dimanche 24 septembre 2017

Hygiène et propreté : Le grand échec des villes marocaines

Nous souhaitons tous vivre dans un environnement sain, dans des espaces où l’hygiène est une réalité vécue au quotidien. Nous voulons tous évoluer dans une ville propre et belle. Tel est le vœu de chaque habitant marocain. 

Dans la réalité de tous les jours, il en va autrement. A Casablanca par exemple, on assiste à une augmentation de toutes sortes de pollutions et de nuisances qui nous exposent directement ou indirectement à plusieurs risques de maladies. Entre l’incapacité, l’ignorance, la mauvaise gestion du Conseil de la ville et l’absence de stratégies et de politiques pertinentes et durables en matière de gestion des déchets, la ville de Casablanca rassemble toutes sortes de déchets urbains qui s’entassent au niveau des quartiers casablancais. Ce qui finit par aboutir à d’innombrables décharges sauvages en plein centre ville.

Casablanca est très souvent, livrée aux détritus de tous genres et aux déchets ménagers qui jonchent ici et là les trottoirs des différents quartiers. Là où on va c’est le même spectacle désolant qui s’offre à nos yeux, les mêmes odeurs fétides qui nous agressent. Il faut dire que c’est une situation qui dure et perdure.

Face au silence coupable de ceux qui gèrent Casablanca, autorités et élus, face aussi au je m’en-foutisme des services et agents chargés de veiller au ramassage et au balayage des boulevards, des rues, on constate une augmentation inquiétante des décharges sauvages y compris dans les quartiers huppés et aux alentours des meilleurs hôtels de la ville. Ce qui donne à la capitale économique de notre pays un visage lamentable et aux visiteurs étrangers un décor déplorable, indigne d’une ville aussi connue et réputée que Casablanca.

Dans ces conditions, on comprend toute l’importance et l’enjeu de l’élimination des déchets urbains, qui représente une question d’hygiène fondamentale, de bien-être et de santé publique de première importance pour toute la population, mais aussi pour l’équilibre et la durabilité de la ville. Pour ce faire, il n’y a pas trente-six mille solutions, les déchets doivent être évacués dans de bonnes conditions, en utilisant des moyens adaptés, hors de la ville. Des décharges respectant toutes les normes sont créées et servent à la gestion et aux traitements de ces déchets, l’objectif recherché étant d’éviter non seulement l’altération de la qualité de l’air et la pollution visuelle, mais également la prolifération des insectes, des rongeurs et tous autres agents vecteurs de maladies et d’épidémies.

Aujourd’hui, les habitants, les parents conscients de l’importance de la propreté pour leurs enfants, les citoyens soucieux de leur hygiène de vie, ne cachent pas leur mécontentement, leur insatisfaction grande face aux conditions invivables qui leur sont imposées. Outre les déchets qui jonchent le sol, il y a les marchands ambulants qui envahissent chaque jour un peu plus les espaces piétonniers et qui contribuent à salir encore plus les espaces publics.

Ce qui fait vraiment mal, ce qui révolte un peu, c’est cette attitude pour le moins hystérique qu’adoptent les responsables, chaque fois que le Roi Mohammed VI fait un déplacement quelque part pour inaugurer un centre social, une maison de jeunes, un centre socioprofessionnel ou un service hospitalier. C’est carrément le branle-bas de combat. Là, tous les Marocains restent bouche bée, on constate que du jour au lendemain, des arbres poussent comme par magie, des palmiers sortent de terre, des fleurs de toutes les couleurs sont plantées pendant la nuit, les murs sont peints, les trottoirs balayés et lavés à grande eau. C’est le délire collectif qui s’empare du conseil de la ville, des élus, des différents départements pour offrir une fausse image et maquiller la réalité quotidienne, le temps que dure la visite royale. C’est un drame qui n’a pas de nom !

Cette question de propreté de notre ville, c’est aussi et avant tout l’affaire de tous, c’est un peu le miroir du civisme. Nous devons faire preuve de plus de responsabilité et nous impliquer dans la gestion de notre ville en donnant l’exemple. Aujourd’hui, tout le monde doit s’y mettre.

En 2016, trois jeunes Marocains ont créé une application «ville verte», qui incite les citoyens à prendre en photo les endroits où il y a des déchets. Ces photos sont géo-localisées, vues par tous et surtout elles sont envoyées aux autorités concernées pour accélérer le processus de nettoyage.

En conclusion, nous devons savoir que les déchets liquides et solides ont des impacts négatifs sur la santé et la qualité de vie de chacun de nous, mais pas seulement… La saleté pèse lourd sur la productivité et la durabilité du capital naturel, et sur l’efficacité économique, comme elle porte atteinte au patrimoine historique et culturel et influe négativement et inévitablement sur l’image de la ville et, par la suite, sur celle du pays.

Sanaa Aaddaj Eloudghiri

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