samedi 24 février 2018
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Couverture contre le risque : L’Office des changes entre en jeu

L’Office des changes a autorisé 4 couvertures contre le risque de dépréciation de la monnaie, pour accompagner efficacement la réforme et doter les acteurs économiques et financiers des outils qui s’imposent.

Une circulaire a été publiée par l’Office des changes, fixant les conditions de réalisation des opérations de couverture contre le risque de dépréciation du dirham, suite à sa flexibilisation, en réponse à un besoin imposé par la nouvelle donne. Elle concerne principalement les opérations d’importation. L’Office dirigé par Hassan Boulaknadel autorise, ainsi, quatre opérations de couverture, en l’occurrence celles contre le risque de change, le risque de taux d’intérêt effectué au titre des opérations de financements extérieurs, le risque de fluctuation des prix de produits de base et le risque inhérent à tout actif ou toute dette, à condition que ces couvertures ne soient conclues par les banques que pour elles-mêmes ou pour le compte d’établissements de crédit et assimilés, les entreprises d’assurance et les organismes de placement collectif en titrisation. L’ensemble de ces opérations ne peuvent être conduites que par les banques intermédiaires agréées pour leur propre compte ou pour le compte des personnes morales marocaines.

Ainsi, ces 4 produits de couverture font office d’outils cruciaux, nécessaires au succès de toute économie qui se veut ouverte et active sur le marché international. Pour autant, ces couvertures ne peuvent en aucun cas prétendre protéger complètement contre les multiples risques auxquels les entreprises s’exposent car, même conjuguées, elles dépendent entièrement de l’agilité de leur souscripteur. Ce dernier doit tenir compte de plusieurs facteurs, dont les propriétés du marché dans laquelle l’entreprise assurée évolue, son potentiel à l’export, l’état de la chaîne logistique et, par là même, la juxtaposition des coûts, etc. Par conséquent, l’efficacité de ces outils est tributaire de la condition originelle du secteur d’activité et non uniquement de la dépréciation ou non du dirham. En revanche, ils constituent un mécanisme de compensation qui, à terme, devrait protéger les sociétés importatrices et qui leur permettra de mieux maîtriser les risques liés au change sur leurs opérations d’achat. L’Office précise, toutefois, que les opérations de couverture se doivent d’être exclusivement adossées à des opérations courantes ou en capital, en relation avec l’activité de la société. Les opérations spéculatives capitalisant sur le risque de change sont ainsi exclues, ce qui oblige de fait les établissements bancaires à vérifier que les montants couverts correspondent aux montants des transactions réalisées. Pour ce qui est du renchérissement potentiel des produits de base importés, au même titre que les produits miniers, énergétiques et agricoles, ainsi que le bois, le charbon, l’or, l’argent et autres métaux précieux, les produits de couverture autorisés par l’Office des changes permettront de compenser les pertes potentiellement occasionnées par une dépréciation du dirham, sachant que, si dépréciation il y a, elle ne pourra dépasser le seuil des 2,5% tel qu’établi par Bank Al-Maghrib.

Mehdi Mouttalib

3 questions à…

Hassan Boulaknadal, directeur général de l’Office des Changes

«Une logique d’ouverture»

L’autorisation de ces 4 couvertures s’impose-t-elle d’elle-même ou émane-t-elle d’un besoin formulé par les importateurs?

La politique économique du Maroc s’est inscrite, depuis des années, dans une logique d’ouverture graduelle visant à doter le tissu économique d’un environnement des affaires à même de leur permettre de relever les défis d’une économie de plus en plus mondialisée. La politique des changes est une composante de ce mécanisme. De ce fait, l’élargissement de la palette des produits de couvertures s’inscrit dans cette logique. Au-delà de la diversification des produits, la nouvelle circulaire assouplit aussi l’utilisation de ces derniers en termes de compensation à l’échéance et aussi en termes de combinaison de plusieurs produits à la fois.

Pensez-vous que, pour les importateurs, ces couvertures suffiront à les prémunir contre le renchérissement potentiel du prix des intrants?

Le risque de change n’est qu’une composante dans la palette des risques auxquels sont exposés les acteurs économiques qui opèrent à l’international. Selon le secteur d’activité et selon la volatilité des sous-jacents, les opérateurs doivent se soucier de la volatilité des cours durant le cycle de production. La palette des produits de couvertures mise à la disposition des opérateurs permet d’atteindre cet objectif. L’utilisation des produits de couverture nécessite une bonne connaissance des marchés et une bonne maîtrise du cycle d’approvisionnement.

Ces couvertures sont-elles indexées sur la largeur de la bande de fluctuation ou est-ce aux opérateurs économiques de déterminer le niveau du risque?

L’élargissement de la bande de fluctuation va permettre, via le mécanisme d’adjudication, de fixer le prix du dirham d’une manière qui prend davantage en considération les réalités économiques. Donc oui, les produits de couverture de change vont permettre aux opérateurs de mieux gérer leur arbitrage entre le recours au spot ou bien faire du terme en utilisant les bons mécanismes de couverture pour limiter la dépréciation éventuelle de leur marge. Ceci étant, les produits de couvertures en tant qu’instruments financiers ne sont pas sans risques. Des exemples d’utilisation inappropriée de ces produits sont abondants.

Propos recueillis par Mehdi Mouttalib

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