vendredi 21 septembre 2018

Bank Al-Maghrib : Le dernier regard de l’année sur l’état financier du Maroc

Abdellatif Jouahri, à propos de la flexibilité du dirham: «Nous ferons ce passage de manière volontaire et loin de toute surenchère, n’étant pas en crise de change».

Lors de sa dernière réunion trimestrielle de l’année, mardi 19 décembre 2017, le Conseil de Bank Al-Maghrib a analysé les évolutions récentes de la conjoncture économique et les projections macro-économiques de la Banque pour les deux prochaines années. Sur la base de ces analyses, le Conseil a jugé que le niveau actuel du taux directeur reste approprié et a, de ce fait, décidé de le maintenir inchangé à 2,25%.

Cette décision, a estimé le wali de Bank Al-Maghrib, Abdellatif Jouahri, découle des analyses réalisées par le Conseil, non seulement par rapport à la conjoncture internationale, mais aussi nationale. A l’international, a-t-il précisé, l’on enregistre une dynamique qui confirme la situation du travail qui s’améliore de son côté. Pour ce qui est de l’inflation, qu’il s’agisse de la Banque Centrale Américaine ou de la Banque Centrale Européenne, elle s’achemine vers un taux équivalent à 2%

Inflation à niveaux modérés

Au niveau national, le Conseil de Bank Al-Maghrib a noté que la tendance baissière de l’inflation au cours des premiers mois de l’année s’est inversée depuis le mois d’août, résultat en grande partie de l’atténuation du recul des prix des produits alimentaires à prix volatile. L’inflation devrait clore l’année sur une moyenne de 0,7%, après 1,6% en 2016, tandis que sa composante sous-jacente, qui mesure la tendance fondamentale des prix, s’accélérerait de 0,8% à 1,3%.

A moyen terme, l’inflation augmenterait, tout en restant à des niveaux modérés. Elle s’établirait à 1,5% en 2018 et à 1,6% en 2019. L’inflation sous-jacente devrait, sous l’effet de la consolidation de la demande intérieure et de l’accroissement de l’inflation importée, s’inscrire également dans un mouvement haussier, pour atteindre 1,5% en 2018 et 1,9% en 2019.

Raffermissement de l’économie mondiale

L’économie mondiale continue de se raffermir, confortée par le regain de confiance des agents économiques et les conditions monétaires accommodantes dans les principaux pays avancés. Ainsi, la croissance devrait terminer l’année avec une accélération à 2,3% dans la zone euro, avant de ralentir à 1,8% en 2018 et à 1,6% en 2019. Aux Etats-Unis, elle ressortirait à 2,2% en 2017, avant de se stabiliser à 2,3% en 2018 et 2019.

Sur les marchés du travail, la situation continue de s’améliorer, le taux de chômage devant revenir de 9,1% en 2017 à 8,8% en 2018, puis à 8,6% dans la zone euro et se stabiliser autour de 4,3% aux USA. Dans les principales économies émergentes, la croissance continuerait de se renforcer, bénéficiant notamment de l’amélioration de la demande émanant des pays avancés.

Mouvement haussier des prix du pétrole

Sur le marché des matières premières, les prix du pétrole ont poursuivi  leur mouvement haussier, le cours moyen devant ressortir à 52,8 dollars le baril en 2017, contre 42,8 dollars le baril en 2016. A moyen terme, ils s’établiraient à des niveaux relativement plus élevés que prévu en septembre, en relation avec l’amélioration des perspectives de la croissance mondiale et les tensions géographiques, ainsi qu’avec la reconduction de l’accord sur la réduction de la production. 

Une bonne campagne

Au niveau national, la croissance s’est établie à 4,2% au deuxième trimestre, portée par une bonne campagne. Elle devrait, selon les projections de Bank Al-Maghrib, ressortir pour l’ensemble de l’année à 4,1%, avec un rebond de 14,7% de la valeur ajoutée agricole, après un recul de 12,8% en 2016 et une amélioration de 2,2% à 2,7% pour celles des activités non agricoles.

Sur le plan du travail, les données du troisième trimestre montrent une relative amélioration de la situation par rapport au même trimestre de 2016. Sur le plan des comptes extérieurs, elles enregistrent une nette amélioration aux onze premiers mois de l’année.

Dons du CCG

Pour leur part, les recettes des voyages et les transferts des MRE se sont accrus de 6,5%, tenant compte d’une entrée de dons du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) autour de 8 millions de dirhams. Le déficit du compte courant devrait terminer l’année 2017 à 3,6% du PIB, au lieu de 4,4% en 2016 et les réserves de change avoisineraient 239 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 5 mois et 24 jours d’importations.

S’agissant des finances publiques, elles poursuivent leur ajustement. L’exécution budgétaire des dix premiers mois de l’année s’est soldée par un déficit en allégement de 5,1 milliards de DH par rapport à la même période de 2016 à 30,4 MMDH. Tenant compte de ces évolutions le déficit budgétaire se poursuivrait conformément aux objectifs du gouvernement, le déficit devant se maintenir autour de 3% du PIB.

La réforme de la flexibilité est revenue sur le tapis lors de la conférence de Presse du wali de Bank Al-Maghrib. Le Maroc, a dit Abdellatif Jouahri, doit faire des réformes, entre autres celles de la flexibilité des changes, mais loin de toute surenchère et dans l’intérêt du pays, chacun devant apporter sa pierre à l’édifice pour aller vers un avenir meilleur. «Nous ne dévaluerons pas et ferons ce passage de manière volontaire, n’étant pas en crise de change, contrairement à nombre de pays», a-t-il ajouté et que la volonté politique revient au gouvernement qui doit se concerter avec la Banque Centrale.

Mohammed Nafaa

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