc, la richesse du Roi, le rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël et, bien évidemment, la Marocanité du Sahara…

Des sujets destinés à ternir l’image du Maroc et de son Roi et à saper l’autorité de SM Mohammed VI, mais qui ont eu un effet inattendu.

Celui de mettre en contraste –et sous une lumière crue- d’un côté, la colère des Marocains exprimant avec force leur attachement à leur Roi.

Et de l’autre, la colère du Hirak, bravant l’interdit à l’occasion de son 2ème anniversaire, pour exprimer avec force, lui, son rejet du régime algérien.

L’arroseur arrosé ?

Par Bahia Amrani

Rappelons les faits. Vendredi 12 février, la chaîne de télévision algérienne «Echourouk» diffuse sa nouvelle émission «week end story». Emission qui se veut satirique et qui s’en prend ce jour-là aux Marocains et à leur Roi, présenté comme l’invité principal de l’émission. Un des animateurs porte un masque représentant le portrait caricaturé du Souverain et se laisse attaquer et ridiculiser par un parlementaire algérien, présent sur le plateau en chair et en os, le populiste Slimane Saadaoui. L’émission est donc bel et bien officielle.

Dans la salle, une petite assistance suit l’échange. Mais ce n’est manifestement pas ce public-là qui est ciblé…

Pour tous les Marocains, les sujets abordés sur un ton faussement humoristique, au cours de cette émission, étaient autant de critiques perfides et coups portés au Maroc, à ses symboles, à ses institutions, à ses traditions, à sa diplomatie et à sa cause sacrée: son intégrité territoriale.

maroc sm mohammed vi

En s’attaquant directement au Roi, la télévision officielle algérienne franchissait une ligne rouge.  

D’où une colère générale des Marocains –nationaux et diaspora- indignés, révoltés, qui se sont déchaînés dans les médias et les réseaux sociaux, appelant à la rupture des relations diplomatiques avec ce «régime haineux» d’Alger, dont la presse affidée a des consignes telles que cela frôle parfois l’absurde. Comme ce geste incroyable des médias algériens qui, en publiant récemment l’information d’une visite que l’ambassadrice de Suède a rendue à l’ambassadeur d’Algérie à Rabat, dans son bureau où était accrochée une photo le montrant le jour de son accréditation au Maroc, avec SM Mohammed VI, ont tous flouté le cadre accroché au mur parce que le Roi y figurait !  

La presse algérienne feint de ne pas comprendre la réaction marocaine… «Le voisin de l’Ouest n’apprécie pas la satire», écrit médias-dz.com, un site algérien.

Reprenons donc les raisons de cette colère, une à une.

Et d’abord, la satire…

Il est faux de dire que les Marocains n’apprécient pas la satire. Ils en sont même férus. Et «Les Guignols de l’info» que diffusait quotidiennement Canal+ réalisait une belle audience au Maroc.

Mais il y a de grosses différences entre «Les Guignols de l’info», ex-émission  de la télévision française et l’actuelle émission «week end story» de la télévision algérienne «Echourouk», qui tente de lui ressembler.

En France, la chaîne qui proposait cette émission est une chaîne privée, à péage. «Echourouk» est une chaîne officielle, accessible à tous.

«Les Guignols de l’info» était un concept où n’intervenaient que des marionnettes, face à l’animateur de l’émission. C’est une équipe de journalistes qui assume ses responsabilités. «Echourouk» présente un plateau avec de vrais invités, dont certains représentent les institutions algériennes. Dans cette dernière émission controversée, c’est un député qui participe à l’échange satirique et qui se pique d’enfoncer le clou !

A Canal+, la parodie était la règle, mais la loi est rigoureusement respectée, sous peine de poursuites judiciaires. A «Echourouk», la loi est violée intentionnellement et impunément. Notamment, dans cette émission où la loi imposant le respect dû aux chefs d’Etat -loi en vigueur en Algérie- est sciemment transgressée.

«Les Guignols de l’info» était une émission française, dont la parodie est d’abord axée sur la vie politique, économique et sociale française. Nul responsable français n’y échappait. Et s’il arrivait qu’une personnalité étrangère fasse l’objet de critiques, cela pouvait se comprendre, les Français commençant par eux-mêmes et pouvant exciper de la réelle liberté d’expression qui existe en France. Peut-on en dire autant de l’Algérie, de sa presse et de cette émission d’«Echourouk» ?

Les animateurs de cette émission, qui crânent avec le Roi du Maroc, peuvent-ils en faire de même avec les Généraux de leur pays ?

Car, les Marocains auraient peut-être moins mal accepté la pâle copie des «Guignols de l’info» que présente «Echourouk», si cette chaîne avait commencé par une marionnette du Général Chengriha, ou même du Président Tebboune, librement tournés en dérision !

A propos du baisemain…

Parmi les nombreuses raisons de la colère des Marocains, il y a ce traitement récurrent que la presse algérienne fait d’une tradition marocaine aussi vieille que le Maroc lui-même et ses 14 siècles d’Histoire: le baisemain.  

Dès l’entame de l’émission d’«Echourouk», ses animateurs ont cru bon de s’attaquer à ce sujet en présentant le baisemain comme une exigence du Roi.

Le député Saadaoui, dans un emportement surjoué, s’est même fendu d’un commentaire: «Nous, nous ne nous inclinons que devant Dieu !».

Mal lui en a pris. «Devant Dieu et devant les généraux, auxquels vous ne faites pas le baisemain, mais le lèche-bottes… Et à plat ventre !», lui a rétorqué une internaute. Ce parlementaire algérien, jusque-là inconnu au Maroc, est devenu la risée de tous, suite à une vidéo datant d’il y a 4 ans que les internautes ont ressortie, où il avoue n’avoir goûté pour la 1ère fois à la banane qu’à l’âge de 30 ans.

«Un député, d’un pays censé être le plus riche de la région, qui n’a pas mangé de bananes avant ses 30 ans, alors que ses dirigeants s’achètent des résidences de luxe à Paris, en Suisse et ailleurs -et qui trouve cela normal-  joue les fiers devant les Marocains qu’il moque pour le baisemain ?!», raille un groupe de journalistes.

L’avis est le même chez tous les Marocains. L’argument du baisemain relève de la mauvaise foi la plus totale de la presse aux ordres du régime algérien, qui n’a eu de cesse de caricaturer cette tradition, la présentant comme une soumission. Alors que le baisemain, au Maroc, est une pratique courante qui tient aux coutumes du pays. Dans la tradition marocaine –un peu perdue il est vrai dans les milieux modernes, mais toujours présente dans les milieux populaires et les milieux ruraux- les enfants baisent la main de leurs parents, oncles, tantes, frères et sœurs aînés… La main des invités, des amis de la famille rencontrés dans la rue… La règle est que les plus jeunes baisent la main de leurs aînés, quels que soient les liens, familiaux ou non. Le baisemain est tout simplement une marque de respect, du temps où le respect était une valeur partagée en toute humilité.

Le baisemain fait au Roi est, non seulement une marque de respect pour le Symbole de la Nation et pour l’institution monarchique qui est le ciment d’unité du pays (d’où le baisemain fait également au Prince Héritier et aux membres de la famille royale), mais aussi l’expression de l’affection et de l’attachement qu’éprouvent les Marocains pour leur Roi.

Si un Marocain, de par ses coutumes, fait spontanément le baisemain à un inconnu pour lui témoigner son respect, pourquoi rechignerait-il à faire le baisemain au Roi… S’il a la chance de l’approcher ?

Ceci, sans compter qu’on voit toujours, à la télévision, le Roi aussi bien que le Prince Héritier, tenter de retirer leur main, courtoisement, à ceux qui se penchent dessus.

A chaque pays ses traditions. Mais si le baisemain –geste d’humilité qui grandit son auteur- voit son image battue en brèche, au point de passer pour un geste de soumission, les Marocains imputent cela, essentiellement, au voisin algérien qui en a fait une arme contre le Maroc.  

A propos de la richesse du Roi…

L’intention de nuire des animateurs de l’émission d’«Echourouk» est apparue encore plus clairement, lorsqu’ils ont cru toucher à un tabou en faisant allusion au livre-pamphlet portant sur la richesse du Roi. Livre qui avait fait scandale en 2015, non pas pour son contenu, mais pour le chantage que les deux journalistes français Catherine Graciet et Éric Laurent, qui en sont les auteurs, ont voulu faire au Roi du Maroc, pour ne pas le publier. Leurs propositions de chantage (argent contre non-publication) ayant été enregistrées, un procès leur a été intenté, l’affaire judiciaire est toujours en cours…

Cette mauvaise foi des guignols d’«Echourouk» qui s’attaquent ainsi au Souverain, portant gravement atteinte à sa probité et à son image, en a enragé plus d’un au Maroc.

«Comment peut-on mettre en cause un chef d’Etat, en l’accablant d’accusations que n’importe quel citoyen lambda auraient portées devant la justice, avec la certitude de gagner le procès ? Il ne sera rien fait contre ces guignols algériens ?», s’insurge un avocat. «Et comment peuvent-ils faire allusion à la richesse du Roi, alors que leurs Généraux voraces et ceux qu’ils adoubent se sont appropriés les richesses de l’Algérie et continuent de le faire, les uns depuis toujours et les autres chacun à son tour ?», poursuit un journaliste indépendant. Et un autre journaliste d’enchaîner: «si le Roi du Maroc est riche, d’abord, il est né riche, il a grandi riche et il restera riche ‘bi idni Allah’. Ensuite, si sa richesse progresse, c’est en toute légalité et dans des créneaux qui sont ouverts à tous. Le Maroc compte de nombreux hommes et femmes riches et de nombreux grands Groupes. De plus, les activités qui connaissent une participation royale sont pour la plupart un moteur pour l’économie. Contrairement à la mafia des Généraux d’Alger, qui a confisqué au peuple algérien ses ressources naturelles, pétrole, gaz, etc et qui ruine l’Algérie en achat d’armes pour empocher des rétro-commissions. Comment cette télévision peut-elle-même oser aborder ce sujet ? Ils n’ont peur de rien. Ni de la honte, ni du ridicule».

Qu’il s’agisse d’échanges sur les réseaux sociaux ou de discussions entre amis et connaissances, tous les commentaires vont dans le même sens.

La colère des Marocains est à la mesure de l’affront qu’ils ont ressenti.

Et ce n’est pas l’évocation de la richesse qui indigne. Au Maroc, il n’y a pas de complexe à ce sujet. Au contraire, il n’y a pas de Marocain qui ne veuille être ou devenir riche.

Le Royaume a toujours évolué dans le libéralisme. Il est plus proche de la conception américaine, où la réussite se mesure à la fortune, que de la conception française –et plus généralement des pays européens- héritée de leur Histoire révolutionnaire.

Cette phrase lancée par Danton –et restée célèbre- résume cette mentalité: «Vous voulez faire de la pauvreté une vertu révolutionnaire !». Ce n’est pas la mentalité des Marocains, même s’ils se soucient de plus en plus des écarts entre riches et pauvres.    

A propos des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël

Les Marocains en sont convaincus. C’est la reconnaissance par les Etats Unis de la Souveraineté du Maroc sur le Sahara qui a fait basculer le régime algérien est sa presse dans cette rage non-contenue.

Il y a tous les autres points marqués par Rabat: l’opération de récupération de Guergarat, la vingtaine de consulats étrangers ouverts au Sahara dont un consulat américain, la reconnaissance de la carte du Maroc, Sahara compris, par la CIA, l’OTAN… Mais la reconnaissance américaine qui s’est accompagnée du rétablissement des relations maroco-israéliennes, c’était plus que ne pouvait supporter Alger !

Or, dans l’impossibilité de s’attaquer frontalement à la 1ère Puissance mondiale, le Pouvoir algérien vise ce qu’il pense être des cibles plus accessibles: le Maroc et Israël.

Le discours insultant qu’a tenu le plateau de l’émission d’«Echourouk» sur les relations maroco-israéliennes et sur les juifs, ne révèle pas seulement la mentalité de ces individus et leur intolérance, mais aussi leur inculture et leur stupidité.

Quand «le député de la banane», Slimane Saadaoui, supposé s’adresser au Roi du Maroc, lui reproche d’avoir amené Israël aux frontières de l’Algérie, en ajoutant: «les juifs, les sionistes, c’est la même chose», ce n’est même plus l’antisémitisme primaire qui choque en 1er, c’est la bêtise !

Personne n’a rappelé à cet élu algérien qu’Israël et ses juifs –s’il faut utiliser la même image que lui- étaient «aux frontières de l’Algérie» des années durant ; que le bureau de liaison israélien au Maroc n’a été fermé qu’en 2002 ; et que, par-dessus tout, ces juifs dont il parle avec tant de mépris sont, pour près d’1 million d’entre eux, nés au Maroc !! Ce sont des Marocains dont les plus âgés ont vécu «aux frontières de l’Algérie», avant que lui-même ne voie le jour dans cette région.  

L’Algérie des guignols et l’Algérie du Hirak

La colère ne retombe pas au Maroc.

Une colère d’autant plus grande que ce Roi, qui était éhontément attaqué dans cette émission de la télévision officielle algérienne, a plus d’une fois tendu la main au voisin de l’Est, afin que les deux Peuples se retrouvent et que les deux pays contribuent, ensemble à la construction du tant rêvé Grand Maghreb.

Grand Maghreb dont le projet –éternel projet- (l’UMA) «fête» son 32ème anniversaire, ce mois de février, dans cette ambiance…

Le régime algérien est sourd à tous les appels. Ceux de l’extérieur, comme ceux de l’intérieur de l’Algérie.

Une surdité qui risque de lui coûter… Avec le Hirak.

Ce Mouvement populaire, qui a battu le pavé pendant un an et n’a interrompu sa contestation que contraint par Covid, a repris son élan à Kherata, ce 16 février, date anniversaire du coup d’envoi du Hirak, qui avait été donné il y a 2 ans, à partir de cette ville de la wilaya de Bejaïa.

La date retenue pour la commémoration du 2ème anniversaire du Hirak sera, cependant, le 22 février 2021, date à laquelle le Mouvement a gagné toutes les villes, notamment la capitale Alger. Tous les regards sont donc tournés vers l’Algérie, cette semaine…

Pour les citoyens marocains, qui ont eu à subir l’hostilité du Régime algérien pendant près de 5 décennies ; et que l’émission d’«Echourouk» a offusqués, entre l’Algérie des guignols et l’Algérie du Hirak, il n’y a pas photo… Plein soutien au Peuple algérien et à son «Hirak béni», comme le qualifie hypocritement la nouvelle Constitution algérienne !

BA

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