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COVID-19 | Parmi tout cela, quel est le pire ?

Il est certain que tous autant que nous sommes, souffrons, d’une manière ou d’une autre, de cette situation inédite où il faut mener une guerre non conventionnelle, avec les moyens que l’on “peut”, contre un ennemi invisible, qui vaut toutes les armées de la terre et dont les victimes se comptent par dizaines, centaines et milliers, dans chaque pays. 

Mais qui en souffre le plus ? 

Qu’y a-t-il de plus terrible dans cette guerre contre le nouveau Coronavirus baptisé Covid-19 ? 

Parmi tout ce que nous impose cette pandémie du Covid-19, tout ce que l’on vit, ce que l’on voit… Quel est le pire ?

Est-ce la perte de cette liberté de circuler à volonté, dans nos rues, nos villes, de chez soi à une destination de son choix et vice-versa…?

Une liberté dont nous, qui avions la chance de ne subir ni guerre, ni occupation, ne réalisions pas à quel point elle était précieuse, tant dans notre subconscient cette liberté était acquise et banale…?

Aujourd’hui que l’état d’urgence sanitaire et le confinement ont réduit à néant notre mobilité, pour un temps nécessairement limité, mais qui nous paraît une éternité, est-ce cela qu’on estime être le pire ?

Ou le pire, est-ce cette phobie de “contracter” la mort, rien qu’en touchant quelque chose ou en passant à côté de quelqu’un, si le “quelque chose” ou le “quelqu’un” se trouvait être porteur du virus tueur ?

Ou bien cette phobie de devenir nous-mêmes porteurs à notre insu et de contaminer ceux qui nous sont chers ?

Ou encore cette méfiance obsessionnelle à l’égard de tout, y compris de notre propre corps, de nos vêtements et du grain de poussière qui viendrait à se poser sur nous ? 

En tout état de cause, le pire n’est pas le même pour tous…

Le risque d’être contaminées en allant au marché n’est rien aux yeux de ces femmes qui, du fait du confinement, se retrouvent enfermées avec un mari caractériel et violent, qui leur inflige coups et torture, de nuit comme de jour, parfois jusqu’à ce que mort s’ensuive…

Être contaminé dans la rue n’est rien, non plus, aux yeux de tous ceux qui vivaient précisément de la rue et des quelques pièces qu’ils y récoltaient… Eux, pour qui le pire, aujourd’hui, c’est ce qu’est devenue leur existence, confinés dans leur bidonville, obligés de s’entasser à 3 générations dans une baraque en tôle, où ils avaient l’habitude de dormir à tour de rôle ; et se retrouvant impuissants face à tous ces besoins que la rue comblait et que même réunies, l’aide exceptionnelle de l’État et celle parfois d’une association, ne sont en mesure de couvrir…

Enfin le pire, pour ceux qui n’ont plus rien à craindre de la vie, ainsi que pour tous les membres de leur famille, n’est-ce pas d’être “parti” dans de telles circonstances ?

Alors que le rituel est tellement important pour accompagner un être cher à sa dernière demeure ; réunir ceux qui le connaissaient, le côtoyaient, l’appréciaient ; partager avec eux ces moments de solennité, le jour de la levée du corps, de son inhumation… La veillée religieuse… Et tout ce que les traditions comptent d’expressions d’adieu à ceux qui s’en vont… Qu’est-ce qu’il reste de tout cela pour ceux qui décèdent dans la rigueur de l’état d’urgence sanitaire et du confinement ?

Moins de 10 personnes pour les porter au cimetière… Si le décès a eu lieu dans une autre ville, enterrement dans cette même-ville… Pas de transport de corps de ville à ville… Pas de visites d’amis, ni même de membres de la famille extérieurs au foyer, pour partager ces moments de peine… etc, etc.

Nombreux sont ceux qui se surprennent à remercier le ciel d’avoir perdu ceux qu’ils aiment avant la Pandémie et d’avoir pu leur dire adieu en bonne et due forme…

Tandis que les autres prient pour n’avoir surtout pas à se séparer de l’un des leurs durant cette guerre contre le maudit virus…

Finalement, y a-t-il vraiment des degrés dans le pire ?

Tout est insoutenable dans cette catastrophe sanitaire. Pour les uns, pour les autres, pour tous…

Mais à voir avec quelle bravoure se battent tous ceux qui sont en première ligne pour éradiquer le Covid-19 et mettre un terme à ces souffrances, parfois au péril de leur vie, parfois même en y laissant leur vie… Il y aurait de l’indécence à se plaindre !   

Bahia Amrani

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