jeudi 21 septembre 2017

Dar El Baroud : Quand Salé découvre ses trésors

Le site de Dar El Baroud témoigne d’un savoir-faire ancestral qui a toujours marqué la ville de Salé et sa mémoire collective, depuis l’époque médiévale.

C’est du moins, ce qu’affirme l’historien et professeur à l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), Hassan Limane. Selon ce chercheur, la fouille de sauvetage, réalisée sur le site de Dar El Baroud du 13 mars au 13 avril 2017, a révélé l’importance indéniable du site sur les plans historique, archéologique et artistique.
Sur le plan historique, l’occupation humaine sur le site s’étale sur une période allant au moins du 12ème au 20ème siècle, période durant laquelle le site a joué le rôle de quartier de potiers, de poudrière, de siège des Pachas de Salé, de parc urbain et de conservatoire de musique. Pourtant, atteste l’historien, les textes historiques n’ont jamais évoqué la présence d’un quartier artisanal dédié à la fabrication de la céramique.
Sur le plan archéologique, ce quartier de potiers d’époque médiévale, nouvellement mis à jour, est unique au Maghreb. Il s’agit d’une découverte majeure en archéologique marocaine. En effet, ce ne sont pas moins de trente fours dans la partie dégagée jusqu’ici qui ont été découverts, en plus de l’identification de trois ateliers qui remontent au 12ème siècle.
Et Limane de faire savoir que l’étude a permis de mettre au jour une typologie riche et variée de fours, relevant que le quartier a connu au moins trois phases évolutives de construction de fours.

Un site, une histoire

Fondée par le Sultan Moulay Abderrahmane Ben Hicham en 1846, ce site, qui était dédié au dépôt des armes et de la poudre, incarne, sur le plan artistique, la permanence et la pérennité de l’art de la production de la céramique (fine, glaçure, peinte, commune), la brique, le zellige et les margelles de puits, entre autres. Ainsi, il peut être considéré comme le témoin d’un savoir-faire ancestral qui a toujours marqué la ville de Salé et sa mémoire collective, depuis l’époque médiévale et jusqu’à nos jours, tel que le quartier des potiers de l’Oulja.
Il y a un mois, une équipe d’archéologues spécialisée a été dépêchée sur le site de Dar El Baroud à Salé, suite à la découverte d’un four ancien lors des travaux de construction d’un théâtre sur ce site. Cette fouille de sauvetage a permis de découvrir un nombre important de fours sur l’entièreté du site. Il s’agit d’une trouvaille majeure qui permet de lire l’histoire de Salé à travers l’existence de ce quartier industriel qui remonte au 12ème siècle. Une 2ème fouille sera entreprise pour voir l’envergure de ce quartier de potiers et permettre aux pouvoirs publics de prendre une décision quant à l’affectation de cet espace qui était dédié au départ à des infrastructures culturelles, tout en tenant compte de la richesse des trouvailles.

Hamid Dades

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