Istanbul : Un défi pour Erdogan

Istanbul : Un défi pour Erdogan

En permettant l’invalidation, mardi 7 mai, de l’élection d’Ekrem Imamoglu, du Parti républicain du peuple (CHP), la principale force de l’opposition, à la mairie du Grand Istanbul, le président Recep Tayyip Erdogan -qui se targue pourtant de tirer sa légitimité du suffrage universel- a franchi un pas de plus.

Certes, à peine 13.000 voix, sur quelque 10 millions de votants, séparent le vainqueur du scrutin de l’ex-Premier ministre, Binali Yildirim, candidat de l’AKP (Parti de la justice et du développement), le parti islamiste au pouvoir depuis novembre 2002.

Mais les bulletins ont été comptés et recomptés. Et le Haut Conseil électoral, qui a annulé le scrutin au prétexte qu’un certain nombre de chefs de bureaux de vote n’étaient pas des fonctionnaires, n’a pas contesté l’élection des maires d’arrondissement qui, elle, a été à l’avantage de l’AKP.

L’annulation d’une élection aussi symbolique que celle d’Istanbul marque un tournant.

Cette moitié de la Turquie qui ne se reconnaît pas dans l’autoritarisme pieux, conservateur et nationaliste de Recep Tayyip Erdogan dénonce un véritable putsch électoral. «Il est possible de présenter un candidat contre l’AKP, mais pas de gagner», a résumé Onur Adiguzel, coprésident du CHP.

Patrice Zehr

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