Nouveau Gouvernement | Quelles difficultés dans les négociations ?

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La tâche n’est jamais facile pour un nouveau chef de Gouvernement dont le parti n’a pas obtenu la majorité absolue et qui doit donc constituer une majorité gouvernementale en négociant avec d’autres formations.

On l’a vu dans certains pays, cette tâche peut causer un blocage de plusieurs mois, parfois d’une année et plus… (Le cas du Liban).

Chez nous, au Maroc, l’expérience de blocage la plus marquante a été celle qui a coûté son fauteuil de chef de Gouvernement à Abdelilah Benkirane, lequel a dû passer la main à Saad Eddine El Othmani.

Aujourd’hui, rien de tel n’est à craindre.

Les partis sortis vainqueurs des urnes n’ont pas de raisons de se braquer contre l’adhésion de tel ou tel autre à la coalition.

Il n’y a pas non plus, parmi eux, celui qui voudrait –et encore moins qui pourrait- provoquer un blocage pour prendre la place du parti chef de file, comme ce fût récemment le cas en Israël…

Même le PJD, avant de savoir que son effondrement ne lui laisserait pas d’autre choix, déclarait qu’il basculerait dans l’Opposition s’il n’obtenait pas la 1ère place (avec 13 sièges seulement, il s’y retrouve de facto).

Reçus par le nouveau chef de Gouvernement, Aziz Akhannouch, pour des consultations préliminaires, les autres partis ayant obtenu des sièges au Parlement n’ont pas fait montre de positions tranchées dans leurs déclarations.

Pas de risque d’impasse donc, a priori.

Mais il reste que la tâche n’est pas des plus aisées.

Le chef de Gouvernement n’entame pas les consultations sans avoir lui-même une ébauche de la future coalition qu’il aura à diriger ; et donc une idée claire des propositions qu’il fera aux uns et aux autres.

Aziz Akhannouch sait donc ce qu’il a à proposer aux autres partis.

Le plus dur –comme c’est à peu près le cas aujourd’hui- c’est d’entendre que quasiment toutes les formations sont prêtes à intégrer la coalition, mais d’avoir à annoncer à certaines d’entre elles qu’elles n’y auront pas de place.

Non pas parce que ces formations ne sont pas qualifiées pour cela, ni pour cause de désaccord ou de différence de vision, mais simplement parce que le projet est celui d’une Majorité «ramassée» avec telle et telle formation seulement dans cette Majorité…

En entrant dans le vif du sujet, ensuite, avec les formations politiques retenues pour intégrer l’exécutif, il y a une difficulté de taille. Celle d’une répartition des portefeuilles qui donne satisfaction à tous…

Ce sont là les tractations qui suivent les consultations préliminaires.

Il est clair que c’est au parti vainqueur et notamment à son chef, de proposer l’architecture du futur Gouvernement. Mais il y a plusieurs équilibres à respecter.

Le RNI peut vouloir garder les ministères qu’il avait déjà (Finances, Agriculture, Commerce et Industrie, par exemple).

Mais les autres formations qui ont fait valider leur participation à la coalition par leurs instances décisionnelles, viennent également avec un certain nombre d’exigences.

Sachant qu’il y a, par ailleurs, les ministères dits régaliens dont décide le Roi.

Bien que ces ministères ne soient plus ni invariablement régaliens, ni aussi nombreux. Certains d’entre eux ont été confiés à des partis, sous le règne de SM Mohammed VI. Comme le ministère de la Justice (USFP, actuellement), les Affaires étrangères (Saad Eddine El Othmani, PJDiste, en avait été chargé), les Finances avaient également été partiellement confiées au PJD (El Azami). C’est le RNI qui est aujourd’hui aux commandes… Le ministère de l’Intérieur avait été confié à Mohand Laenser qui porte les couleurs du Mouvement Populaire (et à M. Hassad, affilié au même parti). Seuls le département de la Défense et celui des Affaires islamiques n’ont jamais été pris en charge par des partis politiques, le Roi étant Chef suprême et Chef d’Etat-Major général des Forces Armées Royales et Amir Al Mouminine.

Les consultations préliminaires ont pris fin mercredi 15 septembre.

Au terme de ce 1er Round, au cours duquel Aziz Akhannouch a reçu les dirigeants du PAM, de l’Istiqlal, de l’USFP, du MP, de l’UC, du PPS, du MDS et du FFD (le PJD s’étant excusé et le PSU ayant annoncé son positionnement d’office dans l’opposition), rendez-vous a été donné par le chef de Gouvernement à la semaine prochaine pour un 2d round, celui des tractations pour l’architecture du Gouvernement.

Il laisse ainsi le temps aux partis politiques de réunir leurs organes décisionnels pour consultations internes.

Les principaux partis (ceux qui, manifestement, ont reçu une proposition de participation) ont du reste annoncé la tenue de leur Conseil National dans les prochains jours.

Entre temps, les élections au niveau des collectivités seront bouclées (les élections des membres des conseils des préfectures et des provinces auront lieu le 21 septembre.

Tout ne sera pas plié, tant que les négociations sur la répartition des portefeuilles n’auront pas abouti. Et il est clair que plus la Majorité sera ramassée, moins il y aura de difficultés à ce niveau. D’où le sentiment général que la Majorité se limitera, cette fois-ci, à un très petit nombre de participants (on parle des 3 premiers partis seulement).

Une chose est sûre, à l’ouverture du Parlement (2ème vendredi d’octobre), pour sa session d’automne qui est présidée par le Roi, comme le prévoit la Constitution, Parlement et Gouvernement seront dans l’hémicycle pour écouter l’allocution royale marquant la rentrée politique.

Cela ne laisse que quelque deux semaines pour tout boucler.

Voir notre Dossier.

B. Amrani

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