Tunisie : Un étrange deuxième tour

Les islamistes d’Ennahda ont annoncé, jeudi 19 septembre, qu’ils soutiendront Kaïs Saïed au second tour de l’élection présidentielle tunisienne, alimentant les chances de cet ancien professeur de droit de l’emporter, le 6 ou le 13 octobre. Kaïs Saïed sera opposé à Nabil Karoui, un homme d’affaires actuellement incarcéré pour fraude fiscale.

Un président peut-il être élu alors qu’il est en prison ? Le débat agite la Tunisie depuis que l’un des favoris, l’homme d’affaires Nabil Karoui, a été placé en détention provisoire avant le début de la campagne présidentielle. La controverse juridique et constitutionnelle a gagné en ampleur avec la qualification du candidat pour le second tour, dimanche 15 septembre. Nabil Karoui, placé en détention provisoire le 23 août, est sous le coup d’une enquête pour blanchiment d’argent et fraude fiscale. Jusqu’ici, le candidat s’est appuyé notamment sur sa femme, Salma Smaoui, pour faire campagne.

La qualification au second tour de l’entrepreneur de 56 ans soulève toutefois un véritable casse-tête juridique: comment imaginer un président condamné, pour corruption qui plus est ? L’Isie, pour sa part, s’appuie sur la présomption d’innocence: «La position de l’Isie ne change pas concernant Nabil Karoui. C’est un candidat comme les autres et il est qualifié pour le second tour. La loi ne l’empêche pas», a rappelé l’instance au soir du premier tour. En clair, elle souhaite que la justice tranche. Les deux hommes qualifiés par le vote n’appartiennent pas au sérail politique tunisien. Ils ont créé la surprise, en se hissant au second tour du scrutin. Huit ans après la «révolution du jasmin» qui avait donné le coup d’envoi des «printemps arabes», la Tunisie est le seul pays concerné à avoir connu une réelle transition démocratique, même si celle-ci demeure fragile.

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La situation économique pèse aussi sur les Tunisiens, qui ont le sentiment que leurs conditions de vie se sont dégradées, sur fond de chômage de masse et de forte inflation qui ont plombé la candidature du premier ministre Youssef Chahed et d’autres anciens dirigeants du pays.

Patrice Zehr

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