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Méli-mélo politique Au-delà du show…

En annonçant sa décision de se retirer du gouvernement, le 11 mai dernier, le parti de l’Istiqlal a déclenché une crise de la majorité qui est allée en s’aggravant cette semaine.
L’Istiqlal qui s’en était remis à l’arbitrage royal, en mentionnant l’article 42 de la Constitution, dans le communiqué rendant publique cette décision, a bien maintenu ses 6 ministres en poste, comme l’a souhaité le Souverain (en attendant de pouvoir mettre tout le monde d’accord autour d’une solution, à son retour de France où il entamait un séjour privé). Mais le chef de file du parti, Hamid Chabat, n’a pas cessé de nourrir la polémique, allant crescendo dans ses revendications (si l’on ne veut pas que l’Istiqlal bascule dans l’opposition)… D’abord, un remaniement ministériel, puis une révision à la hausse des portefeuilles qui reviendraient au parti, puis l’attribution à l’Istiqlal de départements ministériels bien déterminés (notamment ceux des Finances, de l’Equipement…), puis un gouvernement d’union nationale sans le PPS…
Tout cela a, bien entendu, déclenché des réactions.

Au Parlement, le dernier effet boomerang –et non des moindres- de la crise politique s’est matérialisé dans le report de la séance mensuelle des questions au chef de gouvernement (officiellement à la semaine prochaine, mais en réalité jusqu’à ce que soit arrêté un règlement intérieur qui répartisse le temps de parole, équitablement, entre la majorité et l’opposition, précisent les composantes de cette opposition).
Les principaux partis sont à leur tour montés au créneau, les uns multipliant les déclarations et suggestions de sortie de crise (comme le RNI), les autres s’organisant en pôle (comme l’USFP dont une décision de fusion avec le parti socialiste de A. Bouzoubaa et le parti travailliste de A. Benatiq vient d’être annoncée)…
L’idée d’élections anticipées, au début écartée pour question de coût, a ensuite regagné du terrain dans les débats.
Mais au-delà de toute cette agitation politique, ce qu’il est important de savoir –et c’est la question que se pose la majorité des Marocains, pour peu qu’on y prête l’oreille- c’est que nous proposent les uns et les autres ?
Car l’impression que donnent aujourd’hui les politiques, c’est qu’ils se battent essentiellement pour le pouvoir, au point qu’ils en oublient les règles qui permettent d’y accéder, ou de le garder. Parmi ces règles, l’aptitude à gérer avec efficience les affaires publiques. Particulièrement en ces temps de crise où il faut des capacités, des idées et des actions exceptionnelles pour éviter la banqueroute au pays.
Or, quelles propositions d’hommes politiques ont entendu les citoyens au cours des âpres batailles de ces derniers mois ? Quelles propositions dont ils puissent attendre un impact positif sur leur quotidien ? Rien de concret ! Juste des slogans et des promesses populistes. Pire… Parfois, les promesses faites sont irréalisables et relèvent d’un discours dangereux. Comment, par exemple, peut-on promettre que le pouvoir d’achat des citoyens ne sera pas touché, au moment-même où le pays s’apprête à réformer la Caisse de compensation et où il faut, au contraire y préparer l’opinion publique en expliquant que l’Etat ne peut plus faire face au déficit de cette Caisse qui dépasse les 55 milliards de DH ? N’est-il pas dangereux de laisser croire les citoyens que si le prix de l’essence, de la butane de gaz, du sucre, ou de la farine, augmentait demain, ce serait à cause de la mauvaise gestion de la majorité aux affaires. La réforme de la Caisse de compensation, devenue indispensable (et à laquelle il faudra s’atteler tôt ou tard), entraînera inévitablement une augmentation du prix de ces matières-là. Quand ceux auxquels on aura promis le contraire laisseront exploser leur colère dans la rue, comment ceux qui mentent au peuple aujourd’hui comptent-ils s’y prendre pour préserver la stabilité du pays ?
Il y a aussi la promesse selon laquelle, avec un simple élargissement de l’assiette fiscale, le Maroc récolterait autant de milliards qu’il en perd à la Caisse de compensation. Quelle est donc cette catégorie sociale, épargnée par la crise, à qui s’appliqueraient, sans dégâts, de tels impôts ? (L’imposition du secteur agricole n’a-t-elle pas suscité une levée de boucliers à ce jour non surmontée ?).
Et puis, ceux qui font ces promesses, savent-ils ce qu’en retiendra la nouvelle majorité gouvernementale, même s’ils en font partie ?
Si l’objectif est de mobiliser les citoyens autour d’un plan d’action national pour sortir de la crise, autant le savoir, ce méli-mélo politique compromet sérieusement cet objectif.
Alors, encore quelques fanfaronnades, quelques libertés avec la Constitution et il lui sera porté le coup de grâce !

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