mercredi 22 janvier 2020

Une liaison fixe Maroc-Espagne ?

detroit-gibraltar

Le projet de liaison fixe Maroc-Espagne revient…

Le projet de liaison fixe entre le Maroc et l’Espagne est de nouveau sur la table, selon Abdelaziz Rabbah, ministre de l’Equipement et du Transport. Détails dans cet entretien.

Aziz rebbah ministre quipement maroc

Vous avez hérité d’un dossier très important, à savoir le projet grandiose de liaison fixe entre le Maroc et l’Espagne à travers le détroit de Gibraltar. C’est un chantier qui revient sur la table après une longue absence.

Nous avons effectivement repris en main ce dossier. La SNED (Société Nationale d’Etudes du Détroit de Gibraltar) s’y active. Actuellement, nous avons désigné le président de la société. Nous avons aussi dessiné les contours d’un programme et nous voulons aller plus loin. Je crois que le détroit de Gibraltar n’est pas lié uniquement à la liaison fixe, sachant que celle-ci est un projet structurant qui demande énormément d’études, d’efforts et surtout beaucoup de financements.

Que faut-il faire alors?

Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est travailler d’une manière plus large sur toutes les activités que nous pouvons développer à travers le détroit de Gibraltar.

Quelles activités?

Il y a beaucoup d’activités économiques, commerciales, touristiques et de recherche scientifique qu’on peut développer. C’est pourquoi nous voulons élargir le rôle de la société SNED et de la société espagnole pour aller plus loin vers toutes les activités et toutes les études qui pourraient intéresser le détroit de Gibraltar.

La liaison fixe est donc toujours à l’ordre du jour?

Elle l’est toujours et peut-être plus qu’avant. Le chantier demande beaucoup d’efforts. Disons que c’est un dossier repris.

Est-ce que le Maroc projette d’associer d’autres Etats à ce projet structurant?

Disons qu’aujourd’hui, le projet est entre le Maroc et l’Espagne. Cependant, il ne faut pas perdre de vue qu’il est suivi par l’Union Européenne et l’Union pour la Méditerranée, ainsi que par nombre d’organisations internationales, avec en tête les Nations Unies. Donc, c’est un dossier qui est suivi de très près et intéresse pas mal de monde. Mais, il a besoin de beaucoup d’efforts et nous comptons trouver le meilleur moyen pour le garder toujours à l’ordre du jour.

Allez-vous le remettre illico sur la table?

Pas lors de cette rencontre économique Maroc-Espagne, mais assurément lors de prochaines réunions entre les deux Royaumes.

Cette rencontre économique Maroc-Espagne renforce les relations de coopération entre les deux pays ?

Vous savez, entre le Maroc et l’Espagne, il y a une tradition de coopération depuis des décennies. Elle s’est renforcée par le discours Royal qui avait fait référence à cette coopération. Avec l’avènement des gouvernements respectifs du Maroc et de l’Espagne, nous avons encore activé la coopération, insufflé une nouvelle dynamique et mis en place un cadre facilitateur de cette coopération.

Et sur le plan sectoriel?

Nous avons moult conventions que nous nous activons à mettre en œuvre dans les domaines ferroviaire, du transport terrestre, maritime et aérien ; et à en ajouter d’autres pour faciliter la connectivité entre le Maroc et l’Espagne. Cette rencontre économique entre nos deux pays (16 juillet 2013) est venue renforcer cette coopération et y insuffler une nouvelle dynamique, plus particulièrement dans le domaine du transport et des infrastructures.

Cette rencontre intervient, faut-il le rappeler, dans un contexte de crise internationale qui n’épargne personne…

Vous savez, quand on parle de crise, cela veut dire qu’il y a des opportunités qui sont ratées et d’autres qui sont offertes. Donc, dans toute crise économique, il y a les points positifs.

Marocains et Espagnols ont donc besoin d’œuvrer ensemble pour sortir de la crise ?

Dans ce contexte de crise économique mondiale, les économies sont en train de se réformer, de chercher d’autres horizons, d’autres partenaires aussi, parce que -quand même!- la cartographie économique mondiale est en train de connaître l’émergence de nombre d’acteurs. Donc, nous avons intérêt à travailler ensemble, Marocains et Espagnols, pour aller chercher des partenariats, de nouvelles niches et d’autres opportunités.

Tout le monde est aujourd’hui convaincu qu’on ne peut pas travailler seul…

En effet, il y a aujourd’hui ce qu’on appelle les «Alliances des économies», les «Alliances des infrastructures des entreprises» et pas uniquement les coopérations classiques. C’est pourquoi il faudrait aller plus loin vers ce qu’on appelle des Alliances stratégiques.

Que pensent les Espagnols du Maroc?

Ils sont convaincus que le Maroc est un allié privilégié et vice-versa. De notre côté, nous sommes convaincus que notre pays pourra compter sur l’Espagne. D’après les conventions et les projets que nous voulons lancer ensemble, on perçoit une volonté réelle pour aller ensemble plus loin, avoir notre place dans la carte économique mondiale et être des acteurs influents, sachant que le Maroc, avec son économie, est un pays émergeant qui va s’imposer dans les années à venir.

A votre avis, qu’est-ce qui attire le plus les entreprises espagnoles au Maroc?

Ils ont bien remarqué la stabilité politique et la sécurité dont jouit le Royaume, «Hamdou-lillah». Le modèle marocain se confirme de plus en plus, surtout quand on voit ce qui se passe dans nombre de pays. Donc, le modèle marocain, qui est basé sur la concertation, le consensus, le changement progressif, serein et intelligent et la stabilité dans la continuité, inspire nombre de pays, dont l’Espagne.

D’autres atouts ?

Bien sûr, il y a la visibilité: les hommes d’affaires (espagnols) voient aujourd’hui clair. Dans le domaine du transport et dans d’autres, nous avons des programmes pour les 25 ou 30 années à venir. Il y a une visibilité et, bien sûr, ils voient que c’est un marché à ne pas rater, sachant qu’ils ont à leur actif une très grande expérience en la matière dont nous pourrons bénéficier… Ils voient donc qu’ils doivent consolider leur place, sachant que l’Espagne est aujourd’hui le premier investisseur au Maroc. Je crois qu’ils veulent continuer à l’être et à développer leur place chez nous.

Le Maroc peut être aussi pour l’Espagne un tremplin pour d’autres marchés, africains d’abord?

Oui. Espagnols voient que, lorsqu’ils accèdent au marché marocain, ils accèdent automatiquement au marché voisin et là, je fais référence au marché africain; le marché arabe aussi. Les Espagnols sont intelligents, ils ne vont pas aller chercher des opportunités plus loin, sachant que des opportunités s’offrent à eux, tout près d’eux.

Quelles relations à venir entre les entreprises des deux pays?

Nous sommes très intéressés par leurs expériences et nous voulons aller plus loin encore en créant une joint-venture entre les entreprises marocaines et espagnoles; aller plus loin, ensemble, pour avoir notre part dans les marchés régionaux et internationaux.

 

Tunnel ferroviaire
Une voie directe entre deux continents

 

Le projet de liaison fixe entre le Maroc et l’Espagne à travers le détroit de Gibraltar ne date pas d’hier. Il vient d’être remis sur la table.
Cette jonction est d’autant plus importante que sa réalisation permettrait d’établir un lien direct entre deux continents, l’Europe et l’Afrique. Car, d’une part, elle mettrait en place un moyen de transport plus rapide que le bateau et moins coûteux que l’avion. D’autre part, elle renforcerait la coopération économique entre le Maroc et l’Espagne. A une échelle plus grande, elle favoriserait les échanges entre l’Europe et l’Afrique.
Une étude technique a mis en exergue le choix d’un tunnel ferroviaire, similaire au tunnel sous la Manche. Les études réalisées, qui auraient coûté jusqu’à 2007 quelque 30 millions de dollars, avaient estimé que le projet pouvait être réalisé à l’horizon 2015.

 


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