mardi 22 août 2017

Maroc/Manifestations et marches : La parole à la rue

Ce n’est pas hier que les manifestations du Rif ont commencé. Cela fait sept mois et demi que des «Manifs», plus ou moins pacifiques, se succèdent. D’abord, à Al Hoceïma, où elles sont devenues quotidiennes depuis l’arrestation de Zafzafi et de ses autres compagnons du «Hirak». Puis, dans les autres villes du Rif. Et, petit à petit, dans toutes les régions du Maroc… Avant la plus grande de toutes ces manifestations, la marche de Rabat du 11 juin dernier.

Toutes se disent d’abord des manifestations ou marches de solidarité avec le Rif, mais les manifestants font aussi leurs les revendications exprimées.

Ce n’est pas seulement pour le Rif, mais pour eux-mêmes qu’ils réclament justice sociale, dignité, moralisation de la gouvernance, chasse aux élus et fonctionnaires corrompus, service public efficient, infrastructures de base pour les zones enclavées, accès équitable aux soins, à l’éducation, au transport…

Pendant de longs mois donc, ces revendications ont été exprimées dans le Rif, sans que cela inquiète outre mesure… Le pays était en stand-by: exécutif en situation de blocage, interminable bras de fer autour des partis devant participer ou non au nouveau gouvernement… Les doléances, les investissements, la loi de Finances… Tout cela était relégué au second plan.

Erreur grave, le gouvernement n’a pas pris la mesure de l’impact que pouvait avoir cette situation sur l’opinion publique, de façon générale.

Irrités par l’inconscience -voire la suffisance- des hommes politiques, excédés par la crise due à une des plus faibles croissances enregistrées ces dernières années, encouragés par une contestation qui allait crescendo, de trop nombreux citoyens étaient prêts à en découdre avec la paix sociale, partout dans le pays.

La contestation du Rif a donc très facilement trouvé écho là où on l’a vue se déclarer peu à peu… Aussi bien dans les bourgades défavorisées que dans les plus grandes villes.

Et c’est avec consternation que l’on a pu constater l’étendue du mécontentement populaire, cette rage exprimée non plus seulement sur les réseaux sociaux, mais dans la rue. Les slogans scandés, les banderoles brandies, la détermination affichée par les contestataires, en ont dit long sur ce mécontentement et cette rage.

La parole n’était plus aux politiques, mais à la rue. L’est-elle encore aujourd’hui ?

Une chose est sûre, quand la rue prend la parole, tous les voyants se mettent au rouge. Le gouvernement ne peut plus se permettre le moindre laxisme.

Il faut certes éteindre le feu là où il a pris d’abord. Toute réponse apportée aux revendications du Rif sera la bienvenue. Mais, à ce stade de la contestation, il faut des actions en direction de tout le pays. Et cela ne tient pas aux moyens financiers seulement.

Des actions symboliques mais fortes, donnant des gages de sérieux, des preuves d’un véritable intérêt des gouvernants pour le peuple, entre autre, sont à même de rétablir l’écoute mutuelle.

En un mot, outre les réponses matérielles qui devront être apportées, il faudra reconquérir le peuple, remobiliser le front intérieur. Car, c’est de là que part toute légitimité. Les expériences des printemps arabes l’ont bien montré. Et ce que l’on a surtout constaté, lors de la marche du dimanche 11 juin, c’est que de trop nombreuses parties sont encore en attente d’un printemps arabe au Maroc. En attestaient la mobilisation d’Al Adl wal Ihsane, la réapparition des symboles du Mouvement du 20 février, les positionnements personnels des mécontents de certains partis politiques (PJDistes en tête), etc.

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