dimanche 22 octobre 2017

Casablanca, la ville à problèmes

Casblanca carrieres centrales

Casablanca, la métropole économique, souffre de tous les maux.
Les déchets et les ordures ternissent sa blancheur. Ses chaussées délabrées dérangent et gênent les automobilistes. Ses trottoirs sont dans un état défectueux et dérangent les passants. Ses murs sales et non repeints agressent l’esthétique de l’espace public. Certaines de ses boutiques ou certains de ses cafés accaparent l’espace public pour mettre en danger les passants… Tout cela fait de Casablanca une ville où il ne fait pas bon vivre!

Les voies de Casablanca sont dans un état de délabrement avancé. Les Casablancais en ont ras-le-bol et souffrent le martyre. Les ruelles de cette grande ville, ainsi que ses boulevards et avenues, dans les quartiers populaires ou huppés et qui sont empruntés par des milliers de véhicules, sont détériorés. Les fissures et les nids-de-poule qui affectent le bitume des chaussées, les dos d’âne énormes et anarchiques et les bouches d’égout se trouvant presque partout dans la ville mettent les automobilistes dans une situation de gêne pendant la conduite. Ces voies délaissées deviennent dangereuses. Les conducteurs qui les empruntent prennent leurs dispositions pour ralentir à chaque fois, ce qui perturbe la circulation. Ainsi, ces fissures, nids-de- poules, dos d’âne énormes et autres bouches d’égout sont synonymes d’usure prématurée des amortisseurs et des pneus, sans parler des risques d’accidents.

«Il faut sillonner toute la ville pour s’arrêter sur la gravité des choses. La majorité des chaussées sont endommagées. Mais ce que je n’arrive toujours pas à comprendre, c’est pourquoi a-t-on décidé d’installer les bouches d’égout sur la chaussée, alors qu’ils étaient sur les trottoirs? Comme si les nids-de-poule ne suffisaient pas! Je me demande qui a eu cette ingénieuse idée?», s’interroge Khalid, un chauffeur de petit taxi. Et d’ajouter: «Le taux des accidents est très élevé au Maroc. Des milliers de personnes sont victimes d’accidents de la circulation. On accuse toujours les conducteurs et on oublie de dire que les infrastructures sont dans un état navrant».
«Les fissures et les fossés, on les voit tout le temps et on a pris l’habitude de les esquiver ou de rouler lentement quand on s’en approche. Ce qu’on remarque, c’est que les maîtres d’ouvrages ont triché lors du revêtement de ces voies. Les responsables de la ville ne sont pas exigeants sur la qualité de ces travaux. En conséquence, les fissures et les fossés apparaissent peu de temps après. Mais il y a également les dos d’âne qui sont partout. Certains sont faits par la Ville, d’autres par les habitants, surtout dans les quartiers où il y a des écoles. Les dos d’âne faits par les citoyens sont énormes. On est très secoués quand on passe dessus», relève Nader, un automobiliste.
Les revêtements partiels de la voie, faits généralement par les entreprises s’assainissement ou de télécommunication, après l’installation de leurs infrastructures, défigurent les chaussées. «On est tout le temps secoué. Il arrive aussi de tomber dedans si on ne zigzague pas ou si on ne s’éloigne pas de ces parties refaites en se mêlant aux autres véhicules, ce qui est très dangereux», souligne Ali, un jeune motocycliste.
Les multiples trous sur la voirie de la ville de Casablanca ne concernent pas uniquement les quartiers populaires délaissés par leurs élus. Ce problème, on peut le trouver partout. «Plusieurs ruelles avoisinant les grandes artères de la ville et les grands boulevards contiennent des fossés. Ces énormes trous créent un sentiment d’inquiétude et d’insécurité», soulève Rachida, une automobiliste.

De la saleté partout

Les déchets et les ordures ménagères envahissent la capitale économique du pays. Les Casablancais sont désormais habitués à voir les ordures amoncelées dans différents quartiers de la ville et il y a toujours eu certains points noirs à Casablanca, sans oublier les odeurs nauséabondes qui se dégagent de certains endroits du centre-ville. Les odeurs d’urine dérangent énormément les passants, ainsi que celles écœurantes dégagées par les camions de ramassage des déchets ménagers dans les quartiers, après leur passage.
Les ordures restent un des plus sérieux problèmes qui se posent à Casablanca, malgré l’attribution du ramassage des déchets à plusieurs sociétés. Ces sociétés devaient rendre la ville très propre, mais elles n’accomplissent pas dûment leur mission. En plus des camions déglingués de ces sociétés, leurs éboueurs nettoient les quartiers en collectant manuellement les déchets, mais en vain, parce que les déchets ménagers sont partout. Il en reste après leur passage.

Trottoirs et murs

Rien ne satisfait la vue des Casablancais et des touristes. En plus des ordures éparpillées, la laideur se trouve également au niveau des trottoirs, lesquels sont souvent dans un état délabré quand ils ne sont pas inexistants. Les Bidaouis sont donc habitués à marcher sur des trottoirs qui se dégradent d’année en année sans que les communes les entretiennent. Marcher sur ces trottoirs n’est pas une bonne idée: on risque de se fouler la cheville et ça arrive souvent aux passants. Ces trottoirs contiennent aussi des fossés que les gens évitent le jour. Mais que faire dans le noir? Et il n’y a pas que les trottoirs qui sont laids. On trouve également des murs sales et non repeints, souvent avec des graffiti laids ou obscènes. Tout cela défigure l’esthétique de l’espace public et des rues. Ainsi, les quartiers ne sont plus agréables à vivre.

Monopole de l’espace public

«Si un jour on se réveille de bonne humeur et on décide de visiter la ville à pied, que va-t-il se produire? Et que va-t-on voir?
En marchant sur le trottoir, il nous arrive souvent de le quitter pour se faufiler entre les véhicules avant de l’emprunter à nouveau. La raison est absurde: des boutiques ou des cafés accaparent illégalement l’espace public. Il nous arrive souvent de voir des mamans descendre leurs poussettes des trottoirs pour passer sur la chaussée, parce qu’un chantier en construction, un restaurant, un café, ou même une boutique a occupé le trottoir, là ou devraient passer les gens», relève Nadia, une habitante de Casablanca. Et d’ajouter: «On risque notre vie en marchant sur la chaussée. Quelle solution trouver à ce problème? Les autorités marocaines ne contrôlent malheureusement pas l’espace commun. Pourtant, quand on le contrôle, on l’optimise».

Chiens errants

Les chiens errants existent en ville et ils sont très dangereux. Ils vivent en groupe et c’est un réel problème. «L’autre jour, je passais à côté du Parc Yasmina. J’ai été très surprise par le passage d’une horde de chiens: ils courraient vers moi et j’avais très peur. J’ai dû ne pas bouger, les yeux fixés sur eux, Heureusement qu’ils ont continué leur chemin. Qui sait, ils pourraient mordre les gens ou les attaquer?», témoigne Khadija, une étudiante casablancaise.

Gardiens et horodateurs

Les gardiens de voitures et les horodateurs deviennent de plus en plus nombreux. On les trouve dans presque toutes les rues, ce qui exaspère les automobilistes qui ne peuvent plus se garer devant chez eux sans être obligés de mettre la main à la poche. Pourtant, on devrait pouvoir se garer devant chez soi, sans payer ? Chaque jour, les Casablancais paient pour garer leur voiture. Les gardiens exigent deux dirhams par voiture et un dirham par motocycle… Il arrive souvent aux automobilistes de payer, même s’ils ne quittent pas leurs voitures. Sans oublier les horodateurs. Les agents des sociétés de stationnement sont eux aussi source de problèmes. Ils n’hésitent pas à mettre le sabot même si on s’absente trop longtemps parce que l’horodateur est loin. C’est une vraie galère…

Casablanca, ville avec des bidonvilles

Casablanca connaît également un autre fléau, celui des bidonvilles qui foisonnent d’année en année et dont la résorption est de plus en plus difficile, alors qu’il a été décidé que Casablanca soit une «Ville sans bidonvilles» en 2010. Outre les bidonvilles qui ne cessent de se développer dans les périphéries de la ville, il y a également ceux qui se sont implantés au sein même de la cité au vu et au su des responsables. Ces bidonvilles sont sources de tous les maux de la ville: précarité, «tcharmil», violence, drogues…
La ville souffre également du menaçant-ruine. Elle connaît de temps en temps des drames à cause de cela. De nombreux habitants ont péri suite à l’effondrement de leur demeure. Casablanca devrait compter entre 20.000 et 25.000 maisons menaçant ruine, abritant plusieurs ménages. Près de 50% de ces ménages sont concentrés à Derb Soltane, alors que l’Ancienne Médina en accueille près de 30%.

Badia Dref
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Casablanca : Les citoyens mécontents de la qualité de vie

Casablanca ordures

La plate-forme Casadialna vient de dévoiler une étude accablante sur les conditions de vie dans la capitale économique. Détails.

Les Casablancais sont insatisfaits de la qualité de vie dans la métropole économique. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé par la plate-forme web Casadialna lancée par l’association Global Shapers Casablanca. L’objectif derrière ce sondage sur la qualité de vie est de mesurer le niveau de connaissance des Casablancais concernant le fonctionnement de la capitale économique du Maroc et la gestion des services publics. Il s’agit aussi de déterminer le niveau d’importance des différentes problématiques de la métropole chez les Casablancais et d’évaluer leur degré de satisfaction. A cela s’ajoute la collecte des attentes des citoyens pour améliorer les conditions et la qualité de vie dans la ville.
Les résultats du sondage ont confirmé la mauvaise compréhension de la gouvernance de Casablanca, ainsi que la faible connaissance des élus par les citoyens. En effet, les deux tiers des interrogés ont affirmé qu’ils ont une mauvaise connaissance du fonctionnement et de la gestion de la ville. Pis encore, 82% d’entre eux ne connaissent pas le nom du président de leur arrondissement et (près de la moitié) ne connaissent pas le responsable de l’entretien des routes de la métropole. La mauvaise compréhension de la gouvernance est davantage marquée chez les jeunes et les personnes à faibles revenus.
D’autre part, la qualité de sécurité vient en tête des préoccupations des Casablancais. Elle est suivie par la problématique de la propreté des rues, de la circulation, des espaces verts et du transport en commun. Les Casablancais pensent que le principal problème relatif à la propreté des rues est l’incivisme des citoyens. La problématique est également due à l’absence des poubelles et au ramassage irrégulier. Concernant les espaces verts, plus des deux tiers des sondés ont confirmé qu’il n’y en a pas à moins de cinq minutes de marche de leurs domiciles. L’insuffisance des espaces verts n’est pas la seule problématique. Il y a également le squattage et le manque d’entretien et de sécurité dans ces espaces.
Par ailleurs, 42% des Casablancais interrogés durant l’enquête pensent que la principale raison des problèmes de circulation rencontrés dans la capitale économique est l’état pitoyable des routes qui sont caractérisées par les dos d’âne sauvages et les nids de poule. Le reste des sondés est divisé entre l’occupation abusive de la voie publique (stationnement en deuxième position et vendeurs ambulants), l’absence de voies et d’emplacements dédiés aux arrêts des transports en commun (taxis et bus) et le manque de coordination des feux de signalisation. Concernant les transports en commun, les principales faiblesses avancées par les Casablancais sont le retard, l’indisponibilité et l’inconfort.
Les résultats de l’enquête montrent également que 85% des Casablancais sondés sont insatisfaits du service par les commissariats de police. En outre, 93% des citoyens pensent que les effectifs de police déployés dans leurs quartiers sont insuffisants pour garantir une sécurité adéquate.
Encore, 81% des Marocains résidant à l’étranger (MRE) ne sont pas satisfaits de la qualité de vie à Casablanca lors de leur dernier passage dans la métropole, selon les résultats de l’enquête. Les principaux problèmes que les MRE ont affrontés sont le manque de propreté, la circulation infernale et la pollution, ainsi que des difficultés liées aux transports en commun.
Il est à noter que Casadialna a réalisé cette étude en partenariat avec l’agence Averty spécialisée dans la réalisation d’enquêtes d’opinion et de sondages en ligne. Le sondage a été réalisé sur la base d’un échantillon de 1.950 personnes, dont 980 Casablancais et 270 MRE.

Anas Hassy

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