samedi 21 octobre 2017

Smartphones : Comment acheter malin au Maroc

smartphones

Questions Smartphones, on n’est jamais à l’abri d’une arnaque. Comment faire le meilleur choix en matière de Smartphones quand les offres ne manquent pas? Voici les témoignages d’acheteurs aguerris qui ont, chacun, sa technique pour acheter malin et y laisser le moins de plumes.

Nous commençons notre reportage dans la rue, source inépuisable d’idées. Des vendeurs à la sauvette nous accostent. «3.000 DH! Un bon prix! J’ai d’autres marques…, regarde!», lance l’un d’eux, un Smartphone à la main. Ils sont 4 à vendre des téléphones portables. Certains les cachent dans leur poche, d’autres ont installé une petite table, étal de fortune, sur laquelle sont exposés quelques modèles de téléphones dernier cri. La conversation est engagée, le marchandage commence…

Occasion à ne pas rater

Les téléphones sont d’apparence proprette, cela ne fait pas de doute et ils ne sont pas de seconde main, contrairement à ce qu’affirme le vendeur. Selon lui, les modèles viennent d’Espagne, ont servi très peu, puisque d’autres Smartphones plus élaborés ont été commercialisés juste après, ce qui a poussé les propriétaires à les vendre pour acheter les nouveaux. Un discours enjolivé et bien ficelé pour ne laisser aucun doute planer sur l’origine de ces téléphones. «La preuve, je n’en ai pas beaucoup. Je n’ai que quelques pièces, une de chaque. Je ne les reçois pas toujours. C’est une occasion à ne pas rater!», se défend le vendeur qui dit s’appeler Simo. Il vend en réalité des contrefaçons presque identiques à ce qui se fait côté originaux, mais nous le saurons plus tard… Pour convaincre davantage ses prospects clients, il invoque l’abondance d’offres en matière de téléphonie mobile en Europe et la presque-gratuité de Smartphones qui ne nécessitent qu’un simple abonnement ou des points de fidélité. Et puis, selon lui, les Européens prennent soin de tout ce qu’ils possèdent, contrairement à nous autres Marocains.
Fin du discours de marketteur. Commencent de furtives négociations. A chaque grimace, une baisse de prix. «2.500, uniquement pour toi et dernier prix!» dit-il. Nous prétextons ne pas avoir assez d’argent en poche. «2.200, je ne peux pas faire plus, je t’encourage à le prendre». Nous laissons tomber l’offre. «Combien as-tu? Allez, dis-moi… 1.300? Non, ce n’est pas possible; tu aurais rajouté 200 DH, il aurait été à toi».
Un jeune homme plus loin nous fait signe de ne pas acheter.
Une fois arrivés à son niveau, il nous déclare que les téléphones vendus par ces marchands sont pour la plupart des «chinois». «Ils ne valent même pas 500 DH et ont une durée de vie de quelques mois avant que les premiers bugs n’apparaissent. C’est une arnaque, il faut se méfier: ils inventent des histoires pour vendre leur camelote». Il s’en va.
Sachant qu’un Smartphone perd énormément de sa valeur juste après l’achat, environ 25%, un téléphone neuf n’est pas un bon deal pour ceux qui aiment rester à jour et suivre les tendances, en particulier quand les constructeurs redoublent d’innovation et d’inventivité tous les 6 mois, en lançant, chacun suivant sa stratégie, un ou des Smartphones (haut de gamme et moyen de gamme inclus). C’est pour cela qu’une partie non négligeable des férus de téléphones préfèrent passer du côté des mobiles de deuxième main. «J’achète un téléphone dernier cri pour beaucoup moins cher. Dès qu’un autre sort sur le marché, je le change en faisant une reprise», nous dit par téléphone Ahmed, 36 ans et expert en nouvelles technologies. «Pourquoi acheter un téléphone à des prix exorbitants? D’ailleurs, la plupart d’entre nous ne peuvent pas se le permettre!», poursuit-il.

Des valeurs sûres

Chez un revendeur de téléphones neufs et d’occasion, nous retrouvons des clients assez bavards ayant déjà entamé une conversation. Pour eux, la meilleure façon d’acheter malin, c’est d’acheter du neuf pour éviter les mauvaises surprises et de miser sur des marques de renom. Tout comme Mehdi, passionné de téléphones portables et acheteur expérimenté, qui a longtemps fait des reprises pour tester de nouveaux modèles de téléphones à coût réduit. «Je n’achète plus que cette marque (une asiatique). C’est de loin la meilleure marque! Et puis, c’est le géant de la téléphonie. Il n’y a pas photo entre celle-ci et une quelconque autre marque au niveau de la technologie. Ils sont les meilleurs», dit-il solennellement. Il ajoute néanmoins que s’il devait conseiller une autre marque, même concurrente, il indiquerait une américaine.
Toujours chez le vendeur de mobiles, une cliente venue réparer son écran saute sur l’occasion pour donner son avis. «Etant quelqu’un qui a commencé avec une marque américaine depuis les premiers ordinateurs, il est difficile de trouver quelque chose qui ait grâce à mes yeux, même côté Smartphones. Tout ce que je vois devant moi, sont des joujoux bas de gamme, même s’ils coûtent plus cher», dit-elle avec aplomb. Travaillant depuis des années dans le graphisme et, depuis, inconditionnelle de sa marque américaine préférée, cette femme à la taille menue, comme si elle n’avait pas été entendue, répète sa phrase: «Oui, ce sont des jouets de moindre qualité qui coûtent cher!».
Loin des adeptes des «brands», d’autres, novices en la matière, se contentent d’écouter ce que disent les gens autour et observent quelles marques de mobiles ont la cote pour enfin se décider et acheter en fonction de ces appréciations. C’est le cas de Zineb, illettrée mais à l’esprit affûté. Elle entre dans le magasin, demande directement à voir le dernier modèle asiatique avec deux emplacements de carte SIM. «Tout le monde dit du bien de cette marque, les autres, je ne les connais pas».
Toujours est-il que des marques finlandaises ou autres peinent à remonter la pente et à concurrencer les deux géants du mobile: l’américain et le coréen. Notamment, à cause du problème de manque d’applications sur le store Windows Phone qui semblerait, selon les dernières rumeurs, avoir trouvé une solution. En effet, il se pourrait bien que les Windows Phone deviennent compatibles avec Android, mais rien n’est encore confirmé…

Quelques conseils pour ne pas se faire avoir

Même chez un vendeur spécialisé et même s’il a une horde de clients chaque jour, personne ne peut certifier que les téléphones sont neufs, sauf qu’ils sont sous «blister», leur emballage original fermé sous vide. Toutefois, il ne faut pas confondre «blister» et n’importe quel autre bout de plastique recouvrant le téléphone. «Les films plastiques que les vendeurs mettent à l’avant et au dos des téléphones ne veulent absolument pas dire qu’ils sont neufs!», explique Ahmed, l’expert en nouvelles technologies. Mais il y a tout de même quelques petites vérifications à faire, que ce soit pour le neuf ou la deuxième main:
– Première des précautions, prendre son temps pour examiner le téléphone, son état général, s’il n’y a pas d’égratignures…
– Ensuite, faire fonctionner tous les boutons pour voir comment le téléphone réagit, s’il est rapide à répondre ou au contraire s’il prend du temps.
– Tester l’appareil photo. Celui-ci reste l’un des points forts des Smartphones: l’image se doit d’être de bonne qualité. Si l’image ressemble à une photo prise avec un appareil jetable des années 90, fuyez! C’est une copie!
– Tester le son: les haut-parleurs et les écouteurs.
– Vérifier les fautes de langue sur le téléphone. Des fois, certaines lettres sont remplacées par des signes et les traductions ne sont pas très fiables. C’est le signe que c’est un téléphone contrefait.
– Toujours demander une facture et une garantie (pour les neufs). Une garantie suffira pour l’occasion, si elle est toujours valable.
Quant aux achats se faisant via internet, comme sur les sites de petites annonces, ou encore grâce à des pages ou groupes Facebook, les mêmes conseils sont valables, si ce n’est qu’il est plutôt conseillé de trouver des offres près de chez soi, avant de s’engager dans une rencontre vendeur-acheteur. Demander une photo du téléphone avec un papier où il est écrit en manuscrit le nom complet, ainsi que le numéro de téléphone du vendeur, pour s’assurer que la photo est représentative du produit recherché et surtout que le vendeur le possède vraiment.
En conclusion, tout dépend de ce que l’on veut. Si le but est seulement de montrer à son entourage, de loin, qu’on a un Smartphone dernier cri, on peut se contenter de la contrefaçon achetée à bas prix. Si, au contraire, ce que l’on cherche, c’est un bon Smartphone avec toutes les fonctions et possibilités d’applications qu’offre la vraie marque, alors, il faut y mettre le prix.
Mais, contrefaçon ou authentique, dans les deux cas, il faut s’assurer que l’on achète bien ce que l’on veut acheter, car il se trouvera toujours de petits malins qui chercheront à rouler les acheteurs non avertis!

Yasmine Saih

Voir aussi

Nizar Baraka : Nouveau chef de l’Istiqlal ?

Il y avait bien quelques mois que tous ceux que la vie politique au Maroc …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter du Reporter

Pour recevoir les dernières actualités et mises à jour de notre équipe.

Félicitations vous êtes bien inscrit(e) !

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer des services, contenus ou publicités adaptés selon vos centres d'intérêts. En savoir plus.