dimanche 23 juillet 2017

Golfe : Trump libère Riad

Depuis que Barak Obama, l’ancien président des Etats-Unis, avait basculé sa stratégie géopolitique du Moyen-Orient vers le Pacifique, la course au leadership a été ouverte.

Trois candidats se sont mis en course: l’Iran, la Turquie et l’Arabie Saoudite. L’Amérique, devenue le premier producteur mondial du pétrole, n’avait, apparemment, plus de raison de ménager les pays du Golfe, en particulier l’Arabie Saoudite, au parcours ambigu dans la guerre au terrorisme.

Les tensions se sont avivées dans cette région explosive. L’Iran chiite veut s’imposer devant l’Arabie Saoudite sunnite et Erdogan, le président turc, est occupé, pour le moment, à asseoir son pouvoir hégémonique sur son peuple.

Le Qatar, quant à lui, veut exister en devenant, si possible, la Suisse du Moyen-Orient.

Mais, si la Suisse entretient de bonnes relations avec les puissances qui l’entourent, elle prend garde que ces relations restent au niveau des contacts courtois, sans laisser prise à un engagement quelconque.

Le Qatar, par contre, va trop loin dans cette recherche, particulièrement avec l’Iran et divers organismes, comme les Frères Musulmans ou encore le Hamas.

L’Arabie Saoudite, depuis l’accord nucléaire Iran/USA, voit d’un mauvais œil le rapprochement Qatar/Iran.

L’élection de Trump à Washington a mis un frein au rapprochement Téhéran/Washington.

La visite du Président américain à Riad a confirmé la volonté de Washington de voir le leadership saoudien se confirmer. Est-ce une mauvaise interprétation des entretiens Trump/Salmane ben Abdelaziz Al Saoud? Toujours est-il que Riad a jugé le moment propice pour attaquer le Qatar dans ses relations avec l’Iran et d’autres.

L’émir du Qatar, le cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, reste muet et fait profil bas. Cette politique du silence vise à faciliter la mission de médiation de l’émir du Koweït, le cheikh Sabah Al-Ahmed Al-Sabah. Cette tactique d’évitement répond à la volonté de ne pas donner prise à ses adversaires, en espérant réunir suffisamment de soutiens à l’international, lui permettant une sortie de crise honorable. Ceci ne semble pas être dans l’objectif de Riad qui cherche à isoler tout pays du Golfe qui fraie avec l’Iran.

Dégâts collatéraux, la crise diplomatique du Golfe ravive les tensions entre l’Erythrée et Djibouti. En effet, vu la crise diplomatique, les troupes de médiation qataries ont quitté Ras Doumeira, la région frontalière que se disputent l’Erythrée et Djibouti, laissant les belligérants face-à-face.

Le Maroc, qui entend rester neutre, a proposé sa médiation. Dans cet esprit, Sa Majesté a envoyé, dans la région, un émissaire, Nasser Barita, son ministre des Affaires étrangères.

Riad, qui se considère conforté par «l’appui» du président américain, ne semble pas prêt, pour le moment, à une quelconque médiation.

Gabriel Banon

Économiste, géopoliticien

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