Le Petit Musée du Maroc Saharien à Dakhla, mémoire vivante du patrimoine hassani

Le Petit Musée du Maroc Saharien à Dakhla, mémoire vivante du patrimoine hassani

Durant le mois sacré de Ramadan, période empreinte de spiritualité, de sérénité et de contemplation, le besoin d’un enrichissement à la fois intellectuel, culturel et mémoriel se fait plus pressant. Musées et sites historiques connaissent ainsi une affluence remarquable.

À Dakhla, le Petit Musée du Maroc Saharien s’inscrit pleinement dans cette dynamique, en s’imposant comme un espace privilégié attirant des visiteurs en quête de profondeur historique, de transmission culturelle et de richesse identitaire.

Véritable repère culturel dans la province d’Oued Eddahab, ce musée incarne l’attention particulière accordée à la culture hassanie et consacre sa place en tant que composante essentielle de l’identité marocaine.

Dès l’entrée, une large inscription invite à entreprendre un voyage à travers l’histoire du Sahara marocain, depuis les temps lointains  du « Sahara vert » préhistorique, jusqu’à l’ère des villes modernes, en passant par les siècles de prospérité du Moyen Âge, l’époque des grands explorateurs européens et la période coloniale.

Le parcours muséal offre une immersion dans le patrimoine matériel et immatériel des provinces du Sud. Le visiteur y découvre l’esthétique, la profondeur civilisationnelle et la continuité historique d’un espace géographique et humain resté solidement attaché à son identité marocaine et à ses traditions séculaires.

En parcourant les différentes salles du musée, le visiteur découvre l’ampleur de la richesse civilisationnelle du Sahara marocain, ce vaste espace où se sont entremêlées cultures, traditions, modes de vie et formes d’expression.

Au détour des galeries, des pièces rares et des manuscrits soigneusement sélectionnés retiennent l’attention. Ils témoignent, avec force et clarté, des grandes épopées et des moments marquants qui ont façonné l’histoire ancienne et prestigieuse des provinces du Sud du Royaume.

Ces pièces exposées et manuscrits offrent notamment des aperçus sur les hauts lieux des saints et érudits, le Sud du Royaume étant considéré comme une terre d’hommes pieux par excellence. Pas moins de 366 de ces saints reposeraient dans la seule oasis d’Assa.

Ils retracent également des épisodes et épopées nationales ayant marqué ces contrées, notamment les exploits de l’Armée de libération, les glorieuses pages de la Marche Verte ainsi que l’histoire de la mythique ligne de l’aéropostale.

Dans une déclaration à la MAP, la directrice du musée et de la Médiathèque de Dakhla, Maghlaha Dlimi, a souligné que la création de cet établissement en 2011 a constitué une étape fondamentale dans la sauvegarde de la mémoire des populations sahariennes.

Elle a affirmé que le musée représente “un trésor cognitif et patrimonial retraçant les modes de vie des Beidanes, leurs déplacements, leurs activités artisanales et leurs actes de résistance face aux colonisations espagnole et française”.

Mme Dlimi a fait savoir que le musée ne se limite pas à l’exposition de pièces patrimoniales et de symboles culturels, mais qu’il assume également une mission pédagogique et d’animation. Il ouvre ainsi ses portes aux visiteurs, aux élèves et étudiants, aux touristes, aux chercheurs ainsi qu’aux délégations nationales et étrangères.

Pensé comme un espace ouvert à tous, il garantit l’accessibilité de ses contenus à travers des supports bilingues simplifiés, des visuels explicatifs, ainsi que des écrans interactifs et dispositifs audiovisuels permettant d’approfondir les connaissances.

“Il est de notre devoir moral et historique de préserver ce musée en tant qu’héritage destiné aux générations futures”, a insisté la directrice, mettant en avant les actions de sensibilisation menées au profit des jeunes.

Mme Maghlaha Dlimi a précisé que le musée abrite de riches galeries reflétant les multiples aspects de la vie quotidienne traditionnelle dans le Sahara marocain. On y découvre notamment la fabrication des tentes, les outils de nomadisme, les parures et costumes sahariens, les gravures rupestres, ainsi que des documents et manuscrits retraçant les hauts faits des chefs de tribus, des érudits et des artisans traditionnels.

Le musée propose également des documentaires consacrés à la résistance nationale, ainsi que d’autres productions audiovisuelles mettant en lumière les traditions sociales et les modes de vie par lesquels l’homme saharien a façonné son environnement à travers les siècles.

Elle a également souligné que cet espace muséal s’inscrit pleinement dans la vision stratégique du nouveau modèle de développement des provinces du Sud, lancé en 2015 par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, lequel érige la culture en véritable levier de développement intégré et durable.”

Elle a appelé l’ensemble des acteurs concernés à redoubler d’efforts pour préserver ce riche héritage, véritable miroir de la pluralité de l’identité marocaine, symbole de fierté et d’appartenance, et passerelle entre passé et présent, dans l’attente de l’ouverture espérée du « Grand Musée du Maroc Saharien » à Dakhla.

LR/MAP

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