lundi 20 novembre 2017

Abdallah Bouanou (député PJD) et d’autres… Les messages du Roi sont très clairs !

Quelle appréciation faites-vous du Discours royal devant le parlement?

Les messages royaux contenus dans le Discours de SM Mohammed VI devant le parlement étaient très clairs. Il s’agissait de dire royalement «Kafa, Baraka!» (Ça suffit!), le pays ne peut plus supporter. Il y a trop de «fassad» (corruption, dysfonctionnement, prévarication). Quand le Souverain évoque dans son discours historique la reddition des comptes, il parle des responsabilités de la Cour des Comptes qui doit remplir ses missions de suivi et d’évaluation des projets publics. 

Et les partis politiques?

Le Roi met également le doigt sur la nécessité, pour les partis politiques, d’assurer leur rôle, ainsi que toutes les institutions, en tête, bien entendu, l’institution législative, surtout concernant le volet contrôle.

De quoi ont besoin les Marocains, aujourd’hui?

SM le Roi l’a nettement dit dans son Discours devant le Parlement. Les Marocains, a-t-il souligné, ont besoin de développement équilibré et équitable, garant de la dignité de tous et générateur de revenus et d’emplois, notamment au profit des jeunes.

SM le Roi accorde un intérêt particulier aux jeunes…

SM le Roi a parlé des jeunes, de leur intégration et de leur formation professionnelle. Autant de messages clairs et, le plus important, c’est qu’ils adhérent, s’intègrent et participent à l’élaboration des politiques publiques à travers le Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative. Pour le Souverain, «la jeunesse représente notre véritable richesse, loin d’être un frein au développement, elle en constitue le moteur».

Que faire concrètement pour les jeunes ?

SM le Roi a évoqué la nécessité d’intégrer les jeunes dans l’emploi et la lutte contre le chômage. L’intérêt qu’il faut accorder aux jeunes, d’une façon générale, c’est la mise à niveau d’urgence de certaines institutions. Il s’agit là de messages clairs qui nous intéressent et nous interpellent tous en tant que parlementaires.

D’autres pôles d’intérêt du Souverain?

SM le Roi a également évoqué les volets santé, éducation nationale, qualification, formation, emploi et la vision 2030. Nous sommes tous intéressés par ce Discours et nous nous devons d’assurer notre rôle en tant que tels, que ce soit par le biais de projets de lois ou par les amendements que nous pourrions apporter aux projets proposés par le gouvernement.

Et le séisme politique?

Bien entendu, quand SM le Roi a évoqué le traitement des maux dont souffrent le pays et le traitement «Wa kafa» (Ça suffit), en veillant à rectifier les erreurs commises et à corriger les dysfonctionnements constatés, le Souverain a appelé «tout un chacun à faire preuve d’objectivité en appelant les choses par leur nom, sans complaisance, ni fioriture, en proposant des solutions innovantes et audacieuses, quitte à s’écarter de méthodes conventionnelles appliquées jusqu’ici ou même à provoquer un véritable séisme politique».

Bien sûr, corruption et prévarication tirent toujours vers le bas et, pour changer la réalité, il y a lieu d’arracher quelques racines lors de cette opération de «déracinement». Il y a risque de séisme politique. Sont concernés les partis politiques, de hautes personnalités…

Les relations avec l’Afrique…

De plus en plus fortes. SM le Roi a annoncé dans son Discours la création d’un ministère délégué auprès de celui des Affaires étrangères, chargé des Affaires africaines, plus particulièrement de l’investissement, ainsi que la mise en place de deux cellules de suivi, l’une au ministère de l’Intérieur et l’autre au ministère des Finances.

Interview réalisée par Mohammed Nafaa

Et ils ont déclaré à propos du Discours royal prononcé devant le Parlement…

Abdelhamid Fatihi, Conseiller de l’USFP : Un Discours très fort dans ses quatre axes

«Le Discours royal à l’ouverture de la première session de la deuxième année législative était très fort dans ses quatre axes. Le premier, c’est le rappel royal du Discours de la fête du Trône, en relation avec la reddition des comptes, que cela allait suivre sa trajectoire normale dans cette orientation. Le deuxième axe concerne la mise en place d’un nouveau modèle de développement à travers la participation de tous les intéressés et parties concernées. Le troisième axe concerne la chartre de la décentralisation administrative et régionale et la rapide mise en application de la régionalisation avancée. Le quatrième et dernier axe a trait à la jeunesse et son emploi qui passe par la mise en œuvre de la Constitution et le Conseil national de la jeunesse.

SM le Roi a également mis l’accent sur la nécessité de faire en sorte que les institutions du pays, que ce soit le pouvoir législatif ou celui exécutif, assument la responsabilité concernant tous ces axes et tous les parcours de développement et les grands projets, pour créer le développement, la richesse et les opportunités d’emploi».

Amal El Amri, Présidente du groupe UMT à la Chambre des Conseillers : Une feuille de route pour affronter l’ensemble des défis

«Je considère que le Discours royal devant le parlement est une feuille de route pour affronter l’ensemble des défis que connaît notre pays au niveau du développement intégré. Le Discours de SM le Roi Mohammed VI comportait des messages importants, aussi bien au gouvernement qu’au parlement, pour ce qui a trait à la révision du programme de développement de notre pays, pour arriver à intégrer de larges couches de la société, plus particulièrement les jeunes.

Au niveau de la responsabilité qu’assument ceux qui sont à la tête de l’administration publique, la reddition des comptes doit être appliquée et concerner ceux d’entre eux qui sont responsables de dysfonctionnements à même d’altérer le modèle de développement de notre pays.

Il s’agit là d’un discours très important. Il importe donc que le gouvernement et l’institution législative assument pleinement leurs rôles respectifs en instaurant, pour ce qui est de l’Exécutif, des politiques publiques pour le bien des couches vulnérables et de l’ensemble du peuple marocain et, pour ce qui est du Législatif, en assurant son rôle de contrôle et d’évaluation des politiques publiques.

En ce qui nous concerne, en tant que représentants du mouvement syndicaliste, il nous incombe d’insuffler le caractère social sur toutes les politiques publiques, pour permettre à notre pays d’affronter les défis. Bien entendu, la jeunesse a occupé une place de choix dans le Discours royal».

Aïcha Lablaq, Présidente du groupe parlementaire du PPS : Un moment politique très fort

«Nous considérons, pour ce qui est de notre groupe, que le Discours royal revêt une importance majeure. Il s’agit aussi d’un moment politique très fort qui sera très suivi par l’opinion nationale, citoyennes et citoyens.

Le Discours royal est également considéré comme une feuille de route du fait d’avoir appelé l’ensemble des parlementaires à faire face à leurs responsabilités, à côté d’autres institutions, dans une approche participative, pour fournir les réponses adéquates et relever les défis à l’aide d’un projet à même de répondre aux aspirations des Marocains».

Noureddine Modyane, Président du groupe PI à la Chambre des représentants : Importantes directives pour l’emploi et le développement

«Le Discours royal est considéré par les Marocains comme une réelle feuille de route, pour une année législative complète qui englobe un certain nombre de Directives royales. Plus particulièrement pour ce qui a trait à la responsabilité, par rapport au développement intégré et la reddition des comptes. Ainsi que par rapport au grand chantier de la régionalisation qui n’est pas, comme a dit SM le Roi, affaire de simples lois. Cette responsabilité doit être mise en œuvre sur le terrain, à travers des projets de développement à même d’éponger le chômage et de répondre aux attentes de la société marocaine.

Le Discours royal a également consacré une place de choix à la jeunesse marocaine et son importance dans le développement du pays, de même que le système éducatif qui souffre d’une précarité claire qu’il est impératif de revoir, pour en faire un enseignement capable de créer de la valeur ajoutée dans les domaines de l’emploi et du développement».

Lahcen Haddad, député du PI : Le Discours appelle à ce que nous réinventions un modèle de développement

«C’est un discours qui est très fort et qui a, de ce fait, mis le doigt sur nombre de dysfonctionnements en matière de modèle de développement. Il appelle à ce que nous réinventions un modèle de développement avec de nouvelles approches et visions. Il appelle également à déterminer les responsabilités. Il faut aussi qu’il y ait la reddition des comptes par rapport à ceux qui ont assumé un rôle, sur ce qu’ils ont fait ou ce qu’ils n’ont pas fait. Tout cela par souci de ne pas laisser les gens derrière, quand il y a le développement du pays; parce qu’il y a réellement un développement  et aussi une certaine avancée et une croissance. Il y a des couches de la société qui n’en bénéficient pas, malheureusement. Le seul moyen de le faire, c’est de cibler ces populations et c’est un peu le cas par rapport à la jeunesse qui est une couche importante. Dans ce cas, il faut la cibler et avoir une politique de jeunesse bien intégrée et bien faite».

Propos recueillis par M. Nafaa

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