Pandémie de Covid-19 | Hausse du chômage à 15 % en Algérie

Les journalistes algériens dénoncent un climat de peur dans le pays

La crise sanitaire engendrée par la propagation de la pandémie de Covid-19 a durement impacté l’Algérie qui devrait connaître une augmentation du taux de chômage pour se situer autour de 15 %, selon un rapport onusien.

“Selon les résultats de notre modèle, le taux de chômage se situerait autour de 15%”, explique ce rapport des Nations unies, intitulé “Analyse rapide de l’impact socioéconomique de la Covid-19 sur l’Algérie”.

Les auteurs de cette analyse, publiée par les médias algériens, font observer que les effets de l’épidémie apparaissent, notamment, dans le secteur professionnel, chez les travailleurs journaliers et les Petites et moyennes entreprises (PME).

D’après ce document d’une cinquantaine de pages, les mesures du confinement décidées par les autorités, dès le début du mois de mars 2020, ont touché tous les secteurs de l’économie, mais à des degrés d’impact différents.

Il fait remarquer que les “entreprises font face à des pertes substantielles qui menacent leur fonctionnement et leur solvabilité, notamment les petites entreprises et une grande partie de travailleurs risquent d’être exposés à des pertes de revenus et à perdre leur travail”.

Selon la même source, les conséquences sur les activités génératrices de revenus sont particulièrement sévères pour les employés sans protection sociale ou les travailleurs journaliers ainsi que pour les personnes les plus vulnérables au sein de l’économie informelle qui représenterait 46% de l’économie algérienne.

Elle note que l’impact de cette crise sanitaire s’explique également par le manque de progrès vers certains Objectifs de Développement Durables, fixés par l’ONU.

En d’autres termes, la crise de Covid-19 est certes une crise sanitaire, mais ses développements vont bien au-delà de la stricte dimension sanitaire, risquant de faire régresser les progrès accomplis depuis plusieurs décennies pour combattre la pauvreté, met en garde ce rapport.

Pour remédier à cette situation, l’analyse souligne qu’en conformité avec l’agenda 2030, qui engage tous les secteurs à ne laisser personne pour compte, la réponse à la crise du Covid-19 doit soutenir les personnes et groupes les plus vulnérables, dont les femmes, les jeunes filles, les enfants, les personnes âgées, les travailleurs informels, les migrants et les réfugiés, tout en prévenant l’émergence de nouvelles vulnérabilités.

Pour ce faire, il recommande “l’identification de ces vulnérabilités, qui constitue une “condition sine qua non d’une réponse efficace et multisectorielle à l’impact économique et social de la Covid-19”.Il souligne que les réponses à apporter par les pouvoirs publics à cette crise, devraient rendre la société plus résiliente et plus solidaire à l’avenir.

Il estime que pour répondre aux défis socioéconomiques liés à la pandémie Covid-19, “la protection des groupes les plus vulnérables et l’activation des leviers accélérateurs d’une relance socioéconomique sur des bases plus durables et écologiquement saines seront d’une grande importance”.

Le document juge “important” de mener des études approfondies pour mieux évaluer l’impact au niveau des différents secteurs socio-économiques. Outre la protection sociale comme un élément stratégique de réponse aux crises et aux risques divers, le rapport estime que “l’injection de liquidités au niveau des entreprises et des foyers permettra un rebondissement rapide et la restauration de la confiance en l’avenir”.

“Il y a, d’un côté, les aides spécifiques de solidarité pour compenser la perte des revenus ou l’augmentation des coûts de vie des ménages, de l’autre, l’accès au financement à travers le réseau bancaire ou non bancaire selon des formules innovantes au niveau national et international permettra aux entreprises de se recapitaliser et de réaliser leur potentiel”, suggère le rapport.

Il insiste sur l’investissement dans la transition vers l’économie verte et circulaire, les énergies renouvelables et les pratiques de production plus durables qui génèrent des emplois et préparent l’industrie et le secteur des services à l’économie de l’avenir.

Il préconise aussi l’accélération de digitalisation, de l’intelligence artificielle et les Nouvelles technologies de la communication et de l’information (NTIC), ainsi que l’exploitation du potentiel des jeunes.

Tout le long de l’année 2020, l’Algérie s’est retrouvée confrontée à une série de chocs économiques et financiers qui résultent essentiellement de la rechute des cours du brut dès le début de l’année avec un déficit de la balance commerciale estimée à 10,6 milliards de dollars.

LR/MAP

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