Sahara-USA | Trois erreurs

Depuis que les Etats Unis ont reconnu la pleine souveraineté du Maroc sur le Sahara, trois erreurs sont commises et méritent qu’on s’y arrête une bonne fois pour toutes.

La 1ère erreur, on l’a déjà dit, mais on va le répéter jusqu’à ce que cela soit bien assimilé, consiste à croire qu’avec cette reconnaissante les Etats Unis et le Maroc entendent se retirer du processus onusien en cours. Ce n’est pas le cas. Aussi bien les Etats Unis que le Maroc l’ont clairement indiqué, au plus haut niveau.

Côté américain, le Président Trump, en annonçant la reconnaissance de la Souveraineté marocaine sur le Sahara, n’a pas manqué de préciser que l’initiative marocaine d’autonomie est la seule solution réaliste, sérieuse et pragmatique de ce conflit. Initiative, rappelons-le, que le Maroc a mise sur la table de l’ONU en 2007 et que, depuis lors,  les 14 résolutions annuelles du Conseil de Sécurité ont régulièrement qualifiée de sérieuse et crédible. Si le Président Trump a évoqué cette initiative marocaine, en l’appuyant -et après lui, le Sous-Secrétaire d’Etat américain pour l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, lors de sa tournée en Algérie et au Maroc début janvier 2021- c’est que les Etats Unis comptent bien la défendre. Sans compter la lettre adressée le 15 décembre 2020 au Conseil de Sécurité par la Représentante permanente des Etats-Unis auprès de l’ONU -document officiel du Conseil de sécurité, donc- où il a été précisé que la proclamation américaine soutient également que «la proposition marocaine d’autonomie est la seule base pour une solution juste et durable au différend sur le territoire du Sahara».

Côté marocain, le Roi Mohammed VI, dans son dernier entretien avec le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, a assuré ce dernier de la volonté du Maroc de continuer de soutenir ses efforts dans le cadre du processus politique. Le Souverain a simplement rappelé au Secrétaire Général de l’ONU ce à quoi tient -et a toujours tenu- le Maroc. Que ce processus politique –autrement dit, les négociations menées sous l’égide de l’ONU-  reprenne «sur la base de paramètres clairs», qu’il implique «les véritables parties à ce différend régional» et qu’il permette «une solution réaliste et réalisable dans le cadre de la souveraineté du Maroc».

Il n’a donc jamais été question d’abandonner un processus que l’ONU, de son côté, dans les divagations de la partie adverse, voudrait continuer d’imposer au Maroc et aux Etats Unis… Bien au contraire, la solution d’autonomie proposée par le Maroc reste bien sur la table de l’ONU et a désormais plus de force avec un tel appui d’un membre permanent du Conseil de Sécurité.

La 2ème erreur, elle, est encore plus consternante. Elle consiste à avancer que les Etats Unis violent le droit international en reconnaissant la Souveraineté du Maroc sur le Sahara. De même que les autres pays qui ont ouvert un Consulat au Sahara, ce qui équivaut à une reconnaissance de Souveraineté.

Ainsi donc, lorsque le Polisario collectionnait les reconnaissances par certains Etats africains et latino-américains (qu’il a quasiment toutes perdues aujourd’hui), c’était légal ? Cela ne violait pas le droit international, ni allait à l’encontre du processus onusien ? Mais dès lors que c’est le cas pour le Maroc, cela devient une violation de la légalité internationale ??

En réalité, n’en déplaise aux «experts» que la presse algérienne rameute pour alimenter son «Maroc Bashing» à coup de théories foireuses, tout Etat qui voudrait reconnaître la Souveraineté du Maroc sur son Sahara y a droit… Tout comme l’Algérie, l’Iran, ou l’Afrique du Sud, apportent leur pleine reconnaissance (et pour l’Algérie c’est peu dire) aux séparatistes du Polisario.

Enfin, la 3ème erreur consiste à avancer que la proclamation de reconnaissance de la Souveraineté marocaine sur le Sahara par le Président Trump n’engage que lui et que cette initiative et tout ce qui l’a suivi disparaîtront avec l’arrivée au pouvoir du nouveau Président des Etats Unis, Joe Biden.

Nous n’aurons pas l’outrecuidance de la presse algérienne en prêtant au Président Biden, avant même qu’il ne mette le pied à la Maison Blanche, des intentions dont nul ne sait encore ce qu’il en sera concernant le dossier du Sahara, qui n’est du reste pas en tête de ses priorités, au vu de l’actualité brûlante de son pays, aujourd’hui.

Une chose est sûre. La reconnaissance de la marocanité du Sahara par l’Administration Trump a été faite dans la totale légalité, la procédure ayant respecté les conditions prévues par la loi américaine. Elle a été faite par un Etat souverain, tout en s’inscrivant dans la poursuite du processus onusien auquel adhèrent toutes les parties. Cette reconnaissance a été suivie d’autres initiatives allant dans le même sens: l’adoption de la carte du Maroc intégrant son Sahara, par l’OTAN (Organisation du Traité Atlantique Nord), puis par la CIA (Central Intelligence Agency). Un accord militaire courant sur 10 années (2020-2030) a été signé entre le Maroc et les Etats Unis. Les deux pays ont d’autres accords: sécuritaires, de libre échange, etc.

Le Président Biden et les Démocrates peuvent être «remontés» par les lobbies du pouvoir algérien, qui ne manqueront certainement pas de le faire, profitant (d’autant plus) du rejet du Président Trump et de tout son «héritage» par ses successeurs à la tête des USA.

Cependant, détricoter tous ces liens stratégiques, militaires, sécuritaires et économiques, entre le Maroc et les Etats Unis, ne semble évident que dans la presse algérienne.

Le Maroc ne restera pas les bras croisés, à voir ses adversaires s’attaquer à ses acquis. Car pour le Maroc, la cause est sacrée. Il y va de son intégrité territoriale !

…Question récurrente: Il y va de quoi pour le pouvoir d’Alger ?

Bahia Amrani

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