Nouveau gouvernement | Et petits tapages en vue…

nouveau gouvernement maroc 2021

Sociales ou économiques, les attentes des Marocains sont nombreuses. Alors que certains implorent une diminution des impôts, d’autres réclament tout simplement de pouvoir vivre de leur travail. Le gouvernement «Akhannouch» devra y répondre dans les cinq prochaines années.

Dans sa présentation du programme gouvernemental, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a souligné que ce programme vise à renforcer la cohésion sociale, stimuler l’économie nationale et établir une bonne gouvernance au sein de l’administration publique marocaine. Un programme qui, selon le responsable gouvernemental, aspire à réaliser une transformation «économique et sociale».

Mais qu’attendent concrètement les citoyens du gouvernement «Akhannouch» ? Les annonces du chef du gouvernement pourront-elles vraiment résoudre les problèmes des citoyens ? Pourront-elles répondre à leurs attentes? Une chose est sûre. Plusieurs secteurs, en particulier ceux qui ont été précarisés par le Covid-19, ont de grandes attentes et entendent le rappeler à l’équipe gouvernementale.

D’ailleurs, alors que le nouveau gouvernement n’a au compteur que quelques jours, déjà, cette semaine, montaient du terrain des sujets de tensions syndicales qui alertent sur la nécessité de prendre des mesures «pour protéger les salariés au travail». Il faut dire que depuis plusieurs mois, les annonces de suppression d’emplois, conséquences directes de la pandémie, se multiplient partout dans le pays. C’est dans ce contexte social pesant que certains syndicats devaient faire cette semaine leur rentrée sur le pavé.  Et comme avec le gouvernement «El Othmani», les enseignants sous contrat des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) se disent prêts à continuer leur combat avec le nouveau «gouvernement Akhannouch ».

Ces femmes «oubliées»…

«La première angoisse, c’est l’absence de moyens de protection pour les employés», souligne Kabir Kacha, adjoint du secrétaire régional de la fédération nationale de l’enseignement, citant les femmes de la restauration et d’entretien des établissements scolaires
Ces femmes, qui ont le sentiment d’avoir été oubliées, dénoncent «des conditions de travail précaires» et craignent des réductions d’effectifs et une baisse de leur salaire. «Elles font un métier extrêmement important. Leur présence dans les écoles reste essentielle. Si on peut renvoyer nos enfants à l’école c’est grâce à elles: les femmes de ménage nettoient quotidiennement les établissements scolaires pour seulement 800 dirhams, mais on n’a aucune reconnaissance pour ces femmes», dit Kabir Kacha.

«Elles perçoivent un salaire très bas et elles ne le perçoivent que très tardivement. Elles ne sont pas déclarées à la CNSS et ne bénéficient pas du salaire minimum. Elles doivent travailler en sous-effectif. Et en plus, on leur rajoute des tâches qui n’ont rien à voir avec leur mission: le jardinage», déplore le syndicaliste, également enseignant à Khénifra.
Depuis un mois, selon notre source, ces femmes se retrouvent dans le rouge, sans un sou en poche, et commencent à faire des dettes. Les femmes de la restauration n’ont pas été rémunérées pour le mois de septembre et les agents d’entretien n’ont reçu que 400 dirhams au lieu de 800 dirhams, raconte Kabir Kacha, qui dénonce « l’exploitation de la pauvreté et le besoin de ces femmes ».

Pour faire entendre leur voix, 170 femmes d’entretien des établissements scolaires et cuisinières dans la région de Khénifra devaient tenir ce mercredi 13 octobre un sit-in devant la direction régionale  de l’éducation nationale, suivi d’une marche vers l’inspection du travail et la CNSS. Elles ne devaient donc pas servir de repas aux 5000 élèves dont elles ont la charge au niveau des communes de la région de Khénifra, ce mercredi midi.

La question a fait l’objet d’une réunion entre le Chef responsable du service administratif et financier à la direction de l’Education nationale dans la région de Khénifra, le syndicat, la CNSS et les prestataires, les 11 et12 octobre à Khénifra. «La direction de l’Education nationale dans la région de Khénifra promet que tout sera mis en œuvre pour éviter cette situation de (grève) et que des engagements seront pris pour une amélioration des conditions de travail des femmes», souligne le secrétaire adjoint de la fédération, Kabir Kacha. D’où le report de la grève appelée par la fédération nationale de l’enseignement, poursuit notre syndicaliste. Il a violemment critiqué les sociétés ayant eu l’appel d’offres pour l’entretien des établissements scolaires et la restauration collective dans les établissements dotées d’internats.

Selon lui, le problème ne concernerait pas seulement la région de Khénifra. Dans plusieurs régions du royaume, dit-il, la tension monte. «Les prestataires ne respectent pas les cahiers des charges. Certains responsables dans le département de l’éducation nationale n’assument pas leur responsabilité, ni d’ailleurs l’inspection du travail», lâche-t-il. Avant de conclure: «On doit prendre conscience de l’insuffisance des mesures de protection et de la panique de ces femmes. On attend de ce nouveau gouvernement qu’il les intègre dans la fonction publique».

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Dans l’attente d’une aide promise !

Les professionnels du secteur des hammams ont également de grandes attentes et envisagent de passer à l’action pour le rappeler à l’Exécutif. Mais avant, ils comptent adresser, incessamment, une lettre au chef du gouvernement où ils listeront les doléances du secteur pour limiter les dégâts dans cette activité, touchée de plein fouet par la crise sanitaire de Covid-19, confie Abderrahmane Hadrami, secrétaire régional de l’Union régionale des propriétaires des hammams et des douches publics, affiliée à l’UGEP.

Asphyxiés par les mesures sanitaires liées à la pandémie, les propriétaires et gérants de hammams enchainent les réunions et ne cessent de lancer des alertes pour sauver leur activité. Le sujet a été au menu d’une réunion tenue le 1er octobre au siège de l’Union générale des Entreprises et Professions (UGEP) à Casablanca.

Selon le secrétaire régional, Abderrahmane Hadrami, la situation est on ne peut plus inquiétante. Les chiffres sont d’ailleurs là pour en attester. Depuis le début de la pandémie et les mesures prises par le gouvernement pour contenir son expansion, la fermeture des hammams aurait «causé 12.000 pertes d’emploi à Casablanca», selon la profession.

Et comme un malheur ne vient jamais seul, ces professionnels doivent aussi s’acquitter des redevances fiscales en retard et des loyers de ces lieux appartenant au ministère des Habous et des affaires islamiques, souligne Abderrahmane Hadrami, ajoutant que les professionnels sont toujours dans l’attente de l’aide promise par l’Etat, il y a près d’un an.

Dans un entretien téléphonique, Abderrahmane Hadrami souligne que les professionnels ne comprennent pas les raisons pour lesquelles on doit payer des redevances fiscales alors que  l’activité était en arrêt total pendant plusieurs mois. «De nombreuses familles qui vivent de ce secteur sont près de la paupérisation, alors que d’autres n’ont plus les moyens financiers pour répondre à leurs besoins quotidiens», regrette le secrétaire régional de l’Union, laquelle appelle à dispenser les propriétaires et gérants de hammams du paiement de ces redevances fiscales en retard et à l’exonération totale des loyers.

Notons enfin que le secteur totalise environ 12.000 hammams qui génèrent près de 120.000 opportunités d’emplois directs et indirects.

Ils sont de retour dans les rues !

Les enseignants sous contrat des Académies régionales de l’éducation et de la formation (AREF) n’en démordent pas. Alors que le nouveau gouvernement venait de tenir son premier Conseil, ils annoncent une grève nationale du 12 au 16 octobre. Parmi les principales réclamations, l’intégration dans le statut de la fonction publique.

Plusieurs écoles sont paralysées actuellement à cause de la grève de ces enseignants contractuels, qui prévoient de revenir à la charge en organisant d’autres manifestations pour faire entendre leurs voix.

Les contestataires seront ainsi de retour dans les rues pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié de «politique de sourde oreille» quant à leurs revendications et «l’escalade des attaques contre les enseignants visant à faire échouer le plan d’insertion des enseignants contractuels ».

La coordination nationale des enseignants contractuels sollicite, par ailleurs, que le département de tutelle puisse lancer un « dialogue sérieux ». «Avec la nouvelle nomination de l’équipe gouvernementale on veut envoyer un message clair, le ministre de tutelle doit s’engager dans un dialogue plus sérieux», précise-t-on à la coordination, laquelle annonçait, début de cette semaine, qu’à compter du premier jour de grève nationale (12 octobre), des discussions seront ouvertes au sein des établissements d’enseignement afin de désigner des représentants.

Notons que l’escalade de ces enseignants contractuels se poursuit aussi  par «le boycott des réunions de formation et des visites de classe pour les encadrants pédagogiques ainsi que tous les conseils des établissements scolaires, excepté les conseils de classe et les opérations liées au système Massar et l’intégration des notes», indique-t-on à la Coordination nationale des enseignants contractuels (CNPCC), laquelle veut maintenir la pression et la mobilisation, quel que soit le ministre de tutelle. Les enseignants, dont le nombre dépasse 120.000, envisagent d’ailleurs d’élaborer un autre programme de lutte spéciale rentrée scolaire, pour faire entendre leurs voix, assure-t-on à la CNPCC.

Naîma Cherii

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