vendredi 24 novembre 2017

Evènements de Catalogne : Rejet mondial du séparatisme et cas du Sahara

Comment ne pas réfléchir au dossier du Sahara en suivant les évènements de la Catalogne, alors que par pur hasard de calendrier, la crise entre les séparatistes catalans et le gouvernement espagnol atteignait son pic au moment-même où était débattue la question du Sahara devant la 4ème commission de l’ONU ?

Des similitudes ? Des différences ? La réflexion va bien au-delà…

Ce qui est au cœur de la réflexion, aujourd’hui, non pas seulement en Espagne, ou au Maroc, mais aux quatre coins de la planète, c’est la question-même du séparatisme.

Jusque-là, les positions de la communauté internationale étaient à géométrie variable. Tout dépendait du pays dont il s’agissait, de sa puissance économique, de sa situation géographique, de l’intérêt géopolitique qu’il présentait… Et selon tel ou tel cas, était agité, tantôt le «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes», tantôt au contraire, le carton rouge de l’atteinte à la souveraineté de l’Etat.

Certes, il y a eu aussi des militants de bonne foi, défenseurs de libertés et d’autodétermination des minorités ethniques. Mais le recours au «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes» a plus souvent été une épée de Damoclès suspendue au-dessus des pays qu’on voulait tenir en respect.

Ce sont les grands de ce monde qui ont tracé des frontières arbitraires, selon leurs accords de partage des territoires, dispatchant parfois un même peuple sur quatre pays différents (le cas des Touaregs ou des Kurdes, par exemple). Et ce sont ces mêmes grands qui sont revenus plus tard prêcher le droit des peuples…

Les évènements de Catalogne ont le mérite de forcer la communauté internationale à une mise à plat du problème. Faut-il préserver l’unité de l’Etat-Nation ou laisser proliférer le séparatisme ?

Le fait que la question ait atteint cette acuité dans une grande démocratie comme l’Espagne oblige à un positionnement sérieux.

L’Europe est désarçonnée. Une chose est sûre, elle n’acceptera pas une république catalane en son sein. Les grandes puissances anglo-saxonnes ou asiatiques ne le sont pas moins. Aucun de ces Etats n’a soutenu les indépendantistes catalans … Et pour cause, encourager le séparatisme en Catalogne, c’est ouvrir la voie à tous les séparatismes déclarés ou latents de par le monde. Y compris chez les grandes puissances… Ouvrir donc la boite de Pandore…

Devant la 4ème Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui était réunie cette semaine et qui vient de clôturer ses travaux, tous les pays étaient conscients du problème. Nombreux sont ceux qui ont mis en garde contre le séparatisme. Notamment, côté Afrique et Amérique Latine, où l’on sait ce que le séparatisme signifie…

Le Maroc, qui combat depuis plus de 40 ans des velléités séparatistes créées et entretenues par le pouvoir algérien, et qui n’a eu de cesse de mettre en garde contre l’émiettement des Etats, a l’espoir d’être enfin compris.

Toujours est-il que plus personne ne peut défendre le séparatisme impunément. Par ailleurs, cette autonomie dont tout le monde loue le bienfondé aux Catalans en leur conseillant de s’en contenter, n’est-ce pas la même que le Maroc propose à ses séparatistes sahraouis ?

Au Maroc, en tous cas, on ne perd pas une miette de tout ce qui est dit des Catalans indépendantistes, tous les noms d’oiseaux dont est traité leur chef Puigdemont, toutes les positions de fermeté de Mariano Rajoy…

Tout cela et tout ce qui se dit aujourd’hui du séparatisme, dans le monde… est une onction sur la plaie ouverte du problème du Sahara.

BA

Omar Hilale devant la 4ème Commission : Ces phrases qui disent tout…

L’Ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a longuement et brillamment développé les positions du Maroc, devant la 4ème Commission de l’Onu. Lors de ses interventions, il n’a eu de cesse de marteler des vérités que seuls les détracteurs du Maroc ne veulent pas voir. Voici ses phrases les plus saillantes…

Algérie. «Le règlement de la question du Sahara sera avec l’Algérie ou ne le sera pas. Cette conviction «n’est pas celle du Maroc uniquement. Elle a déjà été affirmée par plusieurs Envoyés personnels du Secrétaire Général sur le Sahara, qui ont conclu que la solution de cette question n’est nullement à Tindouf avec le Polisario, mais à Alger et à Alger uniquement».

Séparatisme. «L’autodétermination aveugle et l’obsession du référendum, sont devenues les mamelles du séparatisme».

Autodétermination. «L’ancien Secrétaire Général de l’ONU, M. U Thant, avait bien mesuré les germes du séparatisme que recelait le principe de l’autodétermination, il y a près d’un semi siècle. Dans son discours visionnaire à Accra, en 1970, il avait déclaré que “ce concept n’est pas bien compris dans bien des régions du monde. L’autodétermination des peuples ne s’entend pas de l’autodétermination d’une partie de la population d’un Etat membre donné. Si le principe d’autodétermination s’applique à 10 différentes régions d’un Etat membre, ou à 5 différentes régions d’un Etat membre, ou à 20 différentes régions d’un Etat membre, alors je crains que le problème soit sans fin».

Intégrité territoriale. «Le Maroc réaffirme avec force son attachement irréfragable aux principes sacrosaints du respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale des pays. Comme il les défend avec conviction, corps et âme pour son Sahara, il se tiendra aux côtés de tous ceux qui les revendiquent pour leurs propres pays».

Résolution 1541. «Les critères de mise en oeuvre du principe de l’autodétermination, définis dans la résolution 1541 de l’Assemblée générale des Nations unies, ne s’appliquent nullement au Sahara marocain, qui est la continuité géographique du Maroc. Le principe 4 de la résolution 1541 stipule que l’autodétermination ne s’applique nullement à une partie ou une région d’un Etat souverain, membre de l’ONU, mais à des peuples qui n’ont aucun lien avec l’Etat membre de l’ONU, qui sont géographiquement séparés, ou ethniquement, culturellement ou linguistiquement distincts du pays qui les administre. En vertu de ce principe, l’autodétermination ne s’applique nullement au Sahara marocain, car elle ne répond à aucun des critères précités».

1541 contre 1514. «L’Assemblée Générale a veillé à ce que la mise en œuvre de l’autodétermination ne soit pas source de balkanisation, ni d’atteinte à l’intégrité territoriale des Etats. C’est pourquoi elle y a inclus des limites et érigé des sauvegardes, en adoptant la résolution 1541, au lendemain de l’adoption de la résolution 1514». (NB: La résolution 1514 consacre le principe d’autodétermination des peuples).

Référendum. «L’Algérie a persisté dans sa distorsion des principes et des résolutions des Nations Unies, en insistant sur l’autodétermination du Sahara et en la subordonnant au référendum. Cependant, ce mécanisme de référendum ne figure ni dans la résolution 1514, ni la résolution 1541, et encore moins la résolution 2625, qui sont les pierres angulaires de l’Assemblée Générale en la matière. L’Assemblée Générale identifie, dans ses résolutions 1541 et 2625, quatre solutions égales et distinctes de l’autodétermination: indépendance, association, intégration ou “tout autre statut politique librement décidé”. Elle n’a privilégié aucun sur l’autre… Sur les 64 cas relatifs à des territoires non autonomes ou sous tutelle, réglés par les Nations Unies depuis 1945, seuls quatre ont été résolus par un référendum. Et deux de ces quatre cas ont engendré des guerres civiles fratricides. Ce qui démontre les dangers intrinsèques à ce mécanisme».

Charte de l’ONU : Le Maroc réclame l’application d’un article oublié !

Lors des travaux de la 4ème Commission, le Maroc a réitéré son appel au respect des principes de la Charte de l’ONU, principalement son Article 12 (1), par l’Assemblée Générale, qui doit se dessaisir de la Question du Sahara Marocain, dès lors qu’elle est actuellement examinée par le Conseil de Sécurité. Dans une intervention très remarquée, l’Ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des Nations unies, Omar Hilale, a rappelé que l’article 12 (1) énonce clairement que «tant que le Conseil de sécurité remplit, à l’égard d’un différend ou d’une situation quelconque, les fonctions qui lui sont attribuées par la présente Charte, l’Assemblée Générale ne doit faire aucune recommandation sur ce différend ou cette situation, à moins que le Conseil de Sécurité ne le lui demande».

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