lundi 21 août 2017

CAN-CAF : Sanctions exagérées et objections du Maroc

faouzi lakjaa

Lourdement sanctionné par la Confédération Africaine de Football, le Maroc rejette en bloc toutes les sanctions.

Alors là, c’est la meilleure! Après avoir écarté la sélection marocaine de football de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), la Confédération africaine de football (CAF) s’en prend une nouvelle fois au football marocain. L’instance a décidé de lui donner le coup de grâce. Celui de priver le football marocain des deux prochaines Coupes d’Afrique des Nations, CAN 2017 et CAN 2019. En outre, le Confédération a infligé une amende d’un million de dollars à la Fédération royale marocaine de football (FRMF). «Le Comité exécutif de la CAF a décidé de suspendre la sélection nationale du Maroc pour les deux prochaines éditions de la Coupe d’Afrique des Nations, celles de 2017 et de 2019 et d’infliger à cette même Fédération une amende réglementaire de 1 million de dollars », d’après la CAF. Et ce n’est pas encore fini. «Le Comité Exécutif de la CAF a décidé par une mesure distincte de mettre à la charge de la Fédération Royale Marocaine de Football la somme de huit millions et cinquante mille euros (8.050.000 Euros) en réparation de l’ensemble des préjudices matériels subis par la CAF et les parties prenantes du fait du désistement survenu», selon la même source.
Initialement pays organisateur de la CAN 2015, qui s’est finalement déroulée en Guinée Equatoriale, le Maroc avait demandé, le 10 octobre 2014, un report du tournoi pour des raisons sanitaires liées au virus Ebola.

La Confédération rappelle qu’elle avait opposé «une fin de non-recevoir à cette demande et s’était vue dans l’obligation, le 11 novembre 2014, après plusieurs échanges épistolaires, de retirer au Maroc l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations Orange 2015». Et la CAF considère: «Contrairement à ce que soutient la Fédération royale marocaine de football, la force majeure ne saurait être retenue au bénéfice de cette fédération», ce qui a motivé sa décision de sanctionner le Maroc en le privant des deux prochaines éditions de l’épreuve africaine et d’infliger à la FRMF une lourde amende.
Apparemment, Issa Hayatou (président de la CAF depuis la nuit des temps, 1987) a plutôt plaidé pour que les sanctions contre le Maroc soient plus «clémentes» que celles prônées par le Comité exécutif de la CAF qui voulait interdire les clubs et la sélection nationale de toutes les compétitions jusqu’à la Coupe du Monde 2022 au Qatar (mais en vérité ils n’ont pas le droit, car c’est une décision qui est prise par la FIFA). Nos confrères de «L’EQUIPE» ont même titré: «Hayatou a sauvé le Maroc», tout en ajoutant: «Deux tendances lourdes s’affrontaient dans les coulisses et Issa Hayatou a plaidé la cause du Maroc. Hayatou a dit en substance: Si vous faites ça, vous tuez le football marocain».
En tout cas, la fédération marocaine ne restera pas les bras croisés face aux sévères sanctions de la CAF. En effet, les membres du Comité directeur de la FRMF se sont réunis, ce mardi 10 février 2015, afin d’examiner les sanctions que lui a infligées la Confédération. Dans ce sens, le Comité directeur s’est dit grandement étonné des décisions prises par la CAF et a affirmé qu’elles ne correspondaient en rien aux conclusions de la réunion tenue préalablement au Caire avec Issa Hayatou. Ainsi et après avoir étudié de très près le dossier, «le Comité directeur de la FRMF rejette l’ensemble de ces sanctions sportives et financières et considère que les décisions prises par le Comité Exécutif de la CAF vont à l’encontre du développement du football africain et ne reposent sur aucune base réglementaire», selon la FRMF. A cet égard, le Comité directeur de la Fédération s’est engagé à prendre toutes les dispositions et mesures nécessaires pour faire prévaloir les droits et intérêts du football marocain. Il a décidé de laisser la latitude au président de la FRMF pour prendre toutes les dispositions et mesures qu’il jugera appropriées. Pour Mohand Laenser, ministre par intérim de la Jeunesse et des Sports, la décision de la CAF est «sévère» et «provocatrice».
Suite à cette affaire, l’Union africaine des footballeurs (UAF) s’est attaquée à la CAF. Elle «apporte son soutien indéfectible» aux fédérations tunisienne et marocaine «victimes du comportement scandaleux de la CAF avec à sa tête son président Issa Hayatou». «Ces destructeurs du football africain, envahis par l’immaturation à prôner l’illusion sous couvert des textes juridiques en leur donnant une autre lecture à l’ouïe des Africains, comme ils le veulent, dans le but de préserver leur dominance, en infligeant des sanctions en plusieurs étapes, anesthésiant les tentatives de recours, pour réduire les fédérations nationales à des adeptes dociles à s’incliner devant une dictature infâme et sordide», estime l’UAF. Enfin, l’Union appelle à «une mobilisation générale de tous les membres de la grande famille du football africain pour que le football de notre grand continent soit remis aux véritables footballeurs».

Anas Hassy

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