Du 20 février… Aux privatisations !

Quel est le lien entre le mouvement du 20 février, Mawazine, le siège de la DST à Témara, les diplômés chômeurs, la BCP et les privatisations ? Vous n’en voyez aucun ? A première vue, c’est vrai. Il n’y en a pas. Mais à y regarder de plus près, il y a bien un point commun à ces sujets dont on a l’impression qu’ils vont dans tous les sens. Un seul et même point commun: le «printemps arabe».

C’est au «printemps arabe» que le Maroc doit la naissance du mouvement du 20 février. Un mouvement objet de tous les questionnements, aujourd’hui. Il était né sous l’étendard des jeunes qui avaient voulu porter sur la place publique les mêmes revendications de démocratie, justice sociale et bonne gouvernance que leurs camarades de Tunisie et d’Egypte, utilisant les mêmes procédés, les mêmes slogans. Et il se retrouve éclaté, revendiqué par plusieurs courants de jeunes, mais aussi et surtout par des associations (l’islamiste Al Adl walihssane, la gauchiste AMDH) et partis politiques (Annahj Addimocrati, PSU, PADS, tous d’extrême gauche) dont les structures et revendications sont connues et… n’ont rien de jeune ! Le mouvement du 20 février a organisé de nombreuses marches et manifestations dans toutes les villes du Maroc et, depuis, tout sit in et toute contestation s’en réclament.

 

L’inconvénient, c’est que les manifestations, marches et sit in n’en finissent plus et que, depuis le discours royal du 9 mars, il y a divergence sur leur bien-fondé. Les uns veulent continuer de les multiplier pour «maintenir la pression». Les autres estiment qu’un agenda est arrêté et qu’il faut l’appliquer au plus vite pour remettre le pays au travail.

Mawazine n’avait en principe rien à voir avec tout cela. Mais, à la faveur de la contestation, le discours populiste et primaire –quand il n’est pas tout simplement politique et revanchard- s’en est pris à ce festival culturel d’une qualité exceptionnelle, demandant son annulation. Alors que les rois et chefs d’Etat arabes paient cher les grands artistes du monde pour se produire devant eux seuls, à huis clos, dans leurs palais, le jeune Souverain du Maroc a voulu rompre avec ces pratiques égoïstes et partager les prestations des stars inaccessibles avec le peuple. Et voilà que les «néo-révolutionnaires» y voient un délit ! Ce ne sont certainement pas les jeunes qui ont pensé à stigmatiser Mawazine… Pas plus qu’ils ne sont à l’origine de la marche sur le siège de la DST qui, selon les accusations des manifestants, abriterait un centre de détention secret. Accusations dont on sait qu’elles sont depuis longtemps portées par les islamistes et l’extrême gauche… Aucun service secret, dans le monde, ne tolère d’intrusion dans son secteur, ou dans ses affaires, ni n’accepte de transiger avec des manifestants. La DST -une première!- a accepté d’ouvrir ses portes à la Justice, au Conseil national des droits de l’homme et aux chefs des groupes parlementaires. Le souci d’en finir avec les récriminations pour remettre le pays au travail, est ici évident. De même qu’il est évident dans la recherche de solutions aux problèmes des diplômés chômeurs. L’Etat s’est engagé à les recruter dans l’administration. Aujourd’hui encore, il ne sait pas comment y parvenir. Personne n’en veut, parce que personne n’en a besoin. Les chambres de commerce et d’industrie que le premier ministre a sommé de recruter une demi-douzaine de ces diplômés chacune, contestaient vivement la décision, ce 25 mai, demandant un budget pour obtempérer. Or, justement, l’Etat n’a pas les moyens de faire face à tout cela. A la crise financière et économique internationale et à l’envolée des matières premières, se sont ajoutés le renchérissement du prix du baril de pétrole (aggravé par la révolution libyenne) et le coût du dialogue social (augmentation des salaires et retraites)… Le déficit public est actuellement évalué à 20 milliards de DH !! Comment faire pour s’en sortir ? Le Trésor a vendu cette semaine 20% de ses parts dans la BCP (une bouffée de quelque 5 milliards et demi de DH) et le retour aux privatisations est la seule issue. Quelques opérations sont prévues. Mais jusqu’où et jusqu’à quand ? Ceux qui s’étonnent de l’accélération de la cadence annoncée par le Conseiller Moatassim ont là matière à réfléchir…

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