jeudi 25 avril 2019

Grippe A H1N1 : Panique… Pas panique…?

D’un côté, le ministère rassure et, de l’autre, le nombre des morts augmente. Les gens sont partagés entre «paniquer» et ne «pas paniquer»…

Alors que le dernier bilan fourni, dimanche 3 février, par le ministère de la Santé indiquait que 11 personnes sont mortes, en une semaine, des suites de la grippe A H1N1, le bilan s’alourdit. En réponse à une question orale sur la propagation du virus de l’influenza porcine, à la Chambre des conseillers, le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a annoncé, mardi 5 février, que le nombre des décès dus au virus grippal A H1N1 est passé à 16. Ce n’est  sûrement pas une bonne nouvelle, mais cela pourrait bien être pire. En effet, le bilan pourrait encore s’alourdir, confient des sources médicales.

Plusieurs cas d’infection respiratoire aiguë sévère, testés positifs au sous-type A H1N1, sont  toujours sous traitement et ne sont pas encore guéris.

L’épidémie grippale a-t-elle commencé au Maroc? Le mot fait peur mais, inutile de sombrer dans la psychose. «Cette année connaît un nombre plus grand de personnes souffrant d’une inflammation au niveau du système respiratoire. Mais les gens ne doivent pas paniquer. Il n’y a pas de raison de s’alarmer. Avec le vaccin et les médicaments nécessaires, les malades infectés s’en remettront», renchérit une source officieuse au ministère de la Santé.

En chiffres, le premier bilan sanitaire dévoilé, dimanche 3 janvier, par le ministère de la Santé, faisait état de 11 morts. Ce même dimanche, on apprenait aussi que, «sur un total de 58 cas d’infection respiratoire aiguë sévère, pris en charge dans les hôpitaux publics et cliniques privées et testés positifs au sous-type A H1N1, 15 patients se sont complètement rétablis et 32 sont toujours sous traitement, a indiqué le ministère dans un communiqué. Les 11 décès sont répartis sur diverses provinces du royaume, avec quatre cas à Casablanca, trois à Tanger et un cas respectivement dans les villes de Rabat, Fès, Tan-Tan et Azilal, a fait savoir la même source. Ces décès ont suscité l’inquiétude chez les Marocains qui, jusqu’au lundi 28 janvier, ignoraient tout sur la propagation du virus A H1N1.

Pour rappel, le ministère de la Santé avait précisé dans un communiqué: «Le statut épidémiologique des différents virus de la grippe saisonnière au Maroc est normal et ne pose pas de problème». Mais la mort d’une femme enceinte, lundi 28 janvier, dans une clinique privée à Casablanca, des suites d’une grippe A H1N1, a suscité émoi et panique chez les Marocains. C’est ce qui a poussé le ministre Anas Doukkali à informer les citoyens d’«une manière transparente» à ce sujet.

Cependant, malgré les informations communiquées par le ministère de la Santé, plusieurs questions restaient en suspens, ouvrant ainsi la voie aux rumeurs et à la panique. Surtout qu’aucune personne n’est à l’abri de la contamination par le virus grippal apparu au Mexique; un virus dont l’OMS redoute qu’il devienne rapidement, par le biais de mutations génétiques, «beaucoup plus dangereux».

Mais le ministère de la Santé se veut rassurant. Il continue ainsi de rassurer les citoyens en précisant que la situation épidémiologique actuelle demeure habituelle, en comparaison avec la situation mondiale rapportée par l’OMS. «On est en lien quasi constant avec les centres hospitaliers, les urgences et les cliniques privées, pour suivre de près la situation. Il ne faut pas paniquer. La veille est toujours de mise et la cellule centrale de suivi de la situation épidémiologique continue d’assurer la veille épidémiologique et de vérifier toutes les données relatives aux cas d’infection», rassure-t-on au ministère.

La situation épidémiologique «est normale par rapport aux années précédentes et n’est pas inquiétante», a affirmé Doukkali, lors d’un point de presse organisé, mercredi 30 janvier, à Casablanca. «Les cas recensés jusque-là ne doivent pas susciter d’inquiétude, parce qu’ils sont soit guéris ou sous traitement», a indiqué le département de la Santé dans un communiqué, faisant état de la mise en place, dès le début de la saison du froid, d’une cellule de suivi et du renforcement du contrôle de la situation épidémiologique.

En réaction aux informations rapportées par les médias, concernant les décès provoqués par cette maladie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le ministère de la Santé ont assuré, mardi 5 février, que la situation actuelle relative à la grippe saisonnière «ne doit en aucun cas inquiéter la population». «L’OMS et le ministère de la Santé surveillent la situation de très près et recommandent les mesures de prévention habituelles», ont-ils affirmé dans un communiqué conjoint.
Situation normale. «Sur les 20% des personnes présentant des syndromes grippaux ou des infections touchant l’appareil respiratoire, 80% sont atteints de grippe H1N1», avait précisé le ministre, mercredi 30 janvier, affirmant que le sous-type dominant AH1N1 n’a pas dépassé un taux de 80%, soit le taux établi par l’Organisation mondiale de la santé».

Situation normale? Mais alors, quelle explication à ces morts? Le département de la Santé au Maroc rassure que les infections de ce type de virus «sont enregistrées chaque année, durant cette saison, par les services de la Direction des épidémies au sein du ministère de la Santé, comme c’est le cas dans les autres pays du monde». L’année dernière, quelque 13.000 décès ont été attribués à l’épidémie de grippe en France. Selon l’OMS, la grippe saisonnière provoque 650.000 décès dans le monde.

Au Maroc, on ignore encore le nombre des décès dus à la grippe A H1N1. Mais le virus qui fait désormais peur aux Marocains, pour sa rapidité de propagation, est plus connu sous le nom de «grippe porcine». «La grippe porcine connaît normalement son pic durant la période entre fin décembre et début janvier. Tous ceux qui l’attrapent ne développent pas la maladie. Ceux qui l’attrapent sont surtout les personnes vulnérables ayant subi des complications consécutives à une affection grippale par le virus AH1N1», a tenu à expliquer Doukkali.
Selon le ministère, les 11 patients sont décédés des suites de complications en relation avec au moins un facteur de vulnérabilité, à savoir la grossesse, les maladies chroniques, l’âge avancé ou le très jeune âge. Le ministre a, à cet égard, appelé à beaucoup de vigilance, notamment de la part des personnes âgées, des enfants âgés de moins de 5 ans, des femmes enceintes et des personnes souffrant de maladies chroniques.

La maladie en elle-même n’est dangereuse que si la personne atteinte souffre de maladies qui touchent à l’immunité du corps humain. Le virus pourrait devenir plus virulent mais, à mesure qu’il circule, il peut aussi perdre de sa force, selon les virologues.

Anas Doukkali a également souligné l’importance de la prévention, appelant à cet égard les personnes grippées à prendre toutes les précautions nécessaires, pour éviter de transmettre la maladie à d’autres individus et à consulter le médecin le plus proche.

Naîma Cherii

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