Lettre ouverte à Messieurs les députés Par M’jid

M jid

Nous sommes à l’heure des comptes! Et la raison nous impose plus que jamais de faire un bilan de nos activités.
A l’heure où une nouvelle majorité gouvernementale s’installe, il est bon d’attirer l’attention des responsables, quel que soit leur niveau, sur le fonctionnement de notre modèle démocratique et de tirer les leçons qui s’imposent à l’occasion de cette nouvelle législature!

Tout au long de ces dernières années, on n’a pas cessé d’agiter et d’élever le principe de gouvernance comme règle d’or pour gérer les affaires du pays…
A la lumière de l’expérience historique que nous continuons de vivre, avec ses hauts et ses bas bien sûr, il est une autre règle qu’il convient de respecter: la cohérence. Tout gouvernement, qui est appelé à gérer le pays, devrait se conformer à ce principe cardinal de la cohérence, qui est synonyme aujourd’hui d’une rationalisation de nos moyens et d’une adéquation de ceux-ci avec une nouvelle politique. Gouverner, c’est prévoir, n’est-ce pas?
A l’heure où tous les gouvernements du monde réduisent les dépenses et les coûts, nous en sommes encore, nous autres, à vivre fastueusement, à maintenir le même train de vie dispendieux d’il y a quelques années et, pour finir, à nous faire reprendre à la baguette par le FMI et la Banque mondiale. Le déficit budgétaire est faramineux: il est passé à 17,5 milliards de dirhams à fin mars 2013, contre 6,6 milliards de dirhams en 2012, soit trois fois. La dette publique de l’Etat dépasse les 24 milliards de dollars.
A eux seuls, ces deux indicateurs nous donnent une idée inquiétante de la situation actuelle. La question est de savoir comment y pallier et comment identifier d’abord les racines de cette déficience et mettre le doigt sur la plaie. Je proposerais donc les mesures suivantes qui ne souffrent aucune ambiguïté et qui relèvent du bon sens politique et de la raison.
Premièrement, il faut fermer ce que j’appelle l’inutile et fastidieuse Chambre des conseillers, dont les membres sont au nombre de 270, élus au suffrage indirect. Imaginons leur salaire à tous, multiplié par 12 et les avantages y afférents… On tombe des nues au vu de la coquette bagatelle que cette «chambre d’enregistrement» coûte à l’Etat, aux collectivités et au peuple marocain. Quel est l’intérêt d’une Chambre de conseillers qui, en dépit de prétendus débats contradictoires, ne fait qu’entériner et n’a aucune force exécutoire? Ce n’est pas remettre en cause l’équilibre constitutionnel recherché, c’est chercher l’efficacité par des économies majeures!
Deuxièmement, je propose, dans le même esprit d’efficacité, la réduction drastique du nombre de députés de la première Chambre. On peut en effet se livrer à un exercice de benchmark avec les grands pays comme les Etats-Unis, la Chine, le Brésil ou la Grande-Bretagne… pour découvrir la criarde entropie de notre système politique et parlementaire. On rappellera que la proclamation des candidats au parlement lors des campagnes électorales est, toutes tendances confondues, de défendre l’intérêt général et celui des populations sollicitées! Jusqu’ici, les promesses électorales ont rarement été tenues et respectées, l’expérience nous prouvant qu’une fois élu, le candidat, qui se démène la veille du scrutin, dispense promesses et distribue même de l’argent à tour de bras pour recueillir les voix, disparaît le lendemain sans crier gare. C’est si vrai que c’est devenu une habitude caractéristique de toutes les élections où, quelles que soient la couleur et la nature du parti, on assiste à un véritable marché des valeurs, d’accréditation et de «tazkia»! A la base donc, il y a déjà un discrédit jeté sur la politique et ceux qui la font!
L’intérêt général, c’est aussi le sacrifice et l’abnégation! Etre député n’est pas une fonction, mais une mission! On voudrait que les élus de la Chambre des représentants comprennent cette dimension et la finalité de cette vérité. Or, beaucoup pensent qu’ils ont dégoté une sinécure.
Je propose en l’occurrence la suppression pure et simple du salaire versé aux députés qui est la richesse des contribuables et du peuple qui exprime vainement ses attentes. Supprimer les salaires dans le cadre d’un plan d’économie et de rationalisation correspond bel et bien aux objectifs que le pays se fixe, à savoir alléger le lourd fardeau des dépenses, restructurer ces dernières, allouer les investissements là où il faut et redonner confiance aux populations, enfin… Il faut, à mon avis, juste prendre en charge les frais de déplacement et d’hébergement des députés, créer aussi une indemnité de présence, seule mesure pour combattre l’absentéisme, qui est à l’activité parlementaire ce qu’une infection est à l’organisme: elle l’affaiblit…
A l’heure actuelle, un débat fougueux se déroule sur fond de crise budgétaire pour réduire le parc automobile de l’Etat! Belle anticipation du gouvernement, encore faut-il aller jusqu’au bout dans les coupes, parce que les voitures et véhicules de service public n’ont jamais fait l’objet d’une rationalisation efficace. On les voit circuler en dehors des horaires de service, livrés aux dépenses de l’essence, à des «missions» personnelles, même le dimanche et les jours fériés! L’Etat est devenu la vache à lait! Et puis, il y a aussi le choix des véhicules haut de gamme qui atteignent les sommes colossales de 800.000 dirhams, pour une voiture de prestige confiée à un directeur de département ou un titre équivalent!
Dans le même esprit, j’en appelle à un certain patriotisme pour dire qu’il faut acheter marocain, made in Morocco! C’est la seule manière d’inciter l’industrie automobile marocaine -aujourd’hui exportatrice d’ailleurs- et d’éviter la sortie de devises. C’est de la gabegie qui obère le budget de l’Etat, ni plus, ni moins.
Messieurs les députés, ne vous offusquez pas, ne dites pas non! Prouvez que, réellement, vous défendez les intérêts du peuple et l’intérêt général. Applaudissez plutôt des deux mains cette initiative globale et, conscients que vous êtes de sa nécessité, mettez-là en application.
Avant de conclure, un cri d’alarme s’impose: que signifient les mascarades à haut risque de l’Istiqlal et de l’USFP? Ces deux partis, comme les autres, ne sont-ils pas déjà étiquetés? A quoi servent-ils? Récupèrent-ils une virginité perdue? Une virginité politique, sociale et morale?
Consultez le peuple, il vous dira ce qu’il en pense, de vous, de vos conclusions. Il vous dira unanimement: «Nous n’avons confiance que dans les 60 hizbs du Coran et Sidna»! C’est facile d’élever la voix, de hurler, de fabriquer des slogans quant à la cherté de la vie… Etes-vous mieux placés que la Banque mondiale ou le FMI dont -hélas pour nous!- nous restons dépendants, comme d’autres, pour justifier ces hausses?
Messieurs, dites-nous en toute honnêteté, ne vous forcez pas parce que vous êtes incapables de le dire: combien ont coûté ces dernières mascarades de samedi et de dimanche, ces autobus mobilisés à grands frais? D’où vous avez sorti ces stocks de millions?

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Un commentaire

  1. j’ai déjà décidé ,avec ma famille ,de ne pas voter la prochaine fois ,d’ailleurs je ne m’intéresse guerre aux députés ,ni aux membres du gouvernement sans cohérence ,hier PJD anti RNI , aujourd’hui alliés ,que comprendre rien !

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