Horst Köhler laisse un goût d’inachevé

Horst Köhler a passé vingt mois en tant qu’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara. Période durant laquelle il a tenté d’insuffler une dynamique nouvelle au processus de règlement du conflit autour du Sahara.  

Mercredi 22 mai 2019, les Nations Unies ont annoncé la démission, pour des raisons de santé, de l’émissaire onusien pour le Sahara, Horst Köhler. Sa nomination, en août 2017 était intervenue dans un contexte délicat, caractérisé par le blocage du processus pour le règlement du conflit autour du Sahara, depuis 2012 (pourparlers de Manhasset). La volonté de Köhler de jeter un pavé dans la mare trouve son origine dans le fait qu’Antonio Guterres, en sa qualité de nouveau SG de l’ONU et de grand connaisseur du dossier, souhaite que ce dernier soit résolu sous son mandat. 

La particularité de Horst Köhler

Fort d’une expérience considérable au sein du gouvernement allemand et expert reconnu auprès d’organisations internationales, Horst Köhler a réussi le premier pari de remettre le processus politique pour le règlement du différend autour du Sahara sur les rails. C’est dans cette optique qu’il a organisé, en décembre 2018, une première table ronde à Genève, à laquelle il a convié les parties au conflit (Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario). Cette réunion initiale a été suivie d’une seconde table ronde tenue, en mars 2019, toujours en Suisse, sous l’égide des Nations-Unies. A l’issue de cette 2ème table ronde, Horst Köhler a reconnu que la tâche n’était pas facile et qu’il ne fallait pas s’attendre à un résultat rapide, car les positions divergeaient toujours fondamentalement. Par ailleurs, Köhler a affirmé que «des efforts réels sont nécessaires pour créer la confiance nécessaire pour progresser». L’émissaire onusien a, en outre, encouragé les parties à explorer des gestes de bonne foi et des actions concrètes qui vont au-delà de la table ronde, avant d’annoncer la tenue d’une troisième rencontre au cours de l’été 2019.     

Horst Köhler, dont la mission a été marquée par une volonté de déblocage, voulait visiblement mettre en avant l’enjeu économique et l’intérêt pour la région du Maghreb de tirer profit de ses potentialités de coopération, pour pousser les parties à trouver un terrain d’entente et clore définitivement ce dossier qui n’a que trop duré.  Dans la «Déclaration de Genève sur le Sahara», signée en décembre 2018, les délégations présentes ont reconnu que la coopération et l’intégration régionales, plutôt que la confrontation, constituent les meilleurs moyens de relever les nombreux et importants défis auxquels la région est confrontée.

Mohcine Lourhzal

Horst Köhler visite les provinces du sud  

En juin 2018, Horst Köhler a effectué une tournée dans la région. Lors de cette tournée, l’Envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara a eu à visiter Laâyoune, Smara et Dakhla. Sa précédente tournée s’est limitée à la capitale, Rabat. C’était l’occasion pour l’émissaire d’évaluer les projets de développement en cours dans la région.

Mais aussi des faux pas…

En janvier 2019, Horst Köhler a rencontré des responsables de l’Union Africaine (UA), dans le cadre de sa volonté d’impliquer l’UA dans le dossier du Sahara. Il a cherché à élargir l’implication dans ce dossier d’autres parties. Or, le dossier du Sahara est devant l’ONU et relève de sa compétence exclusive. Sur ce point, le Maroc n’a pas manqué de réagir. Saisissant sa participation à la première table ronde de Genève en mars 2019, le Royaume a clairement signifié à Köhler son refus de tout rôle de l’UA, de l’UE, ou d’autres parties, dans le processus de règlement de ce conflit. Cette position a été confirmée et approuvée par les participants à la conférence ministérielle africaine sur l’appui de l’UA au processus onusien concernant le Sahara, tenue fin mars 2019 à Marrakech. Confirmée également par l’UA elle-même, lors de son 31ème Sommet tenu en Mauritanie, début juillet 2018.

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