vendredi 15 décembre 2017

Maroc : Ce jour-là, le socialiste Habib El Malki est élu président…

Le Parlement a élu, lundi 16 janvier 2017, son nouveau président en la personne du socialiste Habib El Malki. «Le Reporter» a suivi pas à pas cette élection et en rapporte toutes les étapes…

Habib El Malki, soutenu fortement par les groupes parlementaires du RNI, du MP, de l’UC et du PAM, a été élu à la majorité absolue (198 voix sur 342 votants et 137 bulletins blancs, les voix du PJD et de son allié le PPS: 125 et 12). Ce résultat a permis à El Malki de se hisser confortablement au perchoir dès le premier tour.

Avant le début de l’opération de vote du président de la Chambre des représentants, Noureddine Modyane, coordinateur du groupe istiqlalien a, dans un point d’ordre, informé le président de la séance, Abdelwahed Radi (le député le plus âgé), du retrait des députés du parti de la balance (Istiqlal) de la séance de vote consacrée à l’élection du nouveau président de la Chambre et que son parti allait s’expliquer par voie de communiqué.

Le retrait des Istiqlaliens

Le calme revenu à l’Hémicycle, après le chahut causé par la sortie des députés istiqlaliens, avec à leur tête Hamid Chabat et Noureddine Modyane, Radi s’est alors adressé aux différents groupes parlementaires, pour savoir s’il y avait un autre prétendant au perchoir. Comme personne ne répondait, il a déclaré l’opération de vote ouverte. Mais surprise: le parti de Abdelilah Benkirane a choisi de ne pas présenter de candidat au perchoir. «Le PJD, nous a déclaré Lahcen Daoudi, a fait ce choix parce que, si le candidat de notre parti est élu à la présidence de la Chambre des représentants, cela compliquera on ne peut plus la mission de formation du nouveau gouvernement. Car, en cas d’échec de notre candidat dans la bataille pour le perchoir, cela voudra dire, politiquement, que Benkirane ne bénéficie pas d’une majorité au Parlement. Ce qui n’est pas pour arranger ses affaires». C’est pourquoi le PJD a opté pour l’abstention, afin de sauver le processus des concertations pour la formation du nouveau cabinet.

Les dés sont jetés

Dès la matinée de ce lundi 16 janvier, à quelques heures de l’ouverture de la séance consacrée à l’élection du nouveau président de la Chambre des représentants, les partis politiques tenaient des réunions dans leurs quartiers généraux pour décider de la voie à suivre. On savait dès lors que le candidat socialiste, Habib El Malki, partait gagnant dans cette course. Les partis gros calibre avaient déjà fait leur choix du candidat qu’ils allaient soutenir. C’était le cas du PAM (102 sièges), du RNI (37 sièges), de l’UC (19 sièges), du MP (27 sièges) et du MSD (3 sièges) qui, ensemble, allaient garantir la réussite de Habib El Malki.

Fort soutien des amis

Rachid Talbi Alami (RNI) a, dès le matin de ce lundi, fait savoir que le groupe parlementaire commun RNI-UC soutenait le candidat socialiste, Habib El Malki. Il a précisé que le seul parti politique qui avait contacté Aziz Akhannouch et Mohamed Sajid pour demander leur soutien à son candidat était l’USFP.

Pour sa part, le PAM avait appelé ses députés, par le biais d’un communiqué émanant de son Bureau politique, à voter pour Habib El Malki, car ne pouvant pas, moralement et politiquement, présenter un candidat au perchoir, a expliqué le parti du tracteur. L’USFP a donc été le seul parti à solliciter de façon officielle les voix des amis d’Ilyas El Omari.

El Malki opte pour le dialogue

Pour son premier discours au perchoir, Habib El Malki, fraîchement élu, a choisi d’être le candidat de tous, majorité et opposition, déclarant favoriser le dialogue franc et sincère et préférer l’écoute, la participation et la concertation avec toutes les composantes de la Chambre des représentants, pour faire évoluer l’institution, «pour que nous soyons tous dignes et au diapason des aspirations de SM le Roi», a-t-il souligné.

Sollicités par «Le Reporter», nombre de députés ont affirmé que l’élection du nouveau président de la Chambre des représentants a toujours été au cœur des concertations entre les différents partis politiques, pour la formation du nouveau gouvernement. Aussi s’attendait-on, lors de la réunion au siège de la Primature (vendredi 13 janvier 2017) à ce que l’épineuse question de la formation de la future coalition soit débattue, pour enlever cette épine du pied, en se mettant d’accord sur le candidat au perchoir.

Les espoirs de Benkirane

Abdelilah Benkirane comptait sur la séance du lundi 17 janvier au Parlement pour opérer un déblocage de la situation. Lui emboîtant le pas -solidarité oblige-, Nabil Benabdallah, patron du PPS, a espéré «faire de cette réunion une partie de la solution, en évitant d’en faire une aggravation définitive de la situation».

«Une chose est sûre, nous a confié un député RNI: c’est l’intérêt général qui a prévalu». Les partis politiques ont adhéré à la séance d’élection du nouveau président de la Chambre des représentants pour avoir les coudées franches quant à l’adoption de la loi relative à l’Acte constitutif de l’Union Africaine signé à Lomé en juillet 2000 et du Protocole additionnel, ainsi que du projet de loi portant approbation de la loi adoptée lors du Conseil des ministres présidé par SM le Roi Mohammed VI; des textes qui s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre de la Décision royale de réintégrer l’UA.

Faire fondre la glace

La réunion du lundi 17 janvier 2017 a été un moment fort dans la mesure où elle a permis de faire fondre quelque peu la glace. En effet, elle a permis l’élection du nouveau Président  et il en a découlé la mise sur pied des différentes commissions parlementaires, l’élection de leurs présidents et, bien entendu, l’adoption de la loi relative à l’acte constitutif de l’Union Africaine. Le moment crucial pour la suite des tractations en vue de la formation de la nouvelle majorité a été enregistré dans le calme et la sérénité. Est-ce une opportunité qui solutionnera l’enchevêtrement de la situation, à savoir la formation du nouveau gouvernement, ou une circonstance qui bloquera encore plus la situation? Les citoyens suivent de près l’évolution de ce dossier et espèrent sincèrement un dénouement heureux.

Une chose est sûre, le chef du groupe PJD au Parlement, Saad Eddine El Othmani, l’a annoncé: les concertations pour la formation du Gouvernement ne reprendront pas avant le retour du Maroc à l’UA. Soit, pas avant février !

Mohammed Nafaa

Séance d’élection d’El Malki, comme si vous y étiez!

Lundi 16 janvier 2017, 16H tapantes

-Abdelwahed Radi (USFP), le plus âgé, le plus ancien député et plusieurs fois président de la Chambre des représentants, prend place au perchoir. Il a l’ingrate mission de superviser l’élection du nouveau président de la Chambre des représentants. – Les députés sont assis, d’autres tous beaux, tout nouveaux, scrutent l’Hémicycle, tels des élèves le premier jour de la rentrée. – Accolades, embrassades et rires. – Les photographes éblouissent l’assistance par leurs flashes. – L’ex président de la Chambre des représentants, Rachid Talbi Alami, retrouve sa place d’antan, au milieu des siens (Groupe RNI), le perchoir n’étant pas éternel. – Les préparatifs de l’opération de vote avancent. On en est au perchoir… Rachid Talbi Alami, en maître de séance, donne ses dernières directives. Les urnes sont là, les isoloirs aussi. – Mohamed Ouzzine (MP) fait son entrée. Il avait été fortement éclaboussé par le «scandale du racloir» (al karrata). – Hamid Chabat fait lui aussi son entrée, suivi par un groupe de photographes et de cameramen. Il arbore un large sourire, avec son habituel «Mabrouk Al-Aïd». – Les députées PJD réajustent leurs foulards: elles sont nombreuses. – Les journalistes peinent à trouver une place où s’asseoir. Les fonctionnaires du Parlement et les visiteurs, eux, sont déjà installés, sauf qu’ils ne sont pas tenus de couvrir l’événement – Abdelwahed Radi se gargarise d’eau fraîche. Il s’apprête à parler. Il boit une gorgée, puis deux, puis trois, salue entre-temps et vide complétement son verre, avant de prendre son marteau de président et annonce l’ouverture de la séance. – Radi ordonne la lecture de la liste des députés telle que reçue, dit-il, par le Primature.

16H 15mn

– «Bissmillah, je déclare la séance ouverte», dit Radi. Et de souhaiter plein succès aux députés au service de l’intérêt national du pays. – Lecture de la liste des députés, trop longue: elle dure près d’une heure. – De temps en temps, figurent dans la liste des noms connus: Nawal Moutawakil, Fawzi Chaâbi, Saïd Ameskane, Abderrahim Athmoun et d’autres. On les voit défiler sous le regard hagard des novices. – Les isoloirs sont débordés et, pour cause, 395 députés. Radi annonce que le règlement intérieur de la Chambre donne droit à la candidature à tout un chacun qui doit se lever et s’annoncer. – Habib El Malki annonce la couleur, comme candidat. – Radi: «Y a-t-il d’autres candidats?». Personne. Donc, il n’y a qu’un seul prétendant, Habib El Malki, précise Radi. – Le chef du groupe istiqlalien demande un point d’ordre et annonce qu’il se retire de la séance d’élection du président. Le retrait des élus istiqlaliens se passe normalement.

16H 50mn

Mustapha Mansouri, ancien président du parlement (RNI), fait son entrée à l’Hémicycle avec deux béquilles. Il a droit à des bisous et des «Ala slamtek, si Mustapha!». – L’opération de vote continue. De temps en temps, des députés, fatigués, se lèvent, échangent quelques propos, quittent l’Hémicycle et reviennent. L’opération fatigue, assurément. – Lahcen Daoudi fait son entrée. Embrassades de rigueur et rires comme d’hab… – Le candidat Habib El Malki est appelé à son tour à voter. Il s’exécute sous l’œil attentif du président Radi. Les photographes immortalisent l’instant. – L’opération du tri des bulletins commence. Elle est tout aussi longue que celle du vote, mais bon… – Abdelwahed Radi annonce: El Malki est élu à la majorité absolue, avec 198 voix et 137 bulletins blancs (du PJD et du PPS). – Radi se lève et cède son fauteuil à l’heureux élu… Une belle accolade entre les deux hommes. – Le nouveau maître du perchoir prononce son discours, jugé trop long, mais tout le monde écoute. – A la sortie de l’Hémicycle, El Malki est très sollicité. Il file par la cour du Parlement vers sa voiture. C’est là que Le Reporter le coince et lui arrache une interview exclusive.

MN

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