vendredi 20 octobre 2017

Le droit international s’est-il arrêté en Palestine?

John kerry Mahmoud abbas

Quand on voit la mobilisation de la «communauté internationale» organisée autour des USA vis-à-vis de l’Ukraine, on se demande pourquoi la même chose ne se produit jamais pour la Palestine.

S’il faut prendre des sanctions, quand le droit international n’est pas respecté, pourquoi pour Kiev et pas pour Ramallah?
La recherche de la justice pour le peuple palestinien, qui passe par une paix équitable, est un chemin de plus en plus désespérant. Une cause, sinon oubliée, du moins marginalisée. Et pourtant, il n’y aura pas de monde plus sûr sans un Etat palestinien digne de ce nom. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne voit pas venir cette échéance pourtant inéluctable et sans cesse retardée par Israël avec la complicité objective ou la complaisance coupable de Washington.

Nouvel essai, nouvel échec

L’échéance des négociations entre Israéliens et Palestiniens a expiré sans résultat, mardi 29 avril, soldant l’échec des efforts du secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Le président Barack Obama a jugé nécessaire de faire une «pause» dans les discussions, prenant acte de l’impuissance de l’administration américaine à combler le fossé entre les deux camps sur les questions cruciales: la sécurité, les frontières, la colonisation et Jérusalem. Le président palestinien Mahmoud Abbas, assez conciliant encore une fois, s’est dit prêt à les poursuivre si elles portaient prioritairement sur le tracé des frontières, assorti d’un gel de la colonisation, plutôt que la sécurité sur laquelle insiste Israël. «Depuis la création d’Israël, personne n’en connaît les frontières. Nous sommes déterminés à connaître nos frontières et les leurs, sans quoi il n’y aura pas de paix (…). Si nous voulons prolonger les négociations, il doit y avoir une libération des prisonniers et nous irons aux négociations sur la base d’un arrêt de la colonisation et de la discussion des cartes et des frontières, pendant trois mois, au cours desquels l’ensemble de la colonisation sera arrêté», a-t-il déclaré.
M. Netanyahu a de son côté posé deux conditions à la reprise des négociations avec la Palestine: que le Hamas reconnaisse Israël ou que M. Abbas renonce à la réconciliation nationale avec le Hamas.
Les Palestiniens, pour Tel Aviv, n’ont pas le droit de faire la paix entre eux sauf à s’aligner sur la vision israélienne.
Le Hamas et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) ont conclu, dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 avril, un accord de réconciliation. Cet accord vise à mettre fin à la division politique et à la partition de fait entre la bande de Gaza et la Cisjordanie. Depuis la prise de pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza en 2007, l’Autorité palestinienne n’exerce plus son autorité que sur la Cisjordanie. De nombreuses difficultés ne manqueront pas de jalonner la mise en œuvre de ce nouvel accord. S’il fixe un cadre et un calendrier pour la tenue d’élections, il ne dresse aucune ligne directrice concernant les principaux points de désaccord: l’unification des services de sécurité palestiniens, la structure des nouvelles institutions nationales et la position qui sera adoptée vis-à-vis d’Israël, le Hamas ne reconnaissant pas son existence. C’est ce qui justifie l’hostilité d’Israël, bien sûr, à cet accord. La signature de l’accord de réconciliation, le 23 avril, a ainsi acté pour le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, la fin des négociations. Ce dernier a appelé Mahmoud Abbas à choisir entre la paix et le Hamas.
La présence de membres du Hamas au sein du gouvernement pourrait avoir des conséquences sur le versement de l’aide internationale à l’Autorité palestinienne. Le Hamas est en effet considéré comme une «organisation terroriste», non seulement par Israël, mais aussi par les Etats-Unis et l’Union européenne.
Le Djihad islamique, «une force plus populaire que jamais dans la bande de Gaza, et qui bénéficie d’une partie de l’aide du Hezbollah et de l’Iran», est le grand absent parmi les signataires.
L’impuissance américaine est patente et cela ne date pas d’hier.
– 1993: les accords d’Oslo fixent un horizon à cinq ans
– 2002: une feuille de route pour un Etat palestinien en 2005
– 2007: à Annapolis, le principe d’une solution à deux Etats fin 2008 évoqué
– 2010: Obama plaide pour un Etat palestinien souverain en 2011
– 2013: John Kerry fixe un délai de neuf mois pour parvenir à un accord
Chaque fois l’horizon recule et chaque fois la paix butte sur la vision israélienne des choses qui reste dominante et qui s’impose malgré le non-respect patent du droit international.
Principe en Ukraine, exception en Palestine?

Patrice Zehr

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3 Commentaires

  1. la Palestine ont en parle pas…. mais le pays existe belle et bien est les palestiniens vont le prouver grace a dieu de tous les hommes

  2. il faut des frontières pour les palestiniens et les israéliens pour avoir la paix …….et je rajoutes que les juifs ,secte religieuse na pas sa place dans la démocratie .les musulmans , les chrétiens ,les juifs , avant le 14 mai 1948 vivaient ensembles …les richesses de la Palestine ne se troc pas …merci de diffuser ce massage a bientot

  3. Trop d’amis des Palestiniens non collabos connaissent mal les “détails importants” la période Mai 1945-Mai 1950 qui confortent la légitimité éthique du combat pour un état palestinien de la Méditerranée jusqu’au jourdain pour le moins.
    La lecture du précieux livre du Juif palestinien Claude Brzozowski “Du foyer national juif à l’état d’Israël. Analyse d’une spoliation” peut grandement et didactiquement palier à cette regrettable lacune.

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