jeudi 17 août 2017

USFP : Chami succédera-t-il à Zaïdi ?

Reda chami

La disparition tragique d’Ahmed Zaïdi relance le débat sur le devenir de l’USFP en proie à une crise latente. Le courant «Al Infitah wa Addimoucratia» survivra-t-il à son initiateur? Et Chami en sera-t-il le successeur?

L’USFP se débat depuis son 9ème Congrès national dans une zone de turbulence et peine à en sortir tellement les points de vue des frères-ennemis concernant le parti demeurent discordants. La disparition subite et tragique d’Ahmed Zaïdi n’a fait qu’aggraver davantage la situation, en ce sens que les socialistes se retrouvent avec un legs laissé par le défunt, en l’occurrence «Al Infitah wa Addimoucratia», courant que les opposants du premier secrétaire de l’USFP ont constitué au lendemain du Congrès national dont les résultats ont été dénoncés par Ahmed Zaïdi. Celui-ci avait disputé le leadership du parti à Driss Lachgar. Le vétéran Abdelwahed Radi avait dit à ce propos: «Il n’y avait pas falsification, mais carrément fraude».
La disparition d’Ahmed Zaïdi, loin de donner un répit à Driss Lachgar, a au contraire relancé le débat sur «l’après-Zaïdi» et, du coup, sur le sort et l’avenir du courant «Al Infitah wa Addimoucratia». Un avant-goût a d’ores et déjà été donné quelques instants après l’inhumation d’Ahmed Zaïdi. Plusieurs noms ont été proposés pour prononcer l’oraison funèbre, dont Abdelwahed Radi et Mohamed El Yazghi, vu leur ancienneté au parti et de leur âge. Le 1er secrétaire Driss Lachgar a été écarté d’office. «Le défunt, connu pour sa franchise, n’aurait pas, même mort, supporté un témoignage hypocrite de la part de son adversaire», a dit l’USFPéiste Abdelhadi Khayrat. Par conséquent, le choix est tombé sur Ahmed Réda Chami, ce qui laisse supposer qu’il est le plus apte à relayer Ahmed Zaïdi et à prendre les rennes pour mettre sur pied une alternative démocratique, vu qu’il a toujours été proche du défunt, que c’est un ancien chef du groupe USFP à la Chambre des représentants et qu’il avait partagé avec le défunt moult valeurs et convictions.

Si l’on en croit des sources socialistes, le choix de Chami pour prononcer l’oraison funèbre, au lieu de Abdelwahed Radi, ne serait pas fortuit. Il signifierait une démarcation par rapport à la logique consensuelle suivie jusqu’à aujourd’hui par ce vétéran. Celui-ci nous a d’ailleurs confié: «Il faut continuer à colmater les brèches du parti». Pour sa part, Abdelhadi Khayrat reconnaît que les bons offices de Radi et de lui-même n’ont pas abouti vu que toutes les propositions ont été repoussées par Driss Lachgar, y compris celle faite par Radi de prendre personnellement la tête du groupe parlementaire. Ahmed Zaïdi avait, quelques jours seulement avant sa disparition tragique, rencontré un sage du parti, Abderrahman Youssoufi. Même si rien n’a filtré de cette rencontre, des sources socialistes ont rapporté qu’il était question de médiation et de recherche d’un consensus qui éviterait une regrettable cassure et, par conséquent, toute menace visant l’existence même du parti.
Les rangs des mécontents au sein de l’USFP, nous a confié un député socialiste, grossissent de jour en jour. Plus encore, un courant se profile à l’horizon. Avant la disparition d’Ahmed Zaïdi, le courant «Al Infitah wa Addimoucratia» avait fait savoir qu’il cherchait à frapper aux portes du parti UNFP que l’on disait agonisant. Il serait même question, nous a déclaré un militant socialiste, d’élargir les bases du courant opposant et de l’ouvrir sur d’autres tendances. On lui aurait reproché justement de ne pas chercher à élargir ses horizons. C’est ce qui fait que nombre de militants socialistes ne cautionnent pas outre mesure le choix du courant et lui préfèrent un parti peut-être recomposé, mais solide. «Les courants, reconnaît Abdelhadi Khayrat, ne réussissent même pas dans les pays européens et encore moins dans un pays comme le Maroc. Le risque est qu’il (le courant) se recroqueville sur lui-même».
Il serait hypocrite, reconnaît un vieux routier de l’USFP, de laisser croire que l’USFP est en bonne posture. Au contraire, il vit la débâcle, traversé qu’il est par divers courants occultes. L’après-Zaïdi s’annonce difficile.

Mohammed Nafaa

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