mardi 17 octobre 2017

Al Hoceïma, Réformes sociales, Loi de Finances 2018 : Royal coup d’envoi à la rentrée politique !

De façon générale, au Maroc, le coup d’envoi de la rentrée politique n’est pas attendu avant le 2ème vendredi d’octobre.

C’est à cette date fixe du 2ème vendredi d’octobre, prévue par l’article 65 de la Constitution, que le Roi préside, chaque année, l’ouverture de la première session du Parlement.

A cette occasion, devant les deux Chambres du Parlement et tous les membres du Gouvernement, le Roi prononce un discours qui est considéré comme LE coup d’envoi de la rentrée politique.

Cette année, les choses diffèrent. Le discours du Trône est passé par là. Un sévère discours de recadrage, suite aux évènements d’Al Hoceïma.

La classe politique n’aura pas attendu le 2ème vendredi d’octobre pour se voir re-signifier les priorités du pays et l’urgence de s’y atteler.

Certes, le rendez-vous politique du 2ème vendredi d’octobre aura bien lieu, comme le prévoit la Constitution. Et le discours royal y est plus attendu que jamais. Certains affirment même qu’il sera précédé, ou immédiatement suivi, de décisions royales importantes…

Mais avant cela, le Roi a d’ores et déjà donné le ton.

Dès son retour de France, où il a subi une intervention chirurgicale ophtalmologique, le Souverain a pris les choses en main.

Samedi 30 septembre au soir, le retour. Dimanche, seul jour de répit. Lundi, tout le Gouvernement convoqué !

Pour Al Hoceïma, le Roi n’a rien oublié

La journée du lundi 2 octobre a commencé par la convocation au cabinet royal du chef de gouvernement, Saad Eddine El Othmani, du ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, du ministre des Finances, Mohamed Boussaïd et, surprise, du Président de la Cour des comptes, Driss Jettou.

Au menu, le dossier d’Al Hoceïma. Ceux qui croyaient que le Roi avait classé le dossier, s’étaient trompés.

En juin 2017, SM Mohammed VI avait, chargé les ministres de l’Intérieur et des Finances, de veiller à ce que l’Inspection générale de l’Administration territoriale, qui relève du ministère de l’Intérieur, ainsi que l’Inspection générale des Finances, mènent une enquête et fassent un rapport sur les raisons qui ont empêché l’exécution, dans les délais, du programme de développement régional «Al Hoceima Manarat Al Moutawassit».

Ce programme avait été lancé devant le Roi, en octobre 2015, à Tétouan. Or, nombre des projets qui y étaient prévus n’ont pas été réalisés. Ce qui a aggravé la situation à Al Hoceïma, où une grande partie de ce que réclamaient les manifestants était précisément programmée dans le cadre du Plan «Al Hoceima Manarat Al Moutawassit».

Dès son retour, donc, le Souverain a demandé les rapports d’enquête. C’est ainsi que, lors de l’audience du lundi 2 octobre, les deux ministres ont soumis au Roi les conclusions des investigations. Pas de fraude, pas de malversations… Mais le Souverain a chargé Driss Jettou, Président de la Cour des Comptes, d’éplucher les rapports et d’en rendre compte, dans un délai maximal de 10 jours.

Un Conseil des ministres pas comme les autres…

Autre évènement du lundi 2 octobre, la convocation d’un Conseil des ministres qui apparaît comme un coup d’envoi solennel de cette rentrée politique 2017-2018.

Le Gouvernement, qui a dû tenir un Conseil de gouvernement dans l’urgence (le jour-même) avant de se présenter au Conseil des ministres, est fixé sur les préoccupations sociales du Souverain.

Ce qu’exigeait le discours du Trône est traduit en feuille de route.

D’abord, une question qui peut paraître secondaire aux citadins qui n’ont qu’à ouvrir le robinet pour que l’eau coule… Celle du manque d’eau potable et des eaux d’irrigation dans les zones rurales et montagneuses. Décision concrète : des instructions ont été données au chef de l’Exécutif pour la mise sur pied d’une commission qui sera chargée de  trouver les solutions à ce problème dans les prochains mois.

Ensuite, c’est le projet de loi de Finances 2018 que le Souverain a voulu examiner, afin d’en vérifier la conformité aux priorités arrêtées et rigoureusement rappelées dans le discours du Trône.

Le ministre des Finances a bien souligné que ce projet a été élaboré conformément aux quatre priorités fixées par le Roi. Soit l’appui aux secteurs sociaux, la réforme de l’administration pour qu’elle soit au service du citoyen et de l’entreprise, le développement de l’industrialisation et, enfin, la mise en œuvre de la régionalisation.

Pour le Gouvernement, les messages royaux sont clairs: les chantiers sont ouverts et il n’y a pas de temps à perdre.

Si ce n’est pas un coup d’envoi à la rentrée politique, qu’est-ce que c’est…?  

KB

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