lundi 21 août 2017

Maroc-Monaco : Qui s’en souvenait ?

Prince Moulay Rachid maroc et prince Albert de Monaco

Le Prince Albert 1er sur les pas de son trisaïeul

Le Prince Albert II de Monaco a effectué une visite de trois jours au Maroc, où il a été reçu par le Prince Moulay Rachid, mercredi 5 mars à l’aéroport de Rabat-Salé. Les deux Princes ont, entre autres, inauguré une exposition sur les voyages du Prince Albert 1er au Maroc, à la fin du XIXe siècle !

L’exposition intitulée «Le prince Albert 1er de Monaco à la découverte du Maroc à la fin du 19ème siècle» relate, à travers des photographies et des écrits, le périple du Prince Albert 1er au Maroc, entre 1894 et 1897.

Elle a été également marquée par la projection en boucle d’un petit film réalisé, en 1897 à Safi, par le trisaïeul de SAS le Prince Albert II de Monaco, qui serait probablement la première scène filmique tournée au Maroc. Un patrimoine restauré exclusivement pour cette occasion. Ce fonds iconographique est enrichi par des objets prêtés à l’occasion par le Musée océanographique de Monaco, lesquels restituent l’environnement dans lequel s’effectuaient les explorations scientifiques du Prince Albert 1er. Cet événement, organisé sous le Haut patronage de SM le Roi Mohammed VI, propose au grand public de précieux témoignages historiques et ethnographiques sur le Royaume.
L’exposition, qui se tient à la Galerie nationale Bab Rouah de Rabat, est actuellement ouverte au grand public jusqu’à la fin du mois d’avril, avant d’être présenté, du 12 mai au 31 juillet, à la galerie des «Archives du Maroc.

Après Rabat, le Sud…

A souligner aussi que, lors de cette visite de trois jours au Maroc, le prince Albert II a aussi visité le site archéologique de Chellah et les locaux de la Fondation Orient-Occident, partenaire du Haut-commissariat aux Réfugiés et de l’AMSAT (association marocaine de soutien et d’aide aux personnes trisomiques, partenaire de l’ONG Handicap International). Le Prince s’est rendu aussi dans la région d’Agadir où il a visité le parc national de Souss-Massa, afin de constater le succès de la réintroduction de l’ibis chauve, espèce en voie de disparition, soutenue par la Fondation Prince Albert II.
Le Prince s’est aussi rendu, toujours à Agadir, dans un centre médical dédié à l’enfance en difficulté, en partie financé par la Direction de la Coopération internationale de la Principauté de Monaco.
SAS le Prince Albert II de Monaco était à la tête d’une délégation comprenant, notamment, le Conseiller de gouvernement pour les Relations extérieures et la Coopération, José Badia et le Conseiller au cabinet princier, Didier Gamerdinger, ainsi que des représentants d’institutions monégasques.

Bouchra Elkhadir

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Comprendre Monaco : Une identité dynastique pour un véritable pays

monaco

Le déplacement au Maroc du Prince Albert II a mis Monaco sous le regard des médias marocains. Les lecteurs du Reporter ne le savent peut-être pas, mais Patrice Zehr a avec Monaco des liens très étroits. Ancien rédacteur en chef de Radio Monte Carlo, puis de RMC info, il a été à ce titre l’un des acteurs de la fondation de la radio Medi 1. Titulaire des pages internationales du Reporter, il est également le rédacteur en chef du mensuel d’actualité «La Principauté». Qui, mieux que lui, peut décrire Monaco, un vrai pays… Voici ce qu’il en dit.

On a de Monaco une image largement déformée par la presse people. Mais Monaco est un vrai pays. Son identité est largement dynastique. Voilà plus de 7 siècles que les Grimaldi sont souverains en leur rocher. Pour les monégasques, mais aussi les résidents étrangers, l’affection et le respect pour la famille princière est l’élément fondateur d’une communauté nationale.
Le génie des Grimaldi a été de savoir s’adapter. Ils ont toujours épousé leur temps en restant eux-mêmes. Au départ, ces seigneurs génois ont quitté le grand port rival de Venise pour des raisons de guerre civile et religieuse. Ils l’ont fait avec leur famille et leurs clientèles. Ils se sont emparés par ruse du rocher tenu alors par une petite garnison. Ils y sont toujours restés depuis.
Les Grimaldi ont fait la guerre au Moyen-âge, ont été courtisans à Versailles, une princesse sera la dernière guillotinée de Robespierre et ils épouseront le cinéma américain au lendemain de la deuxième Guerre avec la romance entre Rainier et Grace Kelly.
Entre-temps, amputée des trois quarts de son territoire, Monaco a failli disparaître et a été sauvée par le coup de génie, sous Napoléon III, de la fondation de Monte-Carlo et de son casino.
Aujourd’hui, le Prince Albert II se place dans la lignée d’Albert 1er, prince savant et amoureux du Maroc. Albert II prône la lutte pour l’environnement et l’éthique dans le sport. Ses grands hommes sont Kennedy, Martin Luther King et Mandela, comme pour son épouse la Sud-africaine, la princesse Charlène.
Un Monaco très humanitaire, notamment sur le plan médical pour les enfants. Un pays cependant que la presse française n’aime pas vraiment. On lui reproche d’être un refuge pour riches -même si Monaco n’est plus sur la liste des paradis fiscaux- et surtout de ne pas être une démocratie normalisée.
En effet, Monaco est une monarchie constitutionnelle, mais ce n’est pas une démocratie parlementaire. Il y a un parlement élu, mais le gouvernement nommé par le Prince n’est pas responsable devant ce parlement; il ne peut pas être renversé.
Les Monégasques sont très attachés aux institutions et au pouvoir princier. Le Prince peut maintenant nommer un Premier ministre monégasque, mais il ne l’a pas encore fait.
En effet, le Premier ministre -le ministre d’Etat- est un Français choisi par le prince sur une liste française. On est sur la fin d’un système assez choquant qui veut passer d’une sorte de «protectorat» à une véritable communauté de destin partagé en toute indépendance.
L’indépendance de Monaco passe maintenant plus par Bruxelles que par Paris. Monaco, Etat très particulier où les nationaux sont minoritaires, a besoin d’accords particuliers pour préserver ses spécificités, dont une priorité nationale d’emploi.
L’Europe peut-elle accepter la différence qui impose la prise en compte de la diversité dans le partage des valeurs? C’est une question qui ne concerne pas que Monaco. Un pays qui est le principal bassin d’emploi et de prospérité du sud-est de la France et de la Riviera italienne.
On est loin, très loin de la carte postale de la principauté d’opérette, paradis fiscal vivant de son casino et de quelques ultras riches. Cette réalité, le Prince Albert est venue l’exposer au Maroc, un pays bien placé pour comprendre ceux qui luttent pour leur indépendance dans une volonté d’entente avec ses voisins et veulent bâtir un avenir nouveau, sans oublier les pesanteurs du passé.

Patrice Zehr

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