Istiqlal-PJD Chabat ne désarme pas

Chabat Benkirane-

Hamid Chabat et Abdelilah Benkirane continuent de se livrer une guerre sans merci, en attendant le résultat de l’arbitrage royal.

La crise politique, suite à la décision de l’Istiqlal concernant son retrait du gouvernement, suscite toujours des réactions. Le secrétaire général du Parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat, a appelé à un gouvernement d’union nationale. Abdelilah Benkirane a de son côté révélé avoir entamé des négociations avec Chabat pour le changement des ministres istiqlaliens dans l’actuel gouvernement.

Chabat appelle à un gouvernement d’union nationale

Entamant sa tournée explicative de la décision de retrait du parti du gouvernement, prise par le Conseil national du Parti de l’Istiqlal, Hamid Chabat a rencontré, samedi 18 mai, des milliers de militants dans l’enceinte de la salle couverte omnisports de Fès. Rappelant la volonté du Parti Istiqlal de se retirer du gouvernement, le SG a affirmé que le PI cherchait à défendre la cause du citoyen marocain, d’où la dénonciation des multiples hausses de prix de denrées de première nécessité, soulignant que la crise gouvernementale actuelle ne devrait pas étonner, car le chef du gouvernement était «entré en conflit ouvert sur tous les fronts». Par conséquent, puisque «ce gouvernement a échoué un an et demi durant», il faudrait qu’il laisse sa place à d’autres. «Il est impossible, du reste, de composer au sein d’un gouvernement avec ceux qui portent atteinte aux intérêts du pays», a averti Chabat. Néanmoins, cette décision (de se retirer du gouvernement) a été approuvée par «une action volontaire de la démocratie interne et indépendante» pour l’intérêt suprême de la nation. Pour Hamid Chabat, «les tergiversations n’ont que trop duré. Le Maroc a besoin plus que jamais d’un gouvernement d’union nationale». En plus de son «manque de savoir-vivre, l’Exécutif souffre aussi d’une réelle crise de gouvernance», a martelé Chabat qui a mis en garde contre tout franchissement de la ligne rouge concernant l’augmentation des prix.
Le porte-parole du Parti de l’Istiqlal, Adil Benhamza, a par ailleurs affirmé que le PJD «adopte un double discours» concernant l’article 42 de la Constitution, auquel a fait référence le Conseil national du PI pour prendre sa décision de se retirer du gouvernement et réclamer l’arbitrage royal. Selon Benhamza, les critiques du PJD à l’adresse du PI, concernant le recours à l’article 42, sont contraires à la position du parti de la lampe concernant les missions confiées à l’Institution royale conformément à la loi fondamentale du pays.
Cependant, les sages du PI, le Conseil de la présidence et le courant des Fils du Sahara exercent de fortes pressions sur Hamid Chabat afin qu’il revienne sur la décision de se retirer du gouvernement et qu’il ne mette pas en péril les intérêts du parti. Des sources partisanes ont indiqué que le cercle de ceux qui rejettent le retrait du Parti de l’Istiqlal du gouvernement commence à s’élargir, ajoutant que Chabat a reçu un coup dur après l’annonce par Mohamed Douiri de son refus catégorique de cette décision considérée comme une «erreur».

Benkirane révèle des négociations avec Chabat

Pour sa part, Abdelilah Benkirane a révélé avoir entamé des négociations avec Hamid Chabat. En effet, lors d’une réunion, samedi 18 mai à Rabat, du Secrétariat général du PJD, Benkirane a indiqué qu’il avait entamé des négociations concernant la question du remaniement ministériel réclamée par le SG de l’Istiqlal dès son élection à la tête du parti et ce, en lui proposant de fournir les noms des ministres istiqlaliens qu’il veut changer. Mais Chabat a refusé en affirmant au chef de gouvernement qu’il voulait une reconfiguration totale de la structure du gouvernement, allusion faite à une nouvelle répartition des portefeuilles ministériels, en particulier ceux détenus par le PPS et le MP. Une source du PJD a indiqué que Chabat ne cherche pas seulement un remaniement ministériel limité, mais lorgne les portefeuilles des Finances, de l’Equipement et du Transport, ainsi que celui de la Santé.
Par ailleurs, des dirigeants PJDistes ont précisé que l’organisation d’élections législatives anticipées demeure une option très coûteuse sur les plans financier et politique. Le chef de l’Exécutif a souligné, lors d’une rencontre dernierement à Bouznika, qu’il ne pouvait pas répondre à un mémorandum comportant des injures, précisant qu’il était disposé à faire face à toutes les éventualités, y compris l’organisation d’élections législatives anticipées. Abdelilah Benkirane a ainsi affirmé que «nous ne céderons jamais au chantage et nous sommes prêts pour de nouvelles élections». Il a ajouté que «le problème aujourd’hui ne réside pas entre deux partis, mais entre deux courants: l’un est avec la réforme alors que l’autre est contre», ajoutant que le gouvernement poursuivrait les réformes menées pour la lutte contre la corruption, quel qu’en soit le prix.

Ce qu’en pense Mezouar

Salaheddine Mezouar

Invité du Forum de la MAP sur le thème «Analyse de la conjoncture politique: rôle et place du RNI», Salaheddine Mezouar, président du Rassemblement National des Indépendants (RNI), a affirmé que le gouvernement souffre d’un déficit de gouvernance et d’une crise de leadership. Le problème réside donc, a-t-il estimé, dans le mode de gouvernance qui a débouché sur la crise politique actuelle que connaît le pays. Selon Mezouar, l’Exécutif n’est pas dirigé dans un esprit de coalition et de compromis, mais d’un «parti unique».
A presque mi-mandat, le gouvernement a été dans l’incapacité de mettre en œuvre les dispositions de la constitution, a encore estimé le président du RNI, ajoutant que l’actuel Exécutif n’a pas réussi à mener à bien un seul des grands projets structurants annoncés dans la déclaration gouvernementale, car il souffre d’un réel déficit de gestion de la chose publique.
Ainsi, face à la crise de la majorité actuelle, le gouvernement se trouve devant deux scénarii: mettre en place une nouvelle entente au sein de l’Exécutif ou, en cas d’échec, présenter sa démission.
Pour Mezouar, «la démocratie n’a pas de prix» et la nécessité de résoudre la crise justifie amplement la tenue d’élections anticipées. Une telle option coûterait entre 600 et 800 MDH.
Sur un autre volet, Mezouar a relevé qu’il est temps de passer à la mise en œuvre effective du plan d’autonomie élargie au Sahara. Ce pas permettra, selon lui, de mettre un terme à l’instrumentalisation de la question des droits de l’Homme et de contribuer à la résolution de ce conflit artificiel qui n’a que trop duré.

 

 

Adil Benhamza, porte-parole du Parti de l’Istiqlal

L’Istiqlal maintient sa position

Istiqlal-PJD Chabat ne désarme pas«L’Istiqlal maintient sa position en attendant l’arbitrage royal. Cette décision fait suite à la situation générale du pays; une situation qu’on ne peut qualifier que de désastreuse à tous les niveaux. Le 3 janvier 2013, nous avons remis au chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, un mémorandum où nous expliquons nos points de vue concernant les dysfonctionnements résultant d’une année et demie d’exercice de ce gouvernement. Dans ce mémorandum, nous avons soulevé que le chef de gouvernement n’arrive pas à agir en tant que tel. L’opinion publique a tendance à voir en lui un chef de parti politique plutôt qu’un chef de l’Exécutif. Nous avons aussi relevé un important dysfonctionnement, que le gouvernement de coalition est composé de quatre partis, mais qu’il n’y a qu’un seul parti qui mène le jeu, en solo et sans se concerter avec les autres partis. Ce que nous avons demandé, c’est un remaniement ministériel. En plus de cela, nous avons constaté un autre dysfonctionnement: la charte de la majorité gouvernementale stipule qu’il y ait des réunions chaque trois mois des partis de la coalition, ce qui est absurde. Ainsi, on doit attendre trois mois pour parler des différents problèmes existants. Il faut donc une révision de cette charte, pour une approche participative de toutes les parties composant ce gouvernement. L’Istiqlal veut institutionnaliser les réunions périodiques de la coalition. Et c’est au sein de cette coalition que les grandes décisions seront prises par les partis alliés et non en aparté par des ministres. Un dernier élément concernant les priorités de ce gouvernement, notamment d’ordre économique. Le gouvernement donne l’impression de ne pas accorder d’importance à ce dossier. L’Istiqlal constate également un déficit criant en matière de production législative pour la mise en œuvre de la Constitution de 2011. A l’exception de celle concernant les nominations aux hautes fonctions, ce gouvernement n’a proposé aucune autre loi organique».

 

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