La presse marocaine, marginalisée…?

Le Maroc, en ce moment, est sur tous les fronts.

Jamais la diplomatie marocaine n’a été aussi active.

Certes, elle est plus souvent sur la défensive que le contraire, mais une chose est sûre –et tous ceux qui ont eu maille à partir avec le Maroc, ces derniers temps, ont pu le constater- il est fini le temps où, face aux attaques, Rabat se contentait de se draper dans sa dignité, convaincu que son bon droit suffisait à sa défense.

Le Maroc rend désormais coup pour coup. Il n’hésite ni à s’expliquer, ni à mobiliser tout ce qui peut l’être (selon les cas) pour la défense de son point de vue, ni même à se déplacer sur le terrain, en milieu hostile pour faire entendre sa voix.

C’est ce que l’on a vu lorsque le ministre des Affaires étrangères, Taïeb Fassi Fihri, est allé en personne au parlement européen dénoncer les mensonges du Polisario et de ses supporters en Espagne et ailleurs et apporter la preuve de ce qu’il dénonce.

C’est, avant cela, ce que l’on a vu lorsque, tout ministre qu’il est, Taïeb Fassi Fihri est allé en Espagne pour dire aux médias espagnols qu’ils ont enfreint toutes les règles de l’honnêteté, de l’éthique et du professionnalisme.

Tout ceci est bien, pourvu que le Maroc défende ses causes.

Néanmoins, ce n’est pas sans une petite pointe d’amertume que la presse nationale a vu toute l’importance accordée par nos responsables à la presse étrangère…

Le ministre Fassi Fihri n’a pas fait le déplacement à Madrid pour s’adresser au gouvernement espagnol, ni aux partis d’opposition (parti populaire et extrême gauche), mais uniquement pour s’adresser aux médias espagnols ! Et cela au moment où la presse marocaine, cherchant désespérément des informations de première main, devait se contenter de communiqués officiels…

Les rapports entre le pouvoir et les médias marocains, tout le monde le sait, sont passés par plusieurs phases.

D’abord, un vent de liberté qui a soufflé très fort au début du règne Mohammed VI. Puis une montée en spirale de la défiance avec, d’un côté, des dérives médiatiques et, de l’autre, des excès administratifs. Et enfin, la phase actuelle où la presse sent bien que tout a changé…

Même pour la réforme du code de la presse, il y a eu un recul. Alors que le Roi avait appelé le gouvernement à associer la profession à la réforme –c’était il y a un bail… en 2004- l’échec de la démarche concertée, en 2007, semble avoir sonné le glas de cette approche. Aujourd’hui, la profession apprend que le nouveau code est quasiment prêt. Elle n’a jamais été consultée…

Une partie de la presse nationale estime que c’est mieux ainsi, chacun assumant sa responsabilité, sans plus…

Une autre partie, quant à elle, ne peut s’empêcher de formuler le vœu qu’un jour, les relations entre le pouvoir et la presse nationale atteignent un niveau de qualité égal à celui que l’on voit dans les démocraties qui nous servent de modèle et où la presse est si valorisée, autant chez elle que… chez nous !

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