Ould Selma Au-delà de la libération…

La décision de libérer Mustapha Ould Salma a donc été prise par le Polisario qui l’a annoncée dans une dépêche datée du mercredi 6 octobre. On peut lire dans la dépêche : «Les autorités sahraouies ont décidé ce mercredi depuis la localité de Mhériz (territoires libérés) la mise en liberté de Moustapha Selma, à la demande des organisations internationales des droits de l’Homme». Et la dépêche de poursuivre : «Les autorités sahraouies entreprennent actuellement des contacts avec des organisations internationales intéressées pour la mise en œuvre de cette décision qui se déroulera dans les territoires libérés où il est actuellement détenu».

 

Pour ceux qui suivent de près cette affaire, les mots utilisés dans la dépêche ont une signification précise.

D’abord, on y a, pour la première fois une indication (officielle du Polisario) concernant l’endroit où serait détenu Ould Salma : «les territoires libérés» (sic).

Ensuite, la mention de ce que le Polisario appelle «territoires libérés» est loin d’être innocente ou routinière. Il faut rappeler que ces «territoires» que le Polisario prétend avoir libérés sont ceux qui se trouvent de l’autre côté du mur de sable érigé par le Maroc et que Rabat considère comme une zone tampon (notamment, pour les besoins du contrôle par la MINURSO du cessez-le-feu décidé en 1991, sous l’égide de l’ONU). 

Lorsque le Polisario précise que tout se passe en «territoires libérés» et non à Tindouf, territoire algérien, il tente de disculper l’Algérie.

Cette affaire ayant tourné en eau de boudin, il est acculé à tenter d’en assumer seul la responsabilité.

Que devient Ould Salma ? Selon un communiqué du Comité d’action pour sa libération, diffusé quelques heures après l’annonce de la décision du Polisario de le libérer, «Les autorités algériennes et les milices du Polisario» ont procédé à son «éloignement vers une zone isolée loin des camps de Tindouf où résident sa famille et ses proches» et «aucun membre de sa famille ou l’un de ses proches n’a pu prendre contact avec lui et s’assurer de sa sécurité et de son état de santé physique et psychique». Le Comité d’action s’est dit très inquiet «quant aux mesures de représailles que pourrait subir le militant sahraoui, d’autant que les milices du Polisario ne se départissent guère de leur attitude hostile envers lui».
Nous en étions là au moment où nous devions mettre sous presse, mais le dossier n’est pas clos, loin s’en faut… Le Polisario est pris au piège. S’il laisse Ould Salma retourner auprès des siens, ce dernier ira jusqu’au bout de ses idées et engagera un débat dans les camps de Tindouf autour de la proposition marocaine d’autonomie. S’il l’en empêche, la mobilisation des siens se poursuivra et il faudra qu’il en réponde devant l’opinion publique internationale.

En réalité, l’affaire Ould Salma aura marqué un tournant définitif dans le dossier du Sahara, celui de braquer les projecteurs sur les camps de Tindouf et sur ce black out kafkaïen imposé aux populations qui y vivent.

Le glas a sonné pour cette situation irrationnelle -et illégale au regard du droit international- où même le HCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés) est interdit de procéder au recensement de ces populations. Rien ne sera plus comme avant. Le Maroc -qui aurait tort de lâcher prise à ce sujet- n’en a, semble-t-il nullement l’intention. A Genève, ce 4 octobre, il a interpellé le HCR à propos de l’appel du Secrétaire général de l’ONU concernant l’enregistrement des populations des camps de Tindouf. Appel figurant dans son dernier rapport au Conseil de Sécurité. Le Maroc a dit suivre de près les démarches du HCR, pour la mise en oeuvre de cet appel. Allant plus loin, il a estimé que le HCR était chargé par le SG de l’ONU d’un double mandat : recenser les populations des camps de Tindouf et mettre en place un plan d’action et un calendrier pour des entretiens individuels avec chaque membre de cette population, afin de l’informer de ses droits, notamment celui de pouvoir quitter les camps. Non, rie ne sera plus comme avant…

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