vendredi 18 août 2017

Tragédie de Tan-Tan : «Maman, sauve-moi!»

Message d une victime de l accident de tantan avant deces

Ce vendredi 10 avril, à 6 heures 21 minutes, la maman de Soufiane a reçu un message de détresse de la part de son fils disant: «Maman, sauve-moi! On a fait un accident… Haytam est en train de brûler à côté de moi».

Il s’agit de l’un des enfants morts incinérés dans le tragique accident routier survenu au niveau de la commune Chbika dans la région de Tan-Tan, suite à la collision frontale entre un autocar et un camion. Bilan effroyable: 34 personnes ont trouvé la mort dans cette tragédie. L’autocar transportait une délégation sportive qui se dirigeait vers Laâyoune, après avoir participé aux Jeux nationaux des écoles de sport à Bouznika. 20 enfants, âgés de 8 à 14 ans, figurent parmi les victimes de l’accident. «Je dormais et je me suis réveillé en sursaut, en raison du bruit d’une forte collision. L’autocar a pris feu après avoir percuté un camion-citerne, qui transportait vraisemblablement du carburant. Je les ai vus en train de brûler après avoir été asphyxiés par le gaz», raconte Mohamed Tair, un des rescapés de cet accident dramatique.
Aussitôt informé, le Roi Mohammed VI a exprimé «ses vives condoléances et sa compassion, implorant le Très Haut d’entourer les défunts de Sa sainte Miséricorde, d’accorder patience et réconfort à leurs proches et un prompt rétablissement aux blessés».

SM le Roi a ordonné la diligence d’une enquête afin de déterminer les responsabilités. Le Souverain a également «décidé de prendre en charge personnellement les frais de transfert des dépouilles et leur inhumation, des obsèques et des soins des blessés». Il a par ailleurs donné ses Hautes instructions aux autorités compétentes pour «apporter toute l’aide nécessaire aux familles des victimes innocentes et de les entourer d’une attention particulière».
Le ministre de l’Equipement et des Transports, Aziz Rebbah, a nié que la voirie soit responsable de l’accident qui a causé la mort des 34 personnes près de Tan-Tan. «Cet accident n’a rien à voir avec l’état de la voirie. Toutes les conditions étaient réunies pour que cet accident n’ait pas lieu: le bon état de la route, la renommée de la société de transport et le contrôle technique qui était en règle. Aujourd’hui, nous attendons les résultats de l’enquête afin de déterminer (les causes)», a avancé Rebbah lors de la séance des questions orales qui s’est tenue le mardi 14 avril à la Chambre des représentants.

Pas de trafic de carburant !

Par ailleurs, certains médias électroniques ont relayé des informations selon lesquelles le camion entré en collision avec un autocar serait un camion-citerne utilisé dans le trafic de carburant et qu’il serait doté d’une citerne supplémentaire transportant une grande quantité d’essence. Suite à ces rumeurs, le ministère de l’Intérieur a démenti catégoriquement que le véhicule entré en collision avec l’autocar, dans la province de Tan-Tan, soit un camion-citerne utilisé dans le trafic de carburant. Il s’agit d’un camion de transport international de marchandises appartenant à une société basée à Casablanca.
Le ministère rappelle également que les services de la Gendarmerie Royale ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de cet accident tragique, sous la supervision du parquet général compétent.
Il faut dire que le Maroc a fait quelques progrès en ce qui concerne la sécurité routière. Preuve en est que le Royaume a connu une baisse significative de la gravité des accidents de la circulation durant l’année 2014, selon les chiffres dévoilés par le Comité permanent de sécurité routière.

Qu’en est-il de la sécurité routière ?

«L’année 2014 a enregistré une baisse significative de la gravité des accidents de la circulation, avec un recul de 6,04% du nombre d’accidents mortels, de 8,74% des décès et de 14,81% du nombre des blessés graves», a précisé Brahim Baamal, directeur des Transports routiers et de la Sécurité routière. Les mesures prises par le gouvernement lors de la période estivale 2014, notamment l’adoption d’un programme spécifique pour cette période, ont abouti à des résultats positifs contribuant à l’amélioration des indicateurs de la sécurité routière. Durant les trois dernières années, les efforts en matière de sécurité ont permis de sauver 841 vies humaines et 3.117 blessés graves qui risquaient d’être frappés d’une invalidité permanente et près de 13.035 vies humaines en une décennie. La stratégie nationale intégrée de la sécurité routière, qui s’étale sur une période de 10 ans, vise à inverser la tendance à la hausse des accidents de la circulation et à réduire, d’une manière constante, le nombre de tués et de blessés graves, conformément à une vision faisant de la sécurité routière une priorité nationale, dans la perspective d’une diminution tangible et continue du nombre des victimes des accidents de la circulation.

Benchmarking

Des efforts ont été consentis, concernant les routes: radars, policiers et gendarmes vigilants… Mais c’est encore loin d’être suffisant. A titre d’exemple, le nombre de morts sur la route, en France, a été divisé par cinq en 40 ans. Cette importante chute du nombre d’accidents mortels s’explique par la création du Comité interministériel de la sécurité routière, le 5 juillet 1972 (le nombre de tués sur les routes dépassait, cette année-là, 18.000 personnes, soit près de 50 quotidiennement). Pour lutter contre ce fléau, les pouvoirs publics français ont adopté un lot de mesures, notamment une nouvelle réglementation routière (circulation, permis, limitation de vitesse), la sécurité des véhicules (équipements, crash tests), ainsi que l’aménagement des infrastructures (ronds-points, autoroutes…). Résultat: le nombre de tués en France a été divisé par cinq, soit 300.000 vies épargnées (l’équivalent d’une ville comme Nantes) et ce, malgré une hausse significative du trafic.
Au Maroc, un véhicule tue 14 fois plus qu’en France.

Quelles leçons en tirer ?

Aujourd’hui, il est plus qu’évident que le comportement du conducteur marocain a besoin de nouvelles mesures, notamment en matière de sensibilisation et de responsabilisation. L’accident tragique qui a eu lieu au sud de Tan-Tan nous rappelle à quel point les routes marocaines sont dangereuses, avec une moyenne de 4.000 décès annuellement.
Tous les Marocains sont concernés et ils devraient se mobiliser pour mettre fin à ces crimes de la route. Il grand est temps de penser à inculquer du civisme aux citoyens en les associant à la lutte commune contre les crimes sur les routes.

Anas Hassy

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Les détails de Boulif qui intriguent…


Mohamed Najib Boulif, ministre délégué chargé du Transport, a livré quelques détails sur l’accident tragique survenu près de Tan-Tan. Il a fait savoir que l’enquête suit son cours normal et qu’elle va élucider les circonstances de l’accident. «L’enquête va élucider ces circonstances (de l’accident, Ndlr). La route sur laquelle est survenu l’accident est en bon état et ne peut être considérée comme l’une des causes du drame», d’après le ministre. Boulif a également révélé: «Le rapport de l’enquête technique a été rendu» et «la vitesse n’est pas le facteur clé pour comprendre ce qui s’est passé. Quelque chose d’autre est entré en jeu et c’est l’enquête scientifique, qui est actuellement menée, qui peut éclaircir les circonstances de l’accident».
En ce qui concerne l’application du Code de la route, concernant les autoroutes et les accidents de la circulation au Maroc, Boulif a indiqué que la mise en œuvre des dispositions de cette loi se fait progressivement. «Le gouvernement a pu présenter, en quatre ans, une série de propositions pour l’amendement de plusieurs points sur la base d’une approche participative», selon la même source. Dans le cadre de la politique de proximité en matière de sécurité routière, le ministre a indiqué que son département est sur le point de déterminer dix premières villes pour les impliquer dans la gestion du dossier de la sécurité routière.

Flashs

Les larmes de l’imam
Le Roi Mohammed VI a accompli la prière du vendredi 15 avril à la mosquée Annasr à Rabat. Le docteur Mohamed Hassan El Gharbi, médecin et érudit, a conduit la prière. Evoquant dans son prêche le tragique accident d’autocar survenu près de Tan-Tan et qui s’est soldé par 33 morts, dont des enfants, l’imam n’a pas pu contenir son émotion. Ainsi, il a présenté ses condoléances au Souverain, les larmes aux yeux et la voix étranglée par l’émotion.

Issengar parmi les victimes
Parmi les victimes du tragique accident survenu près de Tan-Tan, figure l’ex-champion d’athlétisme, Mohamed Issengar. Ce spécialiste du 5.000 mètres avait participé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Rentré au Maroc, après ses deux étés passés dans le Loiret (2005 et 2006), il s’occupait de jeunes athlètes locaux depuis de longues années. C’est précisément dans le cadre de cette fonction qu’il a trouvé la mort.

Les internautes exigent un deuil national
A travers les réseaux sociaux, les internautes marocains réclament un deuil national pour rendre hommage aux victimes de l’accident près de Tan-Tan. A cette occasion, plusieurs pages Facebook en soutien aux victimes et appelant à décréter un deuil national ont rassemblé des dizaines de milliers de «j’aime». Le drapeau marocain en noir et blanc a également circulé sur les réseaux. Sur Twitter, le hashtag #bnademrkhiss (l’être humain ne vaut pas cher) a été lancé. Pour rappel, les inondations qui ont causé la mort de dizaines de personnes avaient déjà poussé certains internautes à demander un deuil national, mais sans succès.

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