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Septembre 2020 | Eté pourri. Rentrée pourrie ?

Non. Cet été 2020, il n’y avait pas de torpeur estivale dont nous aurait tirés tel ou tel événement. Eté pourri. Pas de torpeur… Pour plusieurs raisons.

D’abord, bien sûr, à cause de la «Bad- Star» qu’est devenue la pandémie du nouveau Coronavirus ces derniers mois… Et particulièrement cet été, marqué par ce qu’on peut clairement qualifier aujourd’hui de 2ème vague.

Nous étions tous «l’oreille en coin», sur nos gardes, voire même terrifiés à mesure que la température grimpait en même temps que la courbe des victimes de Covid-19. On nous avait dit que le nouveau Coronavirus ne s’accommodait pas des hautes températures et que les chaleurs de l’été lui seraient fatales.

Pfft ! Chaque jour, effarés, nous recevions des autorités sanitaires –et des autorités tout court- les chiffres glaçants des conséquences du relâchement post-confinement et de l’inconscience des Corona-sceptiques. Les décès se situant quotidiennement entre 20 et 40, atteignant au 3 septembre (2020) les 1.253 morts. Sans compter les 193 cas sévères ou critiques et les 47 patients sous intubation, selon le bulletin de ce jour-là du ministère de la Santé.

Une progression dangereuse, soulignée avec insistance par le Roi dans son Discours du 20 août (Discours annuel à l’occasion de la commémoration de la révolution du Roi et du Peuple. Evénements déclenchés par la tentative du Protectorat français de détrôner le Roi Mohammed V, en 1953), entièrement consacré à la pandémie.

Laxisme de quelques-uns, conséquences pour tous. Frontières (maintenues) fermées. Villes fermées. Quartiers fermés…

Et l’été s’écoulant ainsi, une autre raison pour les parents d’oublier le farniente estival: la rentrée scolaire de leurs enfants. Pas eu égard aux habituels frais de scolarité. Ça, c’est le souci annuel. Mais eu égard à l’incertitude… En présentiel ? En distantiel ? Dans les deux cas l’angoisse. Soit le risque sanitaire, soit la déroute, face à toutes les difficultés du distantiel.

Et la proposition à triple détente du ministère (présentiel, distantiel, ou mix des deux, selon le choix des parents) n’a pas dissipé les incertitudes, bien au contraire… Que faire à présent avec plus de 80% de parents qui ont opté pour le présentiel ?

L’actualité internationale n’a pas non plus favorisé la torpeur. Loin s’en faut !

La tragédie du Liban ; le coup d’Etat du Mali (pour les pro-putschistes, il ne s’agit pas de coup d’Etat, mais de révolution populaire) ; la normalisation des relations entre les Emirats Arabes Unis et Israël et le coup de Trafalgar de Netanayahu qui pousse les Etats arabes à être encore plus méfiants (les Emirats annoncent que l’accord prévoit le gel des annexions prévues de territoires de la Cisjordanie. Ce qui aurait pu faire passer la pilule. Le soir même, Netanyahu annonce qu’il n’est pas question d’annulation des annexions, mais simplement de report !) ; le bras de fer Turquie-Grèce en Méditerranée orientale et son enjeu de zones riches en hydrocarbures ; la polémique internationale autour de l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny…

On a beau vouloir ignorer les problèmes des «autres», le village planétaire et son principal média –les réseaux sociaux- ne le permettent pas…

Rentrée très spéciale, donc, où la seule torpeur constatée a été celle du Gouvernement, juste secoué de temps à autre par une polémique (celle des nominations des membres de l’Autorité Nationale de Régulation de l’Electricité), ou une déclaration concernant les prochaines élections…

Quelles perspectives pour cette rentrée, dans ces conditions ?

Elles ne s’annoncent pas des plus «cool», si l’on nous permet l’emprunt du langage de ces jeunes qui ne savent pas de quoi demain sera fait. Pas plus que leurs aînés d’ailleurs. Quelle école, quelles études dans ce contexte ? Quelles chances d’embauche pour ceux qui en ont fini avec l’école et les études ? Quelles possibilités –et quels délais- de reprise pour les secteurs sinistrés du fait de la pandémie et toutes les entreprises qui y évoluent et en dépendent ? Quelles promesses encore de la majorité gouvernementale qui souffrait déjà de défiance et de sa rentrée politique ? Quelles actions qui pourraient relever le moral du citoyen quel que soit aujourd’hui son statut, redonner confiance dans l’avenir…?

Tout ce que l’on voit jusqu’à présent, c’est un Etat qui cherche à trouver l’argent qui lui manque pour relancer l’économie du pays. Et une stabilité qui permet de croire en un rebond et qu’il est tellement essentiel de préserver. Il y a déjà là une bonne base, certes. Mais il en faut encore beaucoup…

Tout le monde attend donc la feuille de route royale d’octobre (ouverture de la session d’automne du Parlement) et le nouveau modèle économique dont le Roi demandait, en juin dernier, une copie adaptée à la nouvelle donne, aux nouvelles attentes… On saura alors quelle rentrée sera celle du Maroc, en ces mois si cruciaux pour toutes les causes du pays. Y compris celle de son intégrité territoriale, le mois d’octobre étant celui du rapport du Secrétaire général de l’ONU et de la résolution du Conseil de Sécurité qui fait le point du dossier du Sahara et décide de la prorogation du mandat de la Minurso.

Bahia Amrani

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