samedi 19 août 2017

Patronant : un deuxième mandat pour Miriem Bensalah

Election de miriem bensalah a la tete du patronat maroc mai 2015

Miriem Bensalah Chaqroun vient d’être réélue à la présidence du patronat avec 98,47% des voix. Un triomphe !

C’est parti pour le second mandat de Miriem Bensalah Chaqroun à la tête du patronat marocain. Ce mardi 12 mai, la première femme élue à la présidence de la Confédération générale des entreprises marocaines (CGEM) a réussi la prouesse de décrocher 2.892 voix sur 2.937 suffrages exprimés durant l’Assemblée générale ordinaire et élective à Casablanca. L’événement a connu la participation d’un nombre très important d’entreprises membres de la Confédération, de Casablanca et des régions, ainsi que la présence de membres du gouvernement, des secrétaires généraux des syndicats et des patrons d’organismes publics. L’Assemblée générale a également élu Mohamed Talal, directeur général de «La Voie Express» spécialisée dans le secteur du transport, au poste de vice-président général du patronat.
Miriem Bensalah Chaqroun est la présidente sortante et elle briguait un second mandat. Quant au futur vice-président, il a été jusque-là président de la Commission logistique au sein de la CGEM. Au total, le binôme Bensalah-Talal a reçu 911 lettres de soutien, dont 567 provenant des régions, alors que parmi les documents exigibles pour le dossier de candidature, le binôme-candidat devrait produire seulement 100 lettres de soutien de membres de la CGEM, à jour de leur cotisation, dont 30 provenant des régions.

Qui est la nouvelle patronne des patrons ?

Elle n’est plus à présenter, mais un bref rappel de son parcours montre de quel solide background dispose Miriem Bensalah Chaqroun, qui est régulièrement citée par Forbes Middle-East parmi les femmes les plus influentes du monde arabe. Avec un M.B.A (Master of business and administration) en Management et Finance Internationale, elle entame sa première expérience professionnelle de 3 ans dans la banque. Ensuite, elle intègre le groupe familial Holmarcom qui emploie plus de 5.000 personnes, en qualité d’administrateur. Elle prend parallèlement les commandes de la société les Eaux Minérales d’Oulmès, filiale du groupe familial Holmarcom fondé par son père Abdelkader Bensalah, figure de la lutte pour l’Indépendance. Elle forme un tandem efficace avec son frère Mohamed à la tête d’Holmarcom depuis 1993. D’ailleurs, ils sont parvenus à transformer les Eaux Minérales d’Oulmès en leader de son secteur. Elle est également membre du Conseil d’Administration de Bank Al-Maghrib dont elle préside le Comité d’Audit. Elle est Administrateur de l’Université Al Akhawayn et préside le Conseil Euro-Méditerranéen pour la Médiation et l’Arbitrage (CEMA).
En 2009, SM le Roi Mohammed VI a nommé Miriem Bensalah Chaqroun Commissaire de la Journée de la Terre. Par ailleurs, la présidente réélue est membre de plusieurs Conseils d’administration dont celui d’Eutelsat (troisième opérateur mondial de communication par satellite).
Il faut savoir que Miriem Bensalah Chaqroun est la première femme à être élue à la tête du patronat marocain en mai 2013. L’actuelle présidente a fait de ce dernier un partenaire incontournable du gouvernement de Benkirane. Elle a donné à la CGEM un poids plus politique, avec une présence dans la majorité des dossiers économiques chauds. Depuis sa nomination, elle s’est engagée à faire de la CGEM «un patronat dynamique et participatif, véritable acteur dans la conception et la mise en œuvre des politiques de développement économique du pays». Par ailleurs, Miriem Bensalah Chaqroun était à l’origine de l’étude, lancée par le CGEM, pour la mise en place d’un modèle de partenariat gagnant-gagnant entre les grandes entreprises et les petites et moyennes entreprises (GE/PME). Sous son mandat, le patronat a également travaillé avec le gouvernement pour réformer la loi sur les délais de paiement pour qu’elle soit adaptée au tissu économique national et qu’elle englobe également la commande publique. Aussi, la Confédération a-t-elle œuvré pour la simplification des procédures administratives à travers la mise en place d’un Identifiant commun de l’entreprise (IPE). La CGEM a travaillé d’arrache-pied pour libérer les Contrats spéciaux de formation de l’impasse dans laquelle ils étaient et le résultat est qu’aujourd’hui, les PME/PMI peuvent à nouveau se faire rembourser les frais de la formation de leurs employés. «Le travail accompli au cours du mandat qui s’achève s’est articulé sur des actions correctives, pour dépasser les aléas de la conjoncture, mais également des actions de fonds pour impulser le changement», a-t-elle relevé, notant que le Maroc a besoin d’entreprises fortes, compétitives et connectées à leur environnement local et international.
Les grands chantiers qu’elle a ouverts devaient être poursuivis. Ayant l’appui de tous, au sein de la CGEM (en atteste son score), elle ne pouvait quitter la barque au milieu du gué.

Axes du programme 2015-2018

«Notre plan d’action s’inscrit dans la continuité du précédent, mais avec des ambitions supplémentaires fortes», a précisé Miriem Bensalah Chaqroun, ajoutant que son programme est porté par une vision claire visant à renforcer les entreprises et leur permettre d’ancrer leur contribution au développement de la société marocaine à travers ses dimensions économiques et sociales. La patronne du CGEM élue pour un nouveau mandat compte relever plusieurs défis durant sa seconde manche. Dans ce sens, un programme pour la triennale 2015-2018 a été élaboré. Il comporte 7 axes déclinés en 26 mesures prioritaires. Le binôme Bensalah-Talal s’engage sur l’amélioration de la compétitivité de l’entreprise. La compétitivité «tiendra une place primordiale dans l’agenda de la CGEM au cours des trois prochaines années», a fait savoir Bensalah Chaqroun. A cet effet, il faudra encourager l’investissement industriel et l’innovation, réduire le poids de l’énergie, renforcer les normes et lutter contre la contrebande. Le binôme devra aussi créer le «Club des bons payeurs» pour inciter les entreprises à accélérer le délai de paiement. Le patronat plaidera également pour la flexibilité responsable du travail. A cet égard, la Confédération propose la mise en place du contrat de travail à temps partiel (CTTP) qui permettra à de nouvelles industries de mieux gérer leurs salariés en adaptant les contrats de travail à leurs réalités industrielles. S’agissant de la croissance, la présidente de la CGEM estime qu’il faudra aller la chercher avec force dans le marché local en créant de nouvelles chaînes de valeur où les PME/PMI seraient arrimées aux grandes entreprises et en donnant davantage sa chance à l’entreprise de Droit marocain dans la commande publique.
A titre de rappel, la CGEM est une association privée, créée en 1947 et regroupant les entrepreneurs du Maroc. La Confédération représente des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs sur l’ensemble du territoire marocain.

Anas Hassy

Voir aussi

Voyage… Ces jeunes qui bousculent les habitudes…

Diplôme en poche, nouveau boulot, les moins de 35 ans bousculent les habitudes et, surtout, …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du Reporter

Pour recevoir les dernières actualités et mises à jour de notre équipe.

Félicitations vous êtes bien inscrit(e) !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.