Maroc-Israël | Douteuse surenchère

Couverture N° 1025 – 04 février 2021 Le Reporter.ma

Eh oui. Tout se confirme. Depuis la double annonce américaine de la reconnaissance de la Souveraineté du Maroc sur le Sahara et la reprise des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, le 10 décembre dernier (2020) ; qu’ont actée une série de documents dûment signés par les parties concernées –notamment la déclaration tripartite USA-Maroc-Israël, paraphée à Rabat 12 jours plus tard ; la reprise des relations entre le Maroc et Israël est bel et bien une réalité.

Réalité dont attestent les annonces, tombées l’une après l’autre, à un rythme qui ne laisse aucun doute sur l’intention des deux parties de donner réellement corps à la reprise de leurs relations…

Le chapelet d’annonces ? Voici… Et attention aux bonds au plafond !

Le 22 décembre 2020, jour de l’arrivée du 1er avion commercial israélien à Rabat, il y a donc eu les 4 premiers accords signés entre le Maroc et Israël (exemption de visa pour les diplomates, Aviation civile, coopération en matière de Finances et Investissement, Innovation et développement des ressources en Eau).

Le 25 décembre, l’évènement sera une autre première. Celle d’une prise de contact directe au plus haut niveau de l’Etat, avec un entretien téléphonique entre SM le Roi Mohammed VI et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Le 28 décembre 2020, lors d’une visioconférence qu’ont tenue le ministre marocain de l’Industrie, du commerce et de l’économie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy et le ministre israélien de l’Économie et de l’industrie, Amir Peretz, les 1ers secteurs industriels à fort potentiel de partenariat ont été identifiés (textile, agro-industrie, recherche et développement dans l’industrie, technologies vertes et des énergies renouvelables) ; et il a été convenu de charger un groupe de travail conjoint d’élaborer un plan d’action pour ces secteurs.

Le 21 janvier 2021, deuxième réunion à distance des deux ministres qui montrent qu’ils ne lâchent rien. Moulay Hafid Elalamy twitte à cette occasion que les deux parties ont «passé en revue l’avancement des travaux du groupe de travail conjoint chargé de préparer un programme pour la coopération dans les secteurs de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique».

Le 26 janvier 2021, «le concret se concrétise» indéniablement avec l’arrivée du nouveau chargé d’affaires israélien à Rabat. David Govrin, qui était ambassadeur d’Israël en Egypte de 2016 à 2020, prend officiellement ses fonctions à la tête d’un bureau de liaison israélien au Maroc.

Le 29 janvier 2021, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita s’entretient au téléphone avec le Conseiller à la sécurité nationale d’Israël, Meir Ben-Shabbat et les deux responsables conviennent de mettre en place, non pas «un» mais «des» groupes de travail, pour la préparation d’accords de collaboration dans divers domaines (investissements, agriculture, eau, environnement, tourisme, science, innovation et énergie). Groupes de travail qui, Covid oblige, se réuniront en ligne, en attendant qu’une délégation marocaine de haut niveau se rende en Israël pour finaliser les accords ; et qu’une délégation israélienne, conduite par Meir Ben-Shabbat, vienne au Maroc… Les deux déplacements étant prévus pour ce mois de février.

Le 2 février, enfin, un nouvel échange téléphonique (le dernier en date, à l’heure où sont écrites ces lignes), a lieu entre le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita et son homologue israélien, Gabi Ashkenazi. Coopération bilatérale et questions régionales d’intérêt commun étaient au menu.

Observons. Mise à part la pause concédée au passage de 2020 à 2021, c’est en moyenne tous les 4 ou 5 jours qu’un nouveau pas est effectué sur la voie de la coopération maroco-israélienne !

Mais s’il était évident qu’à cause du conflit israélo-palestinien, ces initiatives n’allaient pas recevoir que des applaudissements, la surenchère à laquelle elles ont donné lieu donne tellement dans l’excès qu’elle en devient douteuse…

Ne parlons pas de la presse algérienne dont tout le monde sait aujourd’hui la fixation morbide qu’elle fait sur le Maroc et ses moindres actes, tous, sans exceptions, systématiquement fustigés… A fortiori quand cela s’accompagne d’un succès diplomatique marocain dans le dossier du Sahara. Ce qui est le cas, ici, donnant lieu à des attaques algériennes contre le Maroc que l’on n’a même pas vues en Palestine. Mais… Les réactions obsessionnelles du Pouvoir d’Alger et de ses affidés n’ont plus d’effet.   

Ne parlons pas, non plus, d’une organisation comme «Al Adl Walihssan», qui a qualifié la reprise des relations entre le Maroc et Israël de «catastrophe», n’hésitant pas à appeler «les forces vives du Maroc» à conjuguer leur efforts «pour affronter le danger de la normalisation sioniste» (en clair, un appel à la sédition qu’on n’a pas entendu chez les Palestiniens. Pas même ceux du Hamas). Cette Association (Al Adl Walihssan), non autorisée au Maroc et qui n’a plus de véritable aura, protège son fonds de commerce, sans lequel elle n’existerait plus du tout: un référentiel islamiste (bien lire islamiste et non islamique), une posture d’opposant et… Toute action subversive qui va avec.

Parlons surtout de tous ceux -notamment Marocains- qui, se découvrant un militantisme pro cause palestinienne plus fort que celui des Palestiniens eux-mêmes, sont tombés à bras raccourcis sur leur pays… Ou bien, ont saisi l’occasion pour redorer leur blason –partisan, associatif, ou syndical- à coups de déclarations enflammées, de pseudo-démission et autre geste spectaculaire savamment calculé. Ils n’ont trompé personne !

Disons-le tout net. Tous ces détracteurs qui tentent de dénaturer les positions du Maroc, pourtant clairement (et courageusement) réitérées par le Roi à toutes les parties, aussi bien américaine que palestinienne et israélienne… Tous et tout ce qu’ils disent, on s’en tamponne le c… En termes plus clairs: On s’en fout ! Les Marocains bien intentionnés connaissent leur Roi, leur pays et les positions justes qui seront défendues… Ils savent ce que le Maroc a fait pour le Peuple palestinien, qu’il continue de faire et qu’il fera encore. Le fait que, d’un côté, les positions du Maroc soient nettes et connues concernant la cause palestinienne ; et que, de l’autre, des relations saines et transparentes soient établies avec Israël, où près de 10% de la population, une trentaine de députés et une dizaine de ministres israéliens sont d’origine marocaine ; cela donne au Maroc un grand avantage pour prêter ses bons offices, dans le conflit israélo-palestinien: l’avantage confiance ! Un Maroc qui joue franc jeu et qui a la confiance des deux parties ne peut qu’être utile aux deux parties. Le Maroc ne joue pas une partie contre l’autre. Il ne choisit pas non plus l’une ou l’autre. Il se met au service des deux. Et gageons qu’un de ces matins, on se réveillera avec l’annonce d’une médiation du Maroc dans le conflit du Moyen-Orient. Il faudrait juste que la partie palestinienne accorde ses violons. Ce qui fait le plus de tort à la cause palestinienne, ce ne sont pas les accords diplomatiques et commerciaux passés par tel ou tel pays avec Israël, ce sont les divisions entre les différents représentants des Palestiniens. Pourquoi l’OLP d’un côté, le Hamas de l’autre ? Pourquoi tant de querelles inter-palestiniennes ? Quand les Palestiniens parleront d’une seule voix, personne n’aura plus à faire endosser à des pays comme le Maroc une responsabilité qu’il n’a pas dans ce conflit.

Tous les espoirs se fondent sur les prochaines élections palestiniennes.

Bahia Amrani

Voir aussi

Coronavirus/ Covid-19 : Là où le Maroc a fait fort !

S’il y a encore quelques inconscients qui n’ont pas saisi la gravité de la situation, …

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site is protected by reCAPTCHA and the Google Privacy Policy and Terms of Service apply.

Ce site utilise des cookies. En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation des cookies. En savoir plus.

Cookie settings

Below you can choose which kind of cookies you allow on this website. Click on the "Save cookie settings" button to apply your choice.

FunctionalOur website uses functional cookies. These cookies are necessary to let our website work.

AnalyticalOur website uses analytical cookies to make it possible to analyze our website and optimize for the purpose of a.o. the usability.

Social mediaOur website places social media cookies to show you 3rd party content like YouTube and FaceBook. These cookies may track your personal data.

AdvertisingOur website places advertising cookies to show you 3rd party advertisements based on your interests. These cookies may track your personal data.

OtherOur website places 3rd party cookies from other 3rd party services which aren't Analytical, Social media or Advertising.