lundi 23 octobre 2017

Le foot et le fric. Et nous dans tout ça?

Mondial 2014 bresil

Depuis le 12 juin dernier, le monde entier vit au rythme de la plus importante manifestation sportive qui soit: la Coupe du monde FIFA 2014. Cette édition, la 2ème organisée par le Brésil depuis 1950 et la 20ème depuis la naissance de cette compétition planétaire en 1930 en Uruguay, revêt une importance particulière du fait qu’elle se tient dans un pays où le football passe pour une religion. C’est plus qu’un sport pour la nation du Roi du foot, c’est un art et un style de vie…

Mais au-delà du foot, quel business et pour qui ?

Au Brésil, le foot est partout. Seule l’altitude empêche les Brésiliens de mettre un ballon au pied du «Corcovado» pour qu’il montre de quoi il est capable en la matière… Le foot, c’est la vie et cela s’explique d’ailleurs par le fait que ce pays est le seul qui a gagné le droit de «garder» pour toujours une «Coupe du monde», le fameux trophée Jules Rimet, pour l’avoir jusqu’alors remporté 3 fois (1958, 1962 et 1970) et deux autres fois après (1994 et 2002). Donc, un total de cinq fois qui fait du Brésil le pays qui possède le record en la matière, devançant l’Italie (4 fois championne du monde) et l’Allemagne (3 fois)…

Les choses ont changé depuis

Mais depuis quelques années, ce monde footballistique a complètement changé. Au-delà des titres, des honneurs et des découvertes, se cachent bien des marchés. Tout un business qui profite à toutes les parties prenantes, tant celles directement impliquées que celles qui le sont indirectement.
Le foot est devenu un réel commerce très fructueux, dont l’impact se veut certain et incontestable, tant sur les pratiquants que sur les organisateurs. La Coupe du monde est bien entendu cet «Hyper Marché» qui ouvre ses portes, une fois tous les quatre ans, pour mettre sur rayons de bien rares marchandises. Des denrées que ni la poussée technologique, ni les grands progrès scientifiques n’ont pu égaler.
Il s’agit de ces êtres humains, ces joueurs prodiges, ces gens qui sont les stars du foot aujourd’hui et qui font des prouesses, tant sur les rectangles verts qu’en matière de publicité et de promotion… Ceux-là mêmes qui animent ce business et contribuent à faire de ce qui ne fut au début qu’un simple sport, pratiqué pour le spectacle et le plaisir, un marché très fructueux et une source de vie bien garantie… Aujourd’hui donc, le foot n’est plus ce qu’il était et c’est sous sa nouvelle configuration qu’il s’impose à tous, tout le monde étant de près ou de loin concerné, voire impacté par les circuits économiques qui gravitent autour de ce sport.

Le foot dans la tourmente

Le Brésil est ainsi, cette année, le porte drapeau de cette nouvelle manne financière qui devrait en principe lui profiter en créant plus de valeur. Déjà en s’y préparant, ce pays devait investir -et beaucoup- en infrastructures sportives, surtout. Mais rien ne garantissait un retour sur investissement pour le Brésil fort de sa position en tant que quatrième économie des BRICS et principale puissance économique du continent sud-américain.
La libéralisation de l’économie brésilienne s’est effectuée au rythme de la libéralisation de l’économie mondiale, comme en témoigne l’adhésion du Brésil à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et le développement rapide des firmes multinationales brésiliennes dans les productions primaires (agriculture, énergie), mais aussi dans les productions industrielles (aéronautique).
En dépit du volontarisme de l’État, notamment dans le domaine scolaire ou la politique familiale, le Brésil se distingue par une forte croissance marquée par une hausse des inégalités entre les groupes sociaux et entre les régions. D’où un pays en ébullition depuis l’annonce de l’organisation de cette Coupe du monde que la population qualifie de vrai «gâchis», vu que ces stades, construits à l’occasion, ne serviront plus à rien après le 12 juillet 2014, c’est-à-dire dès le lendemain de ce grand rendez-vous sportif… Le jour même de son lancement, le 12 juillet, les transporteurs observaient une grève…

Pas de grandes attentes

Un peuple de foot, certes, mais un peuple qui s’indigne de voir ce foot lui couper l’herbe sous les pieds et lui piquer des richesses dont il aurait bien voulu jouir!
Tout comme ses compagnons du BRICS, le Brésil passe pourtant pour une puissance émergente. Le pays est 6ème mondial au sens du PIB nominal et septième en parité de pouvoir d’achat. Cependant, ceci n’est pas perceptible sur le terrain de la réalité. Les disparités sociales sont telles que la pauvreté extrême y côtoie la richesse dans tous ses aspects… Les pauvres, nichant dans les «favelas» entassées en réels ghettos aux abords des grandes villes, ne pouvait donc admettre que le pays continue de les ignorer, estimant que si impact il y a, c’est sur ces tranches sociales qu’il faudra qu’il se manifeste…
Ces mêmes générations marginalisées suivent de près cette manifestation. Elles comptent jusqu’au dernier «real» (monnaie du Brésil), comptent les places dans les stades, les sodas et les sandwichs vendus, les gadgets achetés par les visiteurs… Un droit qu’elles s’accordent comme celui qu’elles se sont accordé pour s’improviser en vendeurs ambulants de «fanions» d’équipes participantes, de chapeaux, de lunettes… Enfin, tout ce qui peut les occuper, puisqu’on leur a interdit, durant la compétition, de jouer au foot dans les rues. Le foot, c’est seulement dans les stades!
Donc, ce petit pécule de pari gagné sur telle ou telle équipe de quartier est en instance… Ces gens-là ne voient vraiment pas comment une telle manifestation peut avoir un effet bénéfique sur eux ou sur leur pays et commencent à croire que, comme à l’accoutumée, ils vont être victimes de ces promesses mensongères qui accompagnent chaque Coupe du monde en ce sens que l’organisation d’une compétition de cette taille coûte certes «cher», mais rapporte énormément au pays organisateur…
Selon une banque américaine, qui a réalisé une étude sur toutes les coupes du monde, la croissance économique dans les pays organisateurs a été inférieure au rythme habituel. En 2010, le gouvernement d’Afrique du Sud avait annoncé +0,5% de croissance. La hausse n’a été que de 0,1%. Il y a quatre ans, les dépenses, notamment pour construire des stades, ont explosé par rapport au budget initial (+30%, soit 7 milliards d’euros). On attendait 480.000 touristes qui devaient dépenser 1 milliard. En fait, ils n’étaient que 309.000 et ont beaucoup moins dépensé…
Cette année, au lendemain de la Coupe du monde, la FIFA va devoir empocher près de 4 milliards sur cette manifestation mondiale. Le Brésil ne gagnera quant à lui que quelques millions… Il est bien beau ce rêve, mais il est vite transformé en cauchemar quand on voit la FIFA reprendre son avion avec autant de millions en poche, alors que le pays hôte reste en face de la lourde ardoise qu’elle y laisse.
Ainsi, aux yeux de ces gens, il n’y a que la FIFA qui y gagne! Voilà pourquoi cette année, même ces Brésiliens, cette nation du foot, boudent la Coupe du monde, jetant ainsi une lourde responsabilité sur leur Onze national, la fameuse «Celeçao», de remporter coûte que coûte cette Coupe. Car il y va de la paix sociale et peut être de la stabilité du pays où certains espèrent quand même pouvoir profiter de tout ce que gagnera leur pays grâce à cette 20ème Coupe du monde…
(Voir, en deuxième partie, le financement, le sponsoring et le Maroc dans tout ça)

Hamid Dades

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