samedi 21 octobre 2017

Quelque chose de pourri dans la planète foot…

Blatter demissionne juin 2015 afp

Il y a longtemps que le football n’est plus simplement un sport distrayant qui rapporte très gros et pas seulement aux joueurs.

Le football a une dimension mondiale et est porteur de valeurs idéologiques et politiques qui se veulent universelles. C’est pourquoi le scandale judicaire qui frappe la FIFA est un grand événement international.
Le Maroc est d’ailleurs bien placé pour savoir que les instances internationales du foot ont parfois des comportements et des décisions qui ne s’expliquent que par des luttes d’influence, des pressions et le poids de l’argent.
Finalement, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a donné raison… au Maroc. Parce qu’il avait refusé d’organiser la Coupe d’Afrique des nations en janvier dernier par crainte que le virus Ebola se propage à l’intérieur de ses terres. Le pays du Maghreb avait été exclu de la compétition, ainsi que des éliminatoires des deux suivantes (2017 et 2019) par la Confédération africaine de football (CAF). Cette dernière a été contredite par le TAS de Lausanne…

Pour la FIFA, tout faire rentrer dans l’ordre sera plus difficile. L’enquête diligentée par la justice américaine aura des suites et des répercussions durables. On peut même assister dans quelques mois à une scission au sein de la FIFA, les Européens, Américains et Australiens créant une organisation rivale.
Pour l’heure, voilà le poison du doute et de la suspicion. Une suspicion de mondiaux achetés jetée sur les coupes du monde passées, en France et Afrique du sud notamment et sur celles à venir: Russie et Qatar. Il faut s’attendre à de nouvelles révélations.
Votes achetés, pots de vins, décisions plus politiques que sportives, le pire finalement, c’est que ces accusations n’étonnent personne. Ce qui est plus surprenant, c’est que le coup de torchon vienne des USA, un pays ou le «soccer» est un sport accessoire, mais qui n’a pas accepté que la Russie lui soit préférée, surtout dans le contexte politique actuel. Comme par hasard également, la taupe est un Américain réputé pour avoir été un corrompu. Chuck Blazer a été pendant deux ans la taupe du FBI au sein de la FIFA (Fédération internationale de football association). Il a accepté de travailler pour les autorités américaines après avoir été épinglé par le fisc pour avoir omis de payer des impôts sur les millions qu’il avait empochés frauduleusement pendant les vingt et une années qu’il a passées au poste de secrétaire général exécutif de la Concacaf, la Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique Centrale et des Caraïbes.
Le président russe a ostensiblement pris la défense de l’institution footballistique en dénonçant l’ingérence de la justice américaine, donnant ainsi à son intervention des accents de guerre froide en version sportive. «Le fait que ces arrestations soient commanditées par le côté américain dans une accusation de corruption semble très étrange. Corruption de qui? De fonctionnaires internationaux», s’est étonné le chef du Kremlin. Et celui-ci d’ajouter: «Certains d’entre eux ont peut-être enfreint quelque chose, mais ceci n’a aucun rapport avec les États-Unis. Voici encore une tentative claire d’étendre sa juridiction sur d’autres Etats». Plus tôt, le quotidien gouvernemental Rossiskaya Gazeta avait accusé les États-Unis de vouloir «contrôler la FIFA».
On est loin du sport!
Le président Blatter, lui, dans l’œil du cyclone, car pas encore inquiété, ne lâche rien. Boudé par les représentants européens qui soutiennent son challenger jordanien, le prince Ali-bin Al-Hussein, le dirigeant de 79 ans a été ovationné par les délégués des cinq autres confédérations continentales lorsqu’il est monté sur scène. Agrippé à son pupitre, il n’a jamais semblé aussi à l’aise que dans ce rôle de maître de cérémonie en goguette, promouvant «l’unité de la grande famille du football». Une antienne qu’il rabâche constamment depuis 1998, date à laquelle il a pris les rênes de la Fédération internationale.
Le Français Michel Platini, président de l’UEFA, s’est dressé cette fois contre Blatter dont il fut un temps le bras droit. «Il faut changer de président pour que la FIFA change dans l’avenir. Trop d’affaires ont secoué le monde du football et notamment la FIFA», a estimé l’ancien numéro 10.
Mais Joseph Blatter insiste aussi sur le fait que la structure FIFA ne doit pas être incriminée et que ces prétendues malversations sont des actes isolés. Il ne pouvait, dit-il, tout contrôler. Il n’en reste pas moins que la crise va durer, qu’une scission n’est pas totalement impossible et que la planète du football est durablement ébranlée, notamment dans sa fonction d’exemplarité mondiale pour les jeunes et les supporters.
L’avenir, lui, est en réalité dans la main des financiers, des sponsors. S’ils décident de lâcher Blatter, celui-ci ne résistera pas… C’est ce qu’il s’est passé, semble-t-il, puisque l’indéboulonnable Président vient de démissionner. Il faut le savoir, cependant, les sommes engagées, pub et droits télévisés sont considérables et un krak financier du foot mondial ne toucherait pas que la FIFA.

Patrice Zehr

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