lundi 10 décembre 2018

Emergence du Maroc : Les pistes retenues par l’OCDE

Le Maroc est décidé à rejoindre le cercle des pays développés. Pour y parvenir, il doit accorder la plus grande importance aux stratégies sectorielles, à la formation et à la compétitivité des entreprises.

L’Examen multidimensionnel du développement au Maroc, réalisé par le Centre de développement relevant de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), recommande d’œuvrer en faveur d’une plus grande cohésion entre les politiques publiques et les stratégies sectorielles, pour une plus grande efficacité dans l’action de l’Etat. Cette étude, dont les résultats ont été présentés par le directeur du Centre, Mario Bizina, lundi 13 mai 2018 à Rabat, lors d’une rencontre présidée par le chef de gouvernement, Saâd-Eddine El Othmani, a relevé que la réalisation de cette cohésion passe par une vision de développement définie par des objectifs prioritaires, comprenant les orientations politiques générales à long terme.

Repenser les stratégies sectorielles

L’adoption des stratégies sectorielles doit répondre à un certain nombre de critères. Ainsi, l’ensemble de ces stratégies doit avoir une vision, un budget et des horizons définis, en déterminant, dès le départ, les opérateurs concernés et leurs responsabilités, tout en prenant en considération les stratégies en cours de réalisation. 

L’étude a également mis l’accent sur l’importance de renforcer les mécanismes institutionnels de coordination dans la mise en place des stratégies sectorielles et de soutenir les prises de décision via un système intégré de suivi de l’exécution de ces stratégies.

Outre le développement des ressources humaines, l’étude a aussi souligné l’importance de développer la culture de l’évaluation et de la reddition des comptes. Selon le document, la réforme budgétaire est également un moyen d’assurer une meilleure cohésion entre les stratégies sectorielles et les politiques publiques.

Rehausser le niveau de la formation

S’agissant du domaine de l’éducation, l’étude a relevé que le Maroc accuse un retard en la matière, par rapport à d’autres pays comme la Tunisie et la Turquie. Elle a noté que la moyenne des années de scolarisation chez les plus de 25 ans est de 4,3 ans, contre 8 ans en Tunisie et 10 ans en Turquie. L’Examen recommande, dans ce sens, une meilleure exploitation des ressources financières dédiées à l’éducation et une meilleure gestion des ressources humaines, en plus de la poursuite des efforts déployés dans les infrastructures, les programmes de soutien scolaire, le renforcement du statut général de formation continue des enseignants et l’adaptation de la formation des élèves selon les besoins du marché.

Dans l’objectif de rehausser le niveau de la formation, le Maroc est appelé à procéder à une meilleure planification des besoins et à une meilleure répartition des ressources humaines, tout en rendant plus attractifs les parcours professionnels des enseignants, a estimé l’étude. Une stratégie de soutien scolaire en faveur des élèves en difficulté doit également être mise en place, en vue de réduire l’absentéisme scolaire. L’étude a souligné que l’amélioration des conditions de travail et la mise en place d’une prime de mobilité et de rendement permettraient d’attirer de nouvelles compétences à l’enseignement. Il est nécessaire, a-t-elle souligné, d’avoir une corrélation entre la formation et les besoins du marché. Et d’appeler à renforcer davantage la formation professionnelle et à mettre en place des mécanismes effectifs pour anticiper les besoins du marché.

Renforcer la compétitivité

S’agissant de la compétitivité industrielle, l’étude a signalé que le Maroc doit renforcer la compétitivité de ses entreprises, à travers le soutien de l’innovation, la mise en place d’un secteur logistique structuré et de qualité et l’utilisation des standards de qualité par les entreprises, l’Etat et les consommateurs. Le renforcement de la compétitivité industrielle, l’amélioration de la formation et la cohésion entre les politiques publiques et les stratégies sectorielles sont les trois principaux piliers du développement au Maroc, a conclu l’étude.

Intervenant lors de la cérémonie de présentation des résultats de l’étude multidimensionnelle du développement au Maroc, Saâd-Eddine El Othmani a relevé que les recommandations issues de cet examen permettront d’améliorer le contenu et la gouvernance des politiques publiques, en termes d’amélioration du capital humain, de renforcement de la compétitivité économique, de garantie des politiques et programmes publics, de rationalisation du rôle de l’Etat et de renforcement de la culture du suivi et d’évaluation.  Cet Examen, a-t-il ajouté, est une opportunité pour identifier les lacunes qui doivent être traitées, particulièrement celles liées au développement humain et à la réduction des inégalités sociales et spatiales au Maroc. El Othmani a relevé que cette étude s’inscrit dans le cadre d’une relation de coopération et de liens étroits entre le Maroc et l’OCDE, en particulier grâce au programme régional adopté en 2015 par le Royaume et l’Organisation, dans l’objectif de réaliser une convergence qualitative entre les deux parties.

Pour rappel, l’Examen multidimensionnel du développement au Maroc, lancé en février 2016, qui a donné lieu à la publication de plusieurs rapports, est la 3ème étude du genre réalisée en Afrique, après celles de la Côte d’ivoire et du Sénégal.

ML

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