Mais qui a tué JFK?

kennedy

50 ans après un certain 22 novembre 63, on reste impressionné par la force du mythe Kennedy. On est stupéfait qu’un homme si aimé ait pu avoir autant d’ennemis, de personnes ou intérêts susceptibles d’avoir voulu l’éliminer. C’est pourquoi, sans doute, il est si difficile de savoir qui vraiment a tué JFK.

C’est certainement l’assassinat politique le plus connu, le plus médiatisé et le plus mystérieux.
C’est un assassinat qui a changé l’histoire et traumatisé durablement l’Amérique. 50 ans plus tard, il a été revisité par les historiens, les enquêteurs et les curieux… On progresse, mais aucune vérité n’est encore capable de s’installer sans contradictions ou suspicions.
Petit à petit, on semble s’orienter vers le plus simple, trop simple à l’époque ou trop dangereux politiquement avec risque de guerre. Le tireur, seul ou non, aurait été commandité par Cuba. Vengeance donc de Castro de la tentative de renversement de son régime par le débarquement raté de la baie des Cochons. Vengeance réalisée par un homme fragile ayant eu un parcours assez soviéto-cubain. Complot cubain et montage soviétique peu après l’affaire du retrait des fusées et risque d’une 3ème guerre mondiale, cela tient la route.
Cette hypothèse n’a jamais vraiment été écartée, mais elle a vite été noyée dans d’autres. L’assassinat d’Oswald -qui n’aura donc pas parlé- par le mafieux Ruby, a bien sûr relancé l’hypothèse de la mafia. Cela ressemble à un contrat. Cependant, Jack Leon Rubinstein dit «Ruby» demeure un des personnages troubles du drame de Dallas. Tout a été dit sur lui, sans réussir toutefois à déterminer son rôle exact. Officiellement, le problème Ruby n’existe pas. La commission Warren a été très claire à son sujet. Ruby a agi seul, de sa propre initiative et dans le seul but de venger John Fitzgerald Kennedy, lâchement assassiné. L’éventualité du meurtre de Ruby, s’inscrivant dans le but de le réduire au silence pour mieux préserver une possible conspiration, a été totalement exclue. Là encore, on peut être perplexe et se demander comment la Commission a pu être aussi catégorique. L’étrangeté de certains faits auraient dû l’inciter à plus de prudence.
L’hypothèse -contrat et mafia- avec élimination du tueur est assez convaincante. On sait que les Kennedy, catholiques, ont eu dès l’époque du père des liens avec la mafia très catholique, elle aussi, dans une Amérique anglo-saxonne. La mafia aurait aidé les Kennedy à prendre le pouvoir puis ceux-ci, ingrats, se seraient retournés contre l’organisation du crime. Il y a bien sûr, en plus, l’assassinat du deuxième Kennedy, Robert le ministre de la Justice. C’est la relève que l’on abat. Les mafieux ont perdu 1 milliard de dollars dans la révolution cubaine et ils détestent les Kennedy. Surtout Robert qui se montre d’ailleurs un adversaire acharné contre leur industrie illicite. L’hypothèse mafieuse reste sérieuse, car le meurtrier d’Oswald, le fameux Ruby, appartient au milieu.
Là aussi, avec cet auteur mystérieux qu’est Shiran Shiran- la piste anti-sioniste est évoquée, mais reste une des plus fragiles.
On a pensé également à un complot des racistes du Sud: quand le président a été assassiné, on a pavoisé dans certaines universités sudistes refusant l’intégration des noirs.
Autre thèse: le complexe militaro-industriel furieux de voir Kennedy traîner des pieds dans un engagement massif au Vietnam et cherchant un accord avec l’URSS. Son successeur, Lyndon Johnson, lui, aura une autre attitude, d’où la suspicion sur son rôle: l’élimination d’un président pour mettre le vice-président et une autre politique à la Maison Blanche. Ce qui a été fait.
Dernière piste importante: une vengeance personnelle liée à la vie privée, assez débridée parfois, du président. On connaît, par exemple, sa liaison avec Marylin Monroe et sa mort juste avant l’élection présidentielle qui a porté Kennedy à la présidence. Là aussi, la théorie du complot s’en est donnée à cœur joie.
Depuis, on a rempli des bibliothèques pour tenter de comprendre cet enchaînement de faits terrifiants. L’assassinat de l’assassin et les faiblesses de l’enquête ont suscité une montagne de théories, d’hypothèses et de spéculations. Si on a tué Oswald, c’est pour le faire taire. Et si la commission Warren a mal travaillé, c’est qu’elle a caché un secret.
Pourtant, après des décennies de controverses entre tenants de la «thèse du complot» et avocats de la «thèse officielle», il est possible d’y voir plus clair. Des faits incontestables, on dispose d’une explication crédible, étayée, mais pas encore définitive.
Pour l’instant, on ne peut que s’en tenir aux conclusions des deux commissions qui nous disent qu’Oswald est le seul meurtrier. Et pourquoi pas après tout? C’est un ancien marine, un bon tireur, un personnage insaisissable, à la vie privée compliquée. Il fait partie d’un comité pour la reconnaissance du Cuba de Fidel Castro, dont il est le seul membre. Pour l’instant, les faits nous montrent qu’un déséquilibré a tiré sur le cortège, point final. L’historien attend des preuves irréfutables qui pourraient corroborer d’autres thèses.
Mais le mythe est un mensonge qui nous parle de vérités et… l’assassinat de Kennedy est un mythe moderne s’il en est.

Patrice Zehr

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