mercredi 22 novembre 2017

Attentats de Barcelone : L’Espagne était-elle seule visée ?

Alors que les enquêteurs espagnols poursuivent leurs investigations, après les attentats de Barcelone et Cambrils, dont le bilan est finalement passé à 15 morts, la police néerlandaise a arrêté un homme de 22 ans. Et ce, jeudi 24 août, dans le cadre de l’enquête sur «la menace terroriste» qui a causé l’annulation d’un concert de rock, après un avertissement de la police espagnole.

Le suspect, qui occupe une habitation à Brabant dans la province du sud du pays “est détenu et est entendu sur la menace à Rotterdam”, a indiqué la police de Rotterdam dans un communiqué, précisant que le conducteur espagnol d’une camionnette immatriculée en Espagne contenant des bonbonnes de gaz et interpellé mercredi restait détenu. 

Cette nouvelle arrestation intervient dans un climat tendu, six jours après les événements tragiques en Espagne, alors que l’enquête menée par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et de la Direction générale de la sécurité intérieure, porte sur les possibles ramifications internationales de la cellule des djihadistes, et les déplacements de plusieurs de ses membres à l’étranger.

Selon les premiers résultats de cette enquête, au moins un des suspects, dont le nom n’a pas été dévoilé, s’est rendu à Zurich en décembre dernier. Le trajet de deux jours –les 11 et 12 août- de plusieurs djihadistes membres de la cellule, composée de douze terroristes, figure au cœur de ces investigations. Déplacements révélés mardi 22 août, qui ont montré que plusieurs suspects avaient passé la nuit dans un hôtel d’entrée de gamme à Malakoff (Hauts-de-Seine), dans la région parisienne. Le lendemain, après une visite dans un centre commercial de Paris et une Fnac, ainsi que l’achat d’un appareil photo, les membres de la cellule auraient ensuite repris la route vers l’Espagne, à bord d’une Audi A3.  Cette voiture, qui a été utilisée comme voiture-bélier contre les passants dans la station balnéaire de Cambrils en Catalogne, a été flashée près de Paris par un radar le 12 août, selon le ministère français de l’Intérieur.

Avant le jour «J», il n’y a toutefois aucune information qui peut laisser penser que le réseau djihadiste s’apprêtait à lancer un double attentat dans la région catalane, selon la police locale. Mais la double explosion au gaz de sa planque, survenue le 16 août, à Alcanar, à 200 km de la capitale catalane l’aurait poussé à agir dans l’empressement. Le lendemain, une camionnette conduite par Younes Abouyaaqoub avait fauché des dizaines de passants sur les Ramblas, à Barcelone, causant la mort de treize personnes et blessant une centaine d’autres. Quelques heures après, cinq terroristes avaient foncé en voiture (Audi A3) sur la foule dans la station balnéaire de Cambrils, tuant une personne, avant d’être abattus par la police espagnole. Les dégâts auraient pu être bien pires. L’un des suspects a révélé devant la justice que la cellule des djihadistes préparait «des attaques de plus grande envergure» que celles de Barcelone et Cambrils. Ce même suspect a souligné que la cellule visait des «monuments» à l’aide des bombes. Sous les décombres de la maison d’Alcanar, la police a découvert 120 bombonnes de gaz et des traces de substances ordinairement utilisées pour produire du TATP, un explosif utilisé par Daesh.

Au total, huit des 12 membres présumés de la cellule sont morts : cinq abattus vendredi dans la localité de Cambrils, où ils ont foncé à bord de l’Audi contre un barrage de police, deux tués ( l’artificier et l’imam, suspecté d’être le chef du groupe terroriste) dans l’explosion accidentelle, mercredi 16 août, de la maison d’Alcanar, transformée en fabrique d’explosifs, et Younès Abouyaaqoub ayant frappé les Ramblas de Barcelone, lundi 21 août, dans l’après-midi. Les quatre suspects encore en vie du groupe terroriste responsable des attentats meurtriers ayant fait 15 morts et 126 blessés ont été inculpés, mardi 22 août,  «pour appartenance à une organisation terroriste» par l’Audience nationale à Madrid.

Aujourd’hui, on en sait un peu plus sur les personnes impliquées dans les attentats de Catalogne. A l’exception d’un suspect de nationalité espagnole, ils sont tous marocains. Même si l’Etat islamique revendique les attentats meurtriers, il faut dire que les membres de la cellule ne sont pas arrivés de loin pour mettre à exécution leurs actes terroristes en Espagne. La plupart des interpellés et des auteurs présumés abattus semblent être des habitants de longue date de la Catalogne. Dans cette région de l’Espagne, où, en avril dernier, après les actes terroristes perpétrés à  Bruxelles, neuf personnes avaient été interpellées. Tous des hommes entre 30 et 40 ans, un de nationalité espagnole et le reste de nationalité marocaine. Ils avaient été arrêtés à Barcelone – principal foyer du terrorisme jihadiste en Espagne, selon le think tank Real Instituto Elcano- pour appartenance à une organisation terroriste.

Pourquoi des jeunes marocains figurent souvent sur la liste des réseaux terroristes en Europe ? Pourquoi en arrivent-ils là ?  Le comportement de ces jeunes montre-t-il l’échec de l’éducation reçue dans certains pays européens ? Qu’est-ce qui pousse ces Marocains à se radicaliser ? Le danger est en tout cas réel, et on ne peut pas nier l’ampleur de ce phénomène très inquiétant. Les chiffres sont d’ailleurs là pour le prouver. Un rapport du think tank Real Instituto Elcano, datant de 2016, souligne que 45% des personnes arrêtées entre juin 2013 et mai 2016 en lien avec Daech étaient de nationalité espagnole et 41% de nationalité marocaine.

Naima Cherii

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