samedi 21 octobre 2017

Droits des femmes : Et 20 ans après Beijing…?

Manif femmes maroc

Le constat de l’ONU est sans appel. Des progrès ont été réalisés à l’échelle mondiale, mais les avancées restent largement limitées et insuffisantes.

Les femmes étaient bien représentées lors d’une conférence-débat (jeudi 26 février 2015) sur le thème «Les droits des femmes au Maroc, 20 ans après Beijing». Il était question lors de cette rencontre, tenue au siège du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération à Rabat, de réfléchir sur les progrès et les avancées en matière des droits des femmes et de préparer un questionnement sur le bilan des Objectifs du millénaire pour le développement.
Une bonne nouvelle a été annoncée dès le lancement des travaux de la conférence-débat par la ministre de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social, Bassima Hakkaoui (PJD), à savoir l’adoption de la fameuse loi portant création de la Haute autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination. La ministre a cependant évité d’avancer une date précise concernant ce projet prévu par la Constitution de 2011, lequel a traîné des années durant. En tous cas, a lancé la ministre sans triomphalisme, le projet de loi en question sera incessamment soumis à l’appréciation du gouvernement.

Et, sous les applaudissements des participants à la conférence-débat sur les droits des femmes, Bassima Hakkaoui a annoncé une seconde nouvelle ayant trait au projet de loi sur la violence faite aux femmes. Là encore, aucune précision n’a été donnée sur la date d’application de ce texte, sauf qu’il sera adopté, selon la ministre, d’ici la fin de l’année en cours.
Revenant sur le projet de loi sur la violence faite aux femmes, la ministre a précisé que le texte en question n’a pas échappé à un débat parfois houleux, tant au niveau de la société civile qu’au sein de la classe politique, lesquels ont émis moult interrogations à propos d’une éventuelle mise à l’écart du texte par le parti qui pilote la majorité et ont avancé que certains n’aimeraient pas voir ce projet de loi adopté.
Il est vrai, a dit Hakkaoui, que ce texte a connu durant près de dix années nombre de transformations, passant ainsi de projet de loi maritale à projet de loi sur la violence faite aux femmes. «Nous aspirons, a conclu la ministre, à ce que ce projet de loi sur lequel nous avons travaillé tous ensemble élargisse les peines et l’arsenal juridique qui prévoit des peines contre les violences faites aux femmes».
«Nous ambitionnons que la fille qui travaille dans les maisons ait son banc à l’école, devienne autonome et jouisse de l’égalité. La femme rurale mérite elle-aussi les mêmes égards», a conclu la ministre.
Intervenant pour sa part, M’barka Bouaïda, ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a rappelé que les efforts fournis par le Maroc, dans le cadre du renforcement des droits humains de la femme au Maroc, ont consacré la parité souhaitée. Profilant de cette occasion, la ministre a mis en exergue les acquis de l’INDH dans ce volet précis.
Leila Rhiwi, représentante du Bureau multi-pays de l’ONU-Femmes pour le Maghreb, a de son côté rappelé: «Aujourd’hui, à l’heure où la Communauté internationale s’apprête à se réunir, afin de procéder au bilan des réalisations enregistrées vingt ans après l’adoption de la Déclaration et de la plate-forme d’action de Beijing, le constat est sans appel». Certes, a fait savoir la responsable onusienne, «des progrès importants ont été réalisés». Mais, a-t-elle souligné, «jusqu’ici, à l’échelle mondiale, les avancées restent encore largement limitées et insuffisantes». Chiffres à l’appui, Mme Rhiwi a rappelé que, nonobstant le renforcement de la participation politique des femmes, celles-ci ne constituent aujourd’hui que 21% des parlementaires à travers le monde. Et même si les femmes ont accédé de manière plus importante au marché du travail, «elles constituent à ce jour pas moins de 83% des travailleurs domestiques à travers le monde». Et la représentante ONU-Femmes pour le Maghreb de conclure: «Certes, les deux tiers des Etats ont adopté des lois pour sanctionner la violence domestique. Mais une femme sur trois continue de subir une forme de violence physique sexuelle au cours de sa vie».

Mohammed Nafaa

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Leila Rhiwi, représentante ONU-Femmes pour le Maghreb


Leila rhiwi


«Nous saurons que nous avons réussi lorsque toutes les femmes vivront à l’abri de la violence et auront les mêmes droits que les hommes et un accès égal à la justice, aux pouvoirs, aux ressources et aux opportunités.
Nous saurons que nous avons réussi lorsque les femmes auront un accès égal à celui des hommes à la prise de décision dans la sphère politique, publique ou économique, mais également dans la sphère privée.
Nous saurons enfin que nous avons réussi lorsque les opportunités des femmes et l’éventail des possibilités qui s’offrent à elles ne seront plus limités par la persistance de stéréotypes fondés sur le genre et de normes, croyances et attitudes sociales discriminatoires à l’encontre des femmes».

Hakkaoui met en garde contre les médias


Ministre bassima hakkaoui


«Ne faites pas trop cas des éventuels litiges concernant la loi sur la violence faite aux femmes rapportés de temps à autre par les médias. Il ne s’agit là que d’escarmouches
«Sur le terrain, a dit la ministre, le projet de loi sur la violence faite aux femmes va bon train et sera bientôt adopté… Nous avons sur le terrain une plate-forme gouvernementale et une politique publique pour réaliser l’égalité et la parité des femmes dans lesquelles sont impliqués gouvernement et société civile».

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