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Communication Grosse erreur de Benkirane

Qu’est-ce qu’il s’est donc passé, samedi dernier (11 février) pour qu’on ne parle plus, depuis, que de communication, de Benkirane et de presse «adversaire ou ennemie» ?

Tout commence avec la journée organisée par le PJD (Parti de la Justice et du Développement) autour du thème «lecture dans le présent et le futur de la communication politique du PJD».

 

Selon les explications données ce jour-là par les responsables du parti (Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement et secrétaire général du PJD ; Lahbib Choubani, ministre chargé des relations avec le Parlement et la société civile, mais aussi chef de la communication, des relations publiques et des publications du parti ; et Mustapha Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement), cette journée devait permettre au PJD de connaître l’avis des autres sur sa politique de communication. Et ce, afin de l’améliorer en l’adaptant à son nouveau positionnement sur l’échiquier politique. En clair, le PJD, parti islamiste, hier dans l’opposition, aujourd’hui chef de file de la majorité (suite à sa victoire aux élections du 25 novembre dernier), veut se doter d’une nouvelle stratégie de marketing politique qui soit à la hauteur de son nouveau statut. D’où le colloque de samedi dernier auquel il a invité quelques professionnels du monde des médias et de la communication à lui donner leur avis sur la question.

Oui, mais voilà… En prenant la parole, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, a déclenché une polémique. Passablement exaspéré par certains médias, notamment les médias électroniques qui, dans leur course au sensationnel, multiplient les informations approximatives, voire les accusations (comme celles portées contre le gouvernement d’être à l’origine des derniers événements de Taza), il a mis en garde la presse… Et cette mise en garde a été reçue comme une menace.

Qu’a dit Benkirane ? Après avoir rappelé que nous étions dans «un pays démocratique qui garantit la liberté», il a appelé la presse à «faire preuve de responsabilité» pour «ne pas saper les fondamentaux sur lesquels il y a consensus». Et, dans la foulée, il a ajouté qu’il admettait que les médias puissent être des adversaires du gouvernement, mais qu’il n’accepterait pas qu’ils deviennent un ennemi du gouvernement, concluant: «si tel devait être le cas, je les combattrai comme des ennemis»…

Fichtre ! Pour un parti qui voulait améliorer sa communication et organisait toute une journée pour cela, les propos de son chef ne sont pas ce qu’on pourrait appeler un bon début !

Abdelilah Benkirane n’a peut-être pas tort sur les dérapages d’une certaine presse. Mais en tenant ce langage, il commet une grosse erreur. Il confond communication et information. Le métier de journaliste consiste à chercher, vérifier et livrer à l’opinion publique l’information, même quand cette information ne sert pas la cause du gouvernement. Le seul conseil que peut donner Benkirane à la presse, c’est de livrer une information vraie, soigneusement recoupée, honnête. La communication qui, elle, consiste à présenter les choses sous leur meilleur jour, à enjoliver l’information, voire à en taire la partie la moins glorieuse, ne relève pas, en principe, du métier de journaliste, mais de celui de directeur de la communication et du marketing, ou de celui, à la limite, d’attaché de presse. Nul ne devrait considérer un journaliste comme un ennemi, ni même comme un adversaire, parce qu’il dit la vérité. La bonne réaction, c’est d’améliorer la vérité et non pas de s’en prendre au journaliste.

Quant au journaliste qui déforme la vérité, Benkirane ne peut lui opposer qu’une chose: la loi. Et, ce faisant, il ne le traite ni en ennemi, ni en adversaire, mais en simple citoyen passible de justice comme tous les autres citoyens.

Cela, tous les responsables –politiques ou économiques- doivent le comprendre. Les journalistes ne sont pas censés assurer leur communication ! Quand il leur arrive de le faire, c’est qu’ils ne sont plus dans le domaine du journalisme, mais dans celui de l’engagement militant, de la complaisance, ou alors… du soutien négocié.

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