dimanche 26 mai 2019

Sommet de Marrakech : La quadrature de la migration

Pour les migrations comme pour l’environnement, les conférences internationales se suivent. Les bonnes intentions aussi. Mais chaque fois, cela bloque sur certains pays et certaines crispations. Le choix du Maroc, une fois de plus, est un hommage au rôle du royaume et à sa disponibilité pour les bonnes causes. Mais, bien sûr, ce ne sera pas suffisant.

Les Nations Unies (ONU) ont désigné le Maroc pour abriter la Conférence Internationale sur la Migration (CIM 2018), qui se tiendra les 10 et 11 décembre 2018. L’Assemblée générale de l’institution internationale a ainsi adopté, à l’unanimité, une résolution sur les modalités de ce rendez-vous, notamment le choix de la thématique «Conférence intergouvernementale chargée d’adopter le Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières».

Venant compléter les travaux du Forum Mondial sur la Migration et le Développement, co-présidé par le Maroc et l’Allemagne, la CIM 2018 constitue le plus grand événement international sur la question de la migration. Un rendez-vous important, puisqu’il devrait voir l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, premier document onusien sur la question de la migration dans sa globalité.

De toute façon, ce sera une nouvelle consécration pour le royaume et une reconnaissance de son rôle dans la gestion migratoire dans le monde, en général et particulièrement en Afrique et dans l’espace euro-méditerranéen.

Les migrations, objet d’un Pacte mondial soumis à approbation, lors d’un sommet, les 10 et 11 décembre à Marrakech, déchaînent plus que jamais les passions, dans une période propice aux crises sur plusieurs continents.

En juillet, à l’exception notable des Etats-Unis, tous les pays de l’ONU avaient adopté ce Pacte à New York, après de longues négociations.

Non contraignant, ce document de 25 pages, premier du genre sur ce sujet, recense des principes -défense des droits de l’homme, des enfants, reconnaissance de la souveraineté nationale- et une vingtaine de propositions, pour aider les pays à faire face aux migrations, en facilitant l’information, l’intégration des migrants, l’échange d’expertises…

Le Pacte interdit les détentions arbitraires, n’autorisant les arrestations qu’en dernier recours.

Dès 2017, la nouvelle administration républicaine de Donald Trump avait quitté les discussions, affirmant que les dispositions du Pacte étaient contraires à sa politique migratoire et sa volonté d’en finir avec les arrivées illégales en provenance d’Amérique centrale.

Depuis juillet, les retraits ou les reports de décision s’accumulent. La représentante spéciale de l’ONU pour les migrations, la Canadienne Louise Arbour, a balayé, mardi 27 novembre, les critiques, mettant sur le compte de la xénophobie et des politiques intérieures les volte-face enregistrées. «Ce n’est pas un traité, mais un cadre de travail» qui est proposé pour un «sujet mondial», a-t-elle asséné, en insistant sur le caractère non contraignant du texte. A l’été, la Hongrie s’était rapidement alignée sur la position américaine et, à l’approche du Sommet au Maroc, plusieurs autres pays viennent aussi de renoncer ou de geler leur décision: parmi eux, l’Australie, la République tchèque, Israël, la Pologne, l’Autriche, la Bulgarie, la Slovaquie, la Belgique et la Suisse.

Benjamin Netanyahu a annoncé qu’Israël ne signera pas le Pacte mondial de l’ONU sur les migrations. «J’ai donné comme instructions au ministère des Affaires étrangères de ne pas signer le Pacte mondial pour les migrations. Nous nous sommes engagés à surveiller nos frontières contre l’arrivée de migrants illégaux. C’est ce que nous avons fait et que nous continuerons de faire».

Après le sommet de Marrakech, où le texte doit être formellement entériné sans signature, une résolution est prévue à l’Assemblée générale. Avec une dernière approbation sans vote et par consensus, espère-t-on encore à l’ONU… où l’on ne cesse de souligner la réalité des chiffes.

Le nombre de migrants dans le monde est estimé à 258 millions, soit 3,4% de la population mondiale. Plus de 258 millions de personnes dans le monde ne vivent pas dans leur pays de naissance. Ces migrants internationaux représentent plus de 3,4% de la population mondiale. D’après les Nations Unies, en 2017, le monde comptait 258 millions de migrants internationaux, c’est-à-dire des personnes installées dans un pays différent de celui où elles sont nées. Ces dernières ne représentent qu’une faible part de la population mondiale: environ 3,4%. Leur nombre progresse. Il est ainsi passé de 220 à 248 millions entre 2010 et 2015 (+2,4% par an en moyenne). En 2017, sur les 258 millions de migrants internationaux dans le monde, 106 millions sont nés en Asie. L’Europe est la région de naissance du deuxième plus grand nombre de migrants (61 millions), suivie par l’Amérique latine et les Caraïbes (38 millions) et l’Afrique (36 millions). Les réfugiés, estimés à 25,9 millions en 2016, représentent seulement 10% des migrants internationaux. La plupart (82,5% des réfugiés) vivent dans des pays en développement.

PZ

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