Biden élu Président | Quelles relations avec le Maroc ?

Biden élu président des Etats-Unis

Joe Biden a été élu, samedi 7 novembre 2020, 46ème président des Etats-Unis, l’emportant face à Donald Trump et mettant ainsi fin à une séquence politique inédite qui a secoué l’Amérique et le monde.

Il reste les accusations de fraude du Président sortant et ses nombreux recours à la justice, mais tous les observateurs s’accordent à dire que l’écart des voix, à l’avantage de Joe Biden, est trop grand pour remettre en cause son élection.

Les yeux du monde sont actuellement tournés vers la Maison Blanche, sise au1600, Pennsylvania avenue, à Washington. Et pour cause, la transition entre le président républicain sortant Donald Trump et le futur occupant au Bureau ovale, promet d’être électrique, au vu du refus de Trump d’admettre sa défaite. De son côté, Joe Biden peaufine déjà son plan d’action qu’il compte appliquer une fois qu’il aura pris officiellement ses fonctions de président des Etats-Unis, le 20 janvier 2021. 

Biden semble déjà avoir un programme bien défini. La lutte contre la pandémie due au nouveau Coronavirus (Covid-19) qui continue de se propager à grande vitesse dans l’ensemble des Etats américains, figure en tête de ses priorités. En matière de politique étrangère, Biden promet de «réparer les pots cassés». Il s’engage ainsi, à rejoindre l’accord de Paris et améliorer les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et leurs alliés traditionnels. Le futur président des Etats-Unis, promet également des mesures économiques et sociales pour à la fois, relancer l’économie américaine, mais aussi réinvestir dans les programmes sociaux. Joe Biden, veut unir alliés et partenaires pour relancer la coopération internationale. Il entend aussi mettre un terme aux engagements militaires américains en Afghanistan et au Moyen-Orient.

S’agissant des relations entre les Etats-Unis et le Maroc, sous l’ère Biden, la plupart des analyses convergent pour dire qu’entre Rabat et Washington les relations diplomatiques et amicales qui unissent les deux pays ne seront pas affectées.

Les prochains mois ne seront pas de tout repos pour l’ancien vice-président démocrate qui a déjà annoncé son plan d’action pour, dit-il, «réparer les pots cassés et unifier l’Amérique». Joe Biden tiendra-t-il ses promesses de campagne? Seul l’avenir nous le dira.

A quoi ressemblera la politique étrangère des Etats-Unis post-Donald Trump et quel impact de l’élection de Joe Biden sur les relations entre Rabat et Washington? 

Depuis l’annonce de sa victoire à la présidentielle américaine, le 7 novembre 2020, l’attention du monde est tournée vers les changements que le nouveau Président américain Joe Biden, pourrait opérer dans les dossiers étrangers de son pays. Bien que le futur 46ème locataire de la Maison Blanche ait annoncé la couleur en affirmant qu’il allait être le président de tous les Américains et que sa politique sera axée principalement sur le rassemblement et l’apaisement des tensions, plusieurs questions restent en suspens, notamment en ce qui concerne la future position des Etats-Unis par rapport aux dossiers pressants.

Pour le Maroc, il y a le dossier du Sahara, et de manière plus globale, l’avenir des relations bilatérales entre Rabat et Washington, sous l’ère du président démocrate.   

La prudence est de rigueur

A l’instar d’autres pays du monde, le Royaume suit de près les développements politiques en cours aux Etats-Unis, à la lumière du retour du camp démocrate à la Maison Blanche. L’expérience a montré que le Maroc a eu plus de difficultés à traiter avec les démocrates qu’avec les républicains. Bill Clinton, dont le mandat présidentiel a duré huit ans (1993-2001), a été une exception du fait de la relation personnelle qu’il entretenait avec Feu SM Hassan II et la famille Royale. Néanmoins, la complexité institutionnelle du système américain empêche de prévoir avec exactitude de quoi sera faite la politique étrangère de Joe Biden vis-à-vis du Maroc. Ce qui est sûr c’est que la coopération maroco-américaine s’est considérablement renforcée ses dernières années, surtout durant le mandat du président républicain sortant, Donald Trump. Certains observateurs et spécialistes des relations internationales, estiment que sous l’ère de Joe Biden, les réseaux hostiles aux intérêts du Maroc pourraient s’activer davantage dans l’objectif d’entraver le processus de règlement du conflit du Sahara, en utilisant la carte d’une soi-disant surveillance des droits de l’Homme dans les régions du Sud du Maroc. L’autre risque majeur lié à l’élection de Biden à la présidence des Etats-Unis, serait que  les futures résolutions du Conseil de sécurité sur le Sahara, soient complaisantes à l’égard des séparatistes et de leurs thèses fallacieuses et obsolètes véhiculées par le Polisario avec le soutien de la principale partie à ce conflit, l’Algérie. La crainte d’une période de flottement de Washington concernant le dossier du Sahara n’est donc pas exclure. Pas plus que des tentatives de pression sur la nouvelle Administration américaine, sachant que les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume voudront, comme l’expliquent certains analystes politiques, profiter du fait que ce sont les Etats-Unis qui rédigent habituellement les résolutions du Conseil de sécurité sur la situation au Sahara, en tant que «pent holder» desdites résolutions.

Il y a lieu de rappeler que c’est sous le mandat de Donald Trump (parti républicain), que l’affaire du Sahara a été reconnue comme un conflit régional, et le rôle de l’Algérie spécifiquement évoqué, en plus de l’exclusion des récentes résolutions du Conseil de sécurité, d’une  quelconque référence au référendum au Sahara. Même si au début du mandat des républicains à la Maison Blanche, l’administration américaine n’avait pas cédé à la pression exercée par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale John Bolton, qui avait soutenu la tenue dudit référendum. Bolton était même considéré comme un défenseur, un soutien invétéré du Polisario, avant qu’il ne soit limogé en 2019 par Trump, en raison de  divergences sur des dossiers majeurs».

Aussi, les dernières lois de finances américaines, dans leur rubrique dédiée aux Fonds de coopération extérieure, ont toutes confirmé la souveraineté du Maroc sur ses provinces du sud, et ce, en reconnaissant que ces Fonds pouvaient être utilisés pour le développement des régions du Sud sur un pied d’égalité avec le reste des régions et villes marocaines.

Ce qui renforce l’expectative quant à la manière avec laquelle l’administration Biden traitera le dossier du Sahara, c’est qu’en 2013, sous la présidence Obama, les Etats-Unis avaient tenté d’étendre les pouvoirs de la Minurso pour y inclure la surveillance des droits de l’homme au Sahara. Le Maroc, qui a lui-même une forte représentation du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) dans les provinces du sud, avait alors annoncé d’un ton ferme, son rejet catégorique de toute tentative visant à modifier la nature du mandat de la Minurso.

La positive attitude du Maroc à l’égard des USA 

Toutefois, certaines voix rappellent qu’entre le Maroc et les USA, les relations amicales et la coopération multiforme ne datent pas d’aujourd’hui. Les liens ancestraux qui unissent Rabat et Washington ne peuvent donc pas être affectés du fait d’un simple changement de locataire à la Maison Blanche, sachant qu’en matière de politique extérieure et de défense, le Congrès est aussi un acteur essentiel.

En outre, le futur président des Etats-Unis  Joe Biden, connait bien le Maroc.

En novembre 2014, Joe Biden a participé au Sommet Mondial de l’Entreprenariat organisé à Marrakech. Cette cinquième édition du Sommet a été annoncée à l’occasion de la visite de SM le Roi Mohammed VI aux Etats-Unis une année auparavant. Visite durant laquelle, le Souverain avait été reçu par le président Barack Obama à la Maison Blanche. Dans un discours qu’il a prononcé à l’occasion dudit Sommet, alors qu’il était Vice-président des Etats-Unis, Joe Biden avait mis en évidence la solidité des relations privilégiées maroco-américaines. «Ce que beaucoup de gens ne comprennent pas, c’est que le Maroc a une place particulière dans le cœur des Américains. Le Maroc est le premier pays au monde à avoir reconnu l’indépendance des Etats-Unis il y a 270 ans. En décembre 1777, je suis venu vous remercier pour cette reconnaissance», avait-il dit. Avant de quitter le Maroc, Biden avait été reçu par SM le Roi au Palais Royal de Fès. Les discussions entre Sa Majesté et Biden, ont porté sur le renforcement du partenariat stratégique qui lie les deux pays et qui puise sa force dans ses fondements historiques, son socle de valeurs partagées et sa capacité d’adaptation et de renouvellement. Les entretiens ont également porté sur la question du Sahara, ainsi que sur des sujets d’intérêt commun d’ordre régional et international.

Le Maroc a toujours constitué pour les Etats-Unis, la meilleure position avancée pour la défense de l’Europe, du Proche-Orient et de l’Afrique. Le rôle de premier plan que joue le Royaume dans le domaine sécuritaire au niveau régional est d’autant plus décisif face aux menaces sécuritaires auxquelles le monde est confronté. 

Mohcine Lourhzal

Sommet de l’entreprenariat 2014 

Le geste du Maroc qui a ému Joe Biden

Joe Biden Maroc Sommet De L’entreprenariat 2014

Au terme de la visite officielle qu’il a effectuée en 2014 et durant laquelle il a pris part au Sommet Mondial de l’Entreprenariat à Marrakech, Joe Biden a eu droit à un présent auquel il ne s’attendait vraiment pas et qui a suscité son émotion et son admiration pour le Maroc. Au moment où il s’apprêtait à embarquer à bord de l’avion qui allait le ramener aux Etats-Unis, Biden a été agréablement surpris, par un chaleureux «Happy birthday to you», à l’occasion de son 71ème anniversaire, joué par l’Orchestre des Forces Royales Air. Un geste d’une belle élégance qui vient d’un pays réputé pour son sens d’accueil et d’hospitalité.

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