dimanche 22 avril 2018
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Violence scolaire : Des causes multiples

La violence scolaire prend des proportions de plus en plus alarmantes. Mais quelles sont les véritables causes de ce phénomène?

La violence exercée par une catégorie d’élèves sur leurs enseignants n’est pas fortuite. C’est l’aboutissement d’un malaise qui touche tout le système éducatif marocain.

Quand l’école a cessé de jouer son rôle 

Parmi les facteurs aggravants du phénomène de la violence scolaire, figure le recul du rôle de l’école. Nombre d’enseignants expliquent que, dans le passé, les établissements scolaires dispensaient le savoir aux élèves, tout en les encadrant, ce qui nourrissait un sentiment d’estime et de respect vis-à-vis des enseignants. En 2017, comme l’expliquent certains parents d’élèves, des établissements scolaires privés se sont tournés, malheureusement, vers le côté financier, au détriment de la qualité de l’enseignement reléguée au second plan.

En ce qui concerne les écoles publiques, le constat n’est guère réjouissant. C’est ce qu’indique Abderrazak El Idrissi, Secrétaire général national de la Féderation Nationale de l’Enseignement (FNE), dans une déclaration au Reporter. Selon lui, face à la logique commerciale qui règne dans la majorité des écoles privées, les établissements scolaires relevant du secteur public auraient très bien pu jouer le rôle de relai, si ce n’est le manque de moyens financiers et de ressources humaines, qui fait qu’aujourd’hui, l’école publique est considérée comme une «planque» plutôt qu’un lieu d’apprentissage et d’instruction.

Des parents de plus en plus démissionnaires

L’école, publique et privée, ne doit pas être la seule pointée du doigt et jugée responsable de la crise de l’enseignement et de la violence scolaire. Selon le sociologue Mouhcine Benzakour, la responsabilité de ce phénomène est à imputer également aux parents d’élèves. Tout en déplorant l’attitude démissionnaire d’un grand nombre de parents d’élèves, Benzakour appelle ces derniers à reprendre le contrôle de la situation. Il préconise qu’ils fassent preuve de plus de suivi régulier de leurs enfants, dans le primaire, le collège et même au lycée. Selon lui, c’est à travers la conjugaison des efforts de tous (enseignants, parents, ministère de l’Education nationale, société…) qu’on pourra renouer les liens rompus entre l’élève et son école.

Redéfinir l’objectif de la scolarisation

De son côté, le sociologue Abderrahim El Atri appelle à la redéfinition de l’objectif de la scolarisation des jeunes générations. Selon lui, face à des exemples de réussite de plus en plus rares au sein de la société, il est primordial de faire raviver chez les jeunes cette flamme d’étudier, pour apprendre et non pas à des fins purement professionnelles ou financières. Et le sociologue d’expliquer: «Il faut que les jeunes Marocains sachent qu’étudier sert à s’instruire et à construire sa personnalité, loin des objectifs liés uniquement à l’emploi».

Selon Abderrahim El Atri, dire qu’étudier n’a aucun intérêt à cause de la rareté des opportunités d’emploi est un prétexte qui ne tient pas la route. Le sociologue appelle le gouvernement à mettre en place des politiques permettant de «rouvrir les portes de l’espoir devant les jeunes Marocains, au lieu de les livrer au désespoir qui conduit, entre autres, au phénomène de la violence scolaire».

A chaque ministre sa propre vision

Parmi les raisons qui conduisent, selon nombre d’observateurs, à l’aggravation de la crise de l’enseignement au Maroc, la multitude des politiques mises en place par le ministère de tutelle. Selon les syndicats de l’enseignement, chaque nouveau ministre en charge du département de l’enseignement vient avec sa propre stratégie et sa vision pour réformer l’enseignement. Les mêmes sources appellent à la mise en place de politiques basées sur la continuité, en tant qu’issue unique qui pourrait sauver l’enseignement, redonner au corps enseignants cette envie d’enseigner et, surtout, faire de l’élève cet être respectueux du milieu scolaire.  

Mohcine Lourhzal

Les mauvais enseignants à neutraliser

Certes, la majorité des enseignants sont animés par un seul et unique objectif, transmettre le savoir aux apprenants. Cependant, il existe une poignée d’individus qui profitent de leur statut d’enseignants à des fins purement personnelles. Il s’agit, par exemple, de l’obligation pour certains élèves de s’inscrire aux fameux cours dits «de soutien», sous peine d’avoir de mauvaises notes. Cette catégorie d’enseignants est pour beaucoup dans la dégradation de l’image de l’enseignant aux yeux de ses élèves. D’où la nécessité de sévir contre ces éléments qui nuisent à la profession.

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